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Ubisoft, première "major" du jeu vidéo à faire entrer les NFT dans ses jeux

  L'éditeur français, déjà bien engagé dans ses réflexions sur la blockchain, va permettre aux joueurs de Ghost Recon d'acquérir gratuitement et de revendre des objets virtuels sous la forme de NFT. Une première incursion dans le modèle "play-to-earn".
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Ubisoft, première major du jeu vidéo à faire entrer les NFT dans ses jeux
Ubisoft, première "major" du jeu vidéo à faire entrer les NFT dans ses jeux © Ubisoft

C'est une grande première dans l'univers des jeux vidéo "AAA", les jeux à très gros budget qui se classent en haut des box offices vidéoludiques. Ubisoft a annoncé le 7 décembre l'introduction d'une plateforme de NFT dans Ghost Recon Breakpoint. Baptisée Quartz, le système utilise la blockchain Tezos et fonctionnera sur la plateforme de contenus Ubisoft Connect, sur PC, à partir du 9 décembre en France et dans huit autres pays.

Quartz permettra d'acquérir des objets jouables au sein du jeu, appelés "Digits". Par exemple, des véhicules, des armes et des équipements, que les joueurs pourront revendre à d'autres joueurs en dehors de l'écosystème Ubisoft, sur les plateformes Rarible et Objkt. "Ubisoft Quartz est la première pierre de notre stratégie, ambitieuse, de développement d'un véritable métavers", déclare dans un communiqué Nicolas Pouard, vice-président du laboratoire d'innovation stratégique de l'éditeur.

Ubisoft installe des garde-fous
Le choix de la blockchain Tezos répond, selon Ubisoft, à un critère de performance énergétique de la technologie. La manière dont fonctionne cette blockchain lui permet d'être moins énergivore que Bitcoin ou Ethereum. "Une transaction, sur ce réseau, consomme la même quantité d'énergie que le streaming d'une vidéo de 30 secondes", justifie Didier Genevois, directeur technique Blockchain chez Ubisoft. Il faut signaler qu'Ubisoft joue un rôle dans la blockchain Tezos, un protocole d'origine française, puisque la société fait partie des "bakers" de cette blockchain (sorte d'équivalent d'un mineur sur la blockchain Bitcoin, c'est-à-dire qu'Ubisoft fait partie des créateurs de blocs).

Les Digits seront uniquement accessibles aux joueurs de plus de 18 ans ayant atteint un certain niveau dans le jeu, que ce soit sur Quartz ou sur le marché secondaire, et chaque joueur ne pourra posséder qu'un seul NFT de chaque série d'éditions limitées. L'éditeur prévoit une distribution gratuite d'éditions limitées dès le mois de décembre : un fusil, un casque et un pantalon.

EA et Epic Games "ouverts", mais pas prêts
Si Ubisoft est le premier grand éditeur à sauter le pas des NFT, d'autres ont déjà exprimé leur intérêt pour la blockchain et le modèle des jeux play-to-earn, qui permettent aux joueurs de générer des revenus en jouant. C'est le cas d'Electronic Arts, qui vend déjà des cartes à collectionner utilisables dans un mode fantasy game du jeu Fifa, mais sans utiliser la blockchain. "Tout ce qui ramène plus de joueurs et les pousse à passer plus de temps dans les expériences que cela apporte, je pense que c'est une bonne chose à terme", a récemment déclaré son patron.

Epic Games s'est également déclaré ouvert aux possibilités de la blockchain, sans toutefois prévoir d'ouvrir Fortnite aux NFT prochainement. Square Enix (Final Fantasy) a déjà lancé des expérimentations. Sega envisage d'investir. Zynga, l'éditeur de jeux mobiles, a récemment recruté un VP blockchain pour intégrer la technologie à ses franchises.

Take-two circonspect
Quant au patron de Take-Two, il se montre plus prudent, soulignant d'une part que les NFT ne sont qu'une méthode parmi d'autres pour certifier la rareté d'un objet numérique, d'autre part les illusions de certains quant à la valeur que peuvent prendre ces jetons. Tout comme le patron de Xbox, chez Microsoft, qui se dit "ouvert" mais a peur que les NFT soient surtout là pour "exploiter" les joueurs, pour le moment. Valve, en revanche, est plus assertif. Le studio ne veut pas de NFT dans les jeux distribués sur Steam.

Ubisoft était l'éditeur le plus avancé dans la blockchain. Il a notamment investi dans la start-up française Sorare et dans Animoca, dont fait partie The Sandbox.