Un aller-retour à 167 euros pour voir un prototype de rasoir, ça vaut le coup ou pas ?

Ex-directeur commercial de relaxnews et de My Little Paris, Thomas Barret a décidé en 2015 de créer son entreprise. Ambition : ré-enchanter nos matins, avec sa gamme d’accessoires siglés The Morning Company. Chose peu commune, il choisit dès le début de son aventure de tenir un carnet de bord, afin de partager ses premiers pas et ses péripéties d’entrepreneur. L’Usine Digitale publie, chaque semaine, ses récits.

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Un aller-retour à 167 euros pour voir un prototype de rasoir, ça vaut le coup ou pas ?

La situation est critique. La progression est de plus en plus difficile, et la fatigue commence à se faire sentir. La pluie battante, qui nous fouette le visage à intervalles réguliers, nous rappelle l’hostilité des lieux à notre égard. Le moral est au plus bas.

Voilà des heures que nous avançons. Et toujours aucun signe de notre objectif. Pourtant nous ne sommes pas loin, je le sens. Il faut tenir.

Mais nous devons faire vite. Derrière les nuages, le soleil décline. Il ne nous reste que peu de temps.

La prédication du Grand Prêtre des Sorciers (plus connu, en général, sous son acronyme) était pourtant claire : "de là où je ne vois pas, l’homme ne revient pas". J’aurais peut-être dû l’écouter. De toute façon, c’est trop tard pour les regrets. Plus que quelques minutes de jour. C’est maintenant ou jamais. Il faut trouver cet endroit.

le périple s'achève enfin

Sur le point de capituler, je jette un dernier regard en direction de notre objectif. Un léger reflet attire alors mon œil. Je concentre les lumières dessus, dans l’espoir de trouver, peut-être, un dernier indice.

Incroyable. Ce n’est pas un indice. C’est beaucoup mieux. C’est un panneau.

F-A-Y-D-I-T (lieu-dit)

Alors, ça y est. Nous y sommes. Notre objectif est là, devant nos yeux. Ma Twingo deux portes et moi, nous avons réussi.

Passées l’exultation du périple accompli et la prise de contact avec mes fournisseurs et partenaires, je dois me mettre au travail. Car il s’agit aujourd’hui de faire un pas décisif dans l’avancée d’un des produits phares (et complexes) de la gamme The Morning Company. J’ai nommé : le rasoir.

premiers ajustements du prototype

Premier prototype de manche taillé dans l’ébène, première simulation en plastique et acier de l’ossature centrale… Les choses se mettent en place progressivement. Pour mon plus grand bonheur. Les premiers ajustements à faire apparaissent. Mais nous progressons et c’est le principal.

Les avancées obtenues lors de cette après-midi de travail semblent confirmer le bien-fondé de ce voyage. Et pourtant, ce n’est pas toujours facile pour un entrepreneur de discerner le vraiment nécessaire du pas complètement nécessaire. Un aller-retour express en Auvergne pour une réunion, est-ce vraiment nécessaire ? Est-ce le meilleur moment ? Difficile à dire. En fait, à certains égards, un fournisseur, c’est un peu comme un "date" (rendez-vous amoureux, comme on dit dans la langue de Barack) : si vous le voyez trop peu, il risque de vous larguer. Mais si vous passez tout votre temps avec lui, il va vite se lasser. Et accessoirement, ça risque de vous coûter un bras.

une réunion fructueuse

Revenons-en à nos vaches auvergnates. Réunion fructueuse donc. Et bonne nouvelle : 24 heures après mon voyage, toujours pas de SMS. A priori, je ne me suis pas fait larguer par mon fournisseur. C’est déjà ça.

Le reste de mi semana in a few Zahlen :

5h45… l’heure du réveil pour prendre le train, direction Vichy.

5 cafés entre 7h et 10h pour réussir (péniblement) à travailler dans le train.

167 euros dépensés pour une réunion de 2 heures.

1 photo d’une partie du manche de rasoir (non finalisé), pour les curieux.

2 rencontres passionnantes avec des lecteurs du Morning Challenge.

1 interrogation oppressante : c’est qui le génie qui a inventé l‘Aligot ?

Très belle semaine à vous, et à mercredi prochain !

Thomas Barret, néo-entrepreneur

Ce billet a également été publié sur le blog de l’auteur : The Morning Challenge.

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction.

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