Umi lève 5 millions d'euros pour aider les innovations à trouver leur marché

Avoir une idée d’innovation, c’est bien, être sûr qu’elle correspond aux attentes du marché, c’est mieux. La start-up lyonnaise Umi s’appuie sur ce constat pour éviter aux entreprises d’investir inutilement, réalisant les tests marchés nécessaires en amont. Alors que de grands groupes français font appel à ses compétences et sa base de données, la jeune pousse vient de lever 5 millions d’euros pour poursuivre son déploiement international.

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Umi lève 5 millions d'euros pour aider les innovations à trouver leur marché

80% des projets d’innovation échouent à en croire la start-up UMI, le plus souvent car ils ne sont pas alignés avec les attentes du marché. "Les grands groupes notamment ont beaucoup d’idées mais il vaut mieux s’assurer qu’elles répondent à un besoin avant d’investir du temps et de l’argent", insiste Julien Oger, directeur général d’UMI.

Pour accompagner les entreprises en amont, la start-up lyonnaise créée en 2014 a passé plus de deux ans en R&D pour établir une technologie en mesure d’identifier les clients potentiels. "Nous avons des algorithmes capables de trouver sur le web, les réseaux, les forums, les articles…, les personnes concernées et ainsi de relier le professionnel à l’innovation envisagée." Au total, un milliard de profils ont été recensés par Umi partout dans le monde.

Vérifier l’intérêt d’une innovation

Au-delà de savoir à qui s’adresser, Umi a développé du machine learning afin de mesurer le bon message à délivrer. "On sait comment toucher un ingénieur au Chili ou un service marketing en Chine pour les amener à répondre à nos questions sur l’innovation mais on ne s’adresse pas aux deux de la même façon."

Faut-il privilégier le téléphone, le mail, le tchat, le forum ? Y a-t-il un horaire plus approprié pour entrer en contact ? Umi a appris de ses expériences et cumulé de la donnée pour rendre efficiente l’entrée en relation mais aussi enclencher la motivation propre à chacun pour répondre.

"Certains sont flattés qu’on sollicite leur avis, d’autres s’agacent nous indiquant qu’ils préfèreraient une innovation différente, et c’est précieux ; d’autres encore voient une opportunité de business ou ce sont juste des passionnés désireux d’agir en faveur de l’innovation." Umi a ainsi réalisé plus de 1000 tests marchés pour des clients comme Sanofi ou Merck dans la santé, Solvay ou Arkema dans la chimie, Schneider Electric, EDF, Air Liquide pour le secteur de l’énergie ou encore Saint Gobain, Vinci ou Bouygues dans les travaux publics.

"Un client a eu l’idée d’un système de détection de dégradation de la chaussée mais il fallait savoir si cela répondait à un besoin des collectivités et combien elles pourraient engager dans une telle solution." Et les idées ne manquent pas : un nouveau modèle de pesticide vert dérivé du tabac, ou un nouveau procédé produisant de l'acide acrylique biosourcé de haute pureté, un biomatériau pour les valves cardiaques, une toiture recyclée et recyclable… "On ne se limite à aucun secteur d’activité", insiste Julien Oger.

A la conquête de l’Ouest

Avec les cinq millions d’euros qu’Umi vient de lever, la jeune pousse prévoit de poursuivre une croissance déjà bien amorcée avec un chiffre d’affaires multiplié par quatre en trois ans qui atteint quatre millions d’euros en 2022 tandis que l’entreprise prévoit de le multiplié par 20 d’ici 2028. La start-up aux 40 collaborateurs compte également recruter afin de créer une nouvelle équipe aux Etats-Unis dès 2023.

"Nous avons l’ambition de devenir le leader mondial des tests marché et le plus important marché reste les Etats-Unis en nombre d’entreprises qui innovent mais aussi de moyens déployés. La technologie restera en France mais, à termes, le cœur commercial sera là-bas." Pour l’heure, Umi réalise déjà 25% de son chiffre d’affaires à l’international.

Une autre utilisation de la donnée

"Nous allons également investir sur la technologie pour transformer notre outil afin d’apporter plus d’automatisation et donner plus d’autonomie à nos clients." En parallèle, Julien Oger souhaite mieux utiliser et valoriser les nombreuses données récoltées, capables, selon lui, de faire émerger des tendances. "Nous pourrons les mettre à disposition des entreprises comme un observatoire afin qu’elles puissent piloter leur stratégie d’innovation." Une approche globale pour finalement mettre en place un suivi personnalisé.

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