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Un collectif franco-allemand se lance dans la lutte contre les deepfakes

JEDI lance un challenge, à l'échelle européenne, pour lutter contre les deepfakes. Ce collectif franco-allemand ne veut pas laisser cette lutte aux seules mains des géants technologiques. Ces trucages plus vrais que nature inquiètent de plus en plus les Etats qui peinent à prendre des mesures législatives efficaces.  
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Un collectif franco-allemand se lance dans la lutte contre les deepfakes
Un collectif franco-allemand se lance dans la lutte contre les deepfakes

La lutte contre les deepfakes, ces trucages vidéo très réalistes et donc difficiles à déceler, prend de plus en plus d'ampleur. La Joint European Disruptive Initiative (JEDI) a lancé, le 9 décembre 2019, son propre challenge pour détecter ces trucages "en temps réel", cette fois-ci à l'échelle européenne. Ce collectif franco-allemand, qui regroupe 120 organismes de recherche, grands groupes et start-up, veut doter l'Europe d'une agence pour l'innovation de rupture sur le modèle Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA).

 

Un contrepoids face aux géants technologiques

La JEDI est convaincu qu'une solution indépendante des géants technologiques et sa mise à la disposition du public est "le seul moyen de contrer la menace réelle que représentent les deepfakes". "JEDI s'inquiète qu'un enjeu de laisser un enjeu si important pour l'opinion publique et le futur de nos démocraties aux mains d'une poignée d'entreprises", peut-on lire dans le communiqué.

 

Le collectif fait référence à l'initiative lancée début septembre 2019 par Amazon, Facebook, Microsoft et des universitaires américaines prestigieuses. Leur objectif est de créer un set de données qui sera mis à disposition de chercheurs indépendants puis de lancer un challenge de détection de deepfakes avec à la clé un prix de 10 millions de dollars. Google est également de la partie en fournissant une base de données de 3000 deepfakes pour aider les chercheurs à concevoir des outils de détection. Dans le viseur de ces acteurs, les prochaines élections américaines de novembre 2020.

 

Freiner le phénomène par la loi

Les Etats tentent également de freiner ce phénomène en adoptant des législations interdisant les deepfakes. Le 2 juin 2018, la Virginie a interdit les deepfakes, estimant qu'ils faisaient partie du "revenge porn". Selon le site américain The Verge, le Texas se serait dotée d'une législation "anti-deepfakes" spécialement pour les prochaines élections. Cette dernière est entrée en vigueur le 1e septembre 2019.

 

De son côté, l'Hexagone ne s'est pas encore doté d'une législation spécifiquement relative aux deepfakes. Un premier pas a tout de même été franchi avec la loi du 22 décembre 2018 relative à la lutte contre la manipulation de l'information. Concrètement, ce texte a créé une nouvelle voie de référé visant à faire cesser la diffusion de fausses informations dans les trois mois précédant un scrutin national. Une fois saisi, le juge doit apprécier, sous 48 heures, si ces données sont diffusées "de manière artificielle ou automatisée" et "massive".

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