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Un algorithme de Google serait capable de dépister les cancers du sein plus efficacement que les médecins

Alors que, dans le monde, une femme sur huit est affectée par le cancer du sein au cours de sa vie, un algorithme de Google se serait avéré plus efficace que six radiologues pour identifier cette pathologie. Si l’étude n’en est qu’à ses prémices, elle enthousiasme déjà une partie de la communauté médicale. L'outil devra toutefois être affiné pour convaincre.
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Un algorithme de Google serait capable de dépister les cancers du sein plus efficacement que les médecins
Un algorithme de Google serait capable de dépister les cancers du sein plus efficacement que les médecins © Shutterstock

Une technique d’intelligence artificielle mise au point par Google se serait avérée plus efficace que les médecins pour dépister les cancers du sein. C’est ce que laissent entrevoir les chercheurs de la firme de Mountain View dans une étude parue ce mercredi 1er janvier dans la revue scientifique Nature. En analysant les mammographies, l’algorithme pourrait permettre de pallier les limites des professionnels de santé, qui manqueraient encore 20% de cas selon l’American Cancer Society. A travers le monde, pas moins d’une femme sur huit serait affectée par cette pathologie au cours de sa vie.

 

Dépasser les capacités humaines

Près de 30 000 radiographies ont été utilisées pour nourrir l’algorithme au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. L’étude a pointé la capacité de celui-ci à identifier les cancers avec un degré de précision similaire, voire un peu plus important, que celui de six praticiens. De quoi réduire, en moyenne, de plus de 5% le nombre de faux positifs et 9% celui de faux négatifs. Connie Lehman, cheffe du service d'imagerie mammaire de l'hôpital du Massachusetts, a souligné que "les résultats sont conformes aux conclusions de plusieurs groupes utilisant l'IA pour améliorer la détection du cancer lors des mammographies".

 

Les programmes informatiques aujourd’hui utilisés par les établissements de santé ne peuvent repérer que les éléments déjà détectables par les radiologues. L’objectif des recherches autour de IA est d’anticiper la survenue d’une maladie – tel que la technique récemment mise au point par l’université de Californie pour simplifier le diagnostic des hémorragies cérébrales – ou d’éviter de passer à côté d’un élément invisible à l’œil nu sur une image. Autrement dit : dépasser les capacités humaines. "Les résultats de l'étude représentent une avancée majeure, prouvant qu’un tel outil peut réellement prendre des décisions très éclairées", s’est félicité Mozziyar Etemadi, l'un des co-auteurs de l'étude, qui présente encore des limites puisque les cancers étaient connus chez de nombreux patients testés.

 

Cette trouvaille est le fruit des recherches de DeepMind. Cette société, qui est une entité à part dans le groupe Alphabet, a récemment cédé sa division santé à sa société-sœur Google – qu’elle rejoint avec l’un de ses cofondateurs, Mustafa Suleyman. Si elle publie régulièrement des travaux prometteurs en matière d’intelligence artificielle, elle a aussi tendance à s’emballer. A l’été 2018, elle a notamment vanté un algorithme pour améliorer la détection des insuffisances rénales… avant que des chercheurs indépendants ne pointent le manque de rigueur dans sa recherche. Mieux vaudra ainsi attendre l’entrée en application réelle de ces nouvelles techniques avant d’en jauger l’efficacité.

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