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Un aéroglisseur aux yeux d’abeilles

Ce petit aéroglisseur autonome se déplace à grande vitesse dans un couloir exigu, sans heurter les parois, aussi agile qu’un insecte. Le robot est équipé d’un système de vision inspiré de celui, très efficace, des abeilles.
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Un aéroglisseur aux yeux d’abeilles
Un aéroglisseur aux yeux d’abeilles

Avec seulement 2 pixels de chaque côté pour repérer son environnement, le petit aéroglisseur du laboratoire ISM (Institut des sciences du mouvement, CNRS/université d’Aix-Marseille) fait des prouesses : il se déplace à près de 70 cm/s entre des parois - parfois mobiles ! - sans les heurter. C’est la première démonstration sur un robot du système de pilotage automatique développé au laboratoire, en s’inspirant de celui des insectes.

ni radars ni lasers embarqués

Une efficacité maximale avec un équipement minimal. Depuis longtemps, les chercheurs ont repéré les étonnantes facultés du système de vision des insectes, et notamment celui des abeilles, qui leur permet d’éviter les obstacles latéraux, et de contrôler leur vitesse en fonction de la largeur du passage dans lequel elles évoluent. Le tout sans jamais mesurer ni vitesse, ni distance : les abeilles, contrairement aux robots mobiles plus ou moins fiables, n’ont ni radars ni lasers embarqués…

La clé de l’efficacité de la vision latérale des abeilles, c’est la mesure du flux optique : la vitesse angulaire, mesurée en degré par seconde, des objets qui défilent devant ses "capteurs". En étudiant précisément cette fonction chez l’insecte, pour ensuite l’imiter dans un système électronique, les chercheurs de l’ISM ont mis au point leur pilote automatique, d’abord par simulation, puis testé sur un robot physique : le petit aéroglisseur.

Bientôt des micro drones volants

Comme souvent dans les dispositifs biomimétiques, le robot aux yeux d’abeilles est un instrument intéressant pour valider et mieux comprendre le comportement animal. Mais l’intérêt pour la robotique mobile est évident. "Ce système de vision minimaliste a l’avantage d’être léger et de consommer peu d’énergie. Il faut le voir comme un complément, pour la navigation, du système plus traditionnel à base de caméra et capable d’identifier une scène ou un objet", précise Franck Ruffier, co-responsable de l’équipe Biorobotique à l’ISM.

D’autres développements en robotique sont donc prévus, notamment sur des micro drones volants. Par ailleurs, pour que le robot soit aussi à l’aise avec les obstacles qui se présentent face à lui, il faudra augmenter son champ de vision. Par exemple en utilisant le capteur CurVace, mis au point récemment avec l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne), et qui procure une vision à 180°.

Thierry Lucas

 
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