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Ubi i/o : Huit startups françaises, dix semaines pour conquérir New York

Reportage Dix semaines d’immersion pour accomplir le travail d’une année : c’est le défi que Business France et la Bpifrance ont lancé à 18 startups françaises désireuses de s’implanter aux États-Unis. Dix d’entre elles avaient pour terrain de jeu San Franciso et la Silicon Valley, tandis que les huit autres découvraient l’écosystème new yorkais, la Silicon Alley. Lors de ce programme intensif baptisé Ubi i/o, les jeunes pousses ont pu bénéficier des conseils de mentors, se mesurer aux autres lors de séances de “pitch” ou encore rencontrer VCs et entrepreneurs locaux. Un mois après la fin du programme, les startupers en immersion à New York reviennent sur les moments marquants de cette expérience.
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Ubi i/o : Huit startups françaises, dix semaines pour conquérir New York
Adrien Ménard, CEO de Botify à la Disrupt NY 2016 Startup Battlefield organisée par Tech Crunch. © Tech Crunch

Il y a ceux qui débarquaient à New York avec un agenda de rendez-vous long comme le bras. Et ceux pour qui le programme ubi i/o devait servir autant d’accélérateur que de moyen d’affiner leur réflexion sur une potentielle implantation. Jérôme Vuillemot, le co-fondateur de Vidcoin (qui fait de la publicité ciblées sur mobile), faisait partie de la première catégorie : "Pour moi, le moment marquant de ce programme, je le place trois mois avant mon arrivée à New York. Dès janvier, nous avons commencé à structurer notre équipe en prévision de ces dix semaines et à préparer notre démarchage auprès de potentiels clients. Le résultat, c’est que dès le début du programme, nous avions 4 à 5 rendez-vous par jours."

 

Très préparé, extrêmement motivé, Jérôme a vécu ces dix semaines au pas de course. Business France a joué les entremetteurs avec certains clients et Vidcoin pourrait annoncer d’ici peu un important partenariat, "un deal qui ferait passer notre startup dans une autre dimension", confie le jeune entrepreneur sans en dévoiler plus. "Nos premiers rendez-vous nous ont prouvé qu’on avait le bon produit au bon moment", continue Jérôme Vuillemot, qui ne sait pas encore quand, ni sous quelle forme se fera son implantation à New York.

 

Des retours médiatiques et des rencontres

Des questions qu’Adrien Ménard, le co-fondateur de Botify (un optimisateur de référencement), ne se pose plus : New York, il y est, il y reste - sa femme et ses enfants s’apprêtent à le rejoindre. D’ici la fin de l’année, ses bureaux new-yorkais compteront 5 à 6 employés et l’objectif est clair: "Que les États-Unis deviennent notre premier marché en 2017 !". Si Adrien peut remercier les équipes d’ubi i/o, c’est pour l’avoir poussé à participer à la sélection de la TechCrunch Startup Battlefield, une compétition réunissant les startups mondiales les plus prometteuses. "L’effet médiatique a été incroyable. On a reçu des dizaines de leads entrants ! En terme de motivation interne et d’attractivité pour le recrutement, c’était aussi un tournant important", raconte Adrien.

 

Pour Rémi Aubert, le PDG d’AB Tasty (qui teste simultanément plusieurs variantes d'un site d'e-commerce afin de définir la meilleure formule), les points forts de ces dix semaines prennent la forme de rencontres. Celle avec Richard Harris, le CEO d’Intent Media et mentor du programme ubi i/o, a été particulièrement marquante : "On lui a décrit notre entreprise, il nous a écouté, puis en deux minutes, il a reformulé notre pitch de manière impeccable, c’était bluffant ! On s’est beaucoup inspiré de son pitch par la suite." Des idées, tant en termes de structuration de l’entreprise que de process de vente, Rémi et son équipe en ont puisé partout : "Un mentor nous a conseillé un livre, Predictible Revenue. La lecture de ce livre nous a décomplexé et convaincu de ne plus hésiter à bombarder d’emails nos potentiels clients - une méthode qui serait jugée peu orthodoxe en France."

 

Poignarder les concurrents

Pour les huit startups du programme côté new-yorkais, ces dix semaines ont été instructives. Les entrepreneurs en immersion dans la Grosse Pomme ont été surpris par la maturité et la taille des marchés (et par ricochet celle des budgets), par la rapidité du cycle de vente et l’efficacité des rendez-vous, ou encore par les méthodes décomplexées des Américains – "on a appris qu’ici, il ne faut pas hésiter à poignarder les concurrents", témoigne Rémi Aubert.

 

Parmi les enseignements tirés, tous citent la nécessité d’arriver aux États-Unis avec une offre très structurée. "Les Américains détestent l’à peu près, il faut arriver avec un produit viable et dans l’optique d’offrir une solution professionnelle sinon ce n’est même pas la peine", croit savoir Adrien Ménard.

 

Arriver aussi - certains l’ont appris à leur dépens - avec une organisation irréprochable. Ceux qui ont le plus bénéficié du programme sont ceux qui, comme Vidcoin, avaient anticipé les efforts logistiques que leur demanderaient cette immersion, notamment les difficultés à gérer l’activité française en parallèle de l’implantation aux États-Unis. Mais pour Rémi Aubert, d’AB Tasty, "ces dix semaines nous ont justement ouvert les yeux sur nos problèmes organisationnels, nous ont obligé à être plus précis. C’était une discipline intéressante !"

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