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Un conducteur de Tesla impliqué dans un accident mortel avec Autopilot est accusé d'homicide

Vu ailleurs Pour la première fois un propriétaire de Tesla est inculpé au pénal aux Etats-Unis dans une affaire impliquant l'Autopilot. Lors de l'accident survenu en 2019, qui a entraîné la mort de deux personnes, l'Autopilot de la Model S était enclenché lorsque le véhicule a brûlé un feu rouge et percuté une Honda Civic.
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Un conducteur de Tesla impliqué dans un accident mortel avec Autopilot est accusé d'homicide
Un conducteur de Tesla impliqué dans un accident mortel avec Autopilot est accusé d'homicide © Tesla

Pour la première fois aux Etats-Unis des accusations criminelles sont portées à l'encontre d'un conducteur de Tesla impliqué dans un accident mortel alors que le système avancé d'aide à la conduite (ADAS) Autopilot était enclenché. Deux accusations criminelles sont portées à l'encontre de ce propriétaire par les procureurs californiens, rapporte The Verge le 18 janvier 2022.

Un feu rouge brûlé
L'accident s'est produit à Gardena, une municipalité située dans la banlieue de Los Angeles, le 29 décembre 2019 alors que l'Autopilot était enclenché. Le conducteur sortait d'une autoroute à bord de sa Tesla Model S noire lorsqu'il a brûlé un feu rouge, percutant une Honda Civic et tuant deux personnes. L'homme, chauffeur dans un service de limousine, fait face à deux accusations d'homicide involontaire commis par un conducteur, selon l'acte d'accusation déposé auprès de la Cour supérieure de Californie. Il est actuellement en liberté sous caution tant que l'affaire est pendante.

Le document comportant les accusations criminelles ne mentionne pas l'Autopilot. Mais la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), qui a dépêché une équipe pour enquêter sur l'accident en 2019, a confirmé que la fonction d'aide à la conduite était active au moment de l'accident. L'agence prévoit de publier prochainement les conclusions de l'enquête.

Le système Autopilot de Tesla peut réaliser des changements de voies sur certaines voies rapides, et contrôler les fonctions de direction du véhicule et de freinage. Mais Autopilot est un système partiellement autonome de niveau 2 SAE. Cela signifie que les conducteurs doivent garder les mains sur le volant et les yeux sur la route.

Le conducteur doit être attentif
"La NHTSA rappelle au public qu'aucun véhicule à moteur disponible dans le commerce aujourd'hui ne peut conduire lui-même", a déclaré un porte-parole auprès de The Verge. "Qu'un système de conduite automatisée de niveau 2 SAE soit enclenché ou non, chaque véhicule disponible exige que le conducteur soit en capacité de reprendre le contrôle à tout moment, et toutes les lois tiennent le conducteur humain responsable du fonctionnement de ses véhicules". En France, la législation sur les ADAS a récemment évolué puisque le conducteur peut se dégager de sa responsabilité pénale lorsqu'un tel système fonctionne dans ses conditions normales d'utilisation. Toutefois, le conducteur doit être en capacité de reprendre le contrôle du véhicule à tout moment.

Tesla est souvent critiqué comme ayant une communication ambigüe sur les capacités d'Autopilot et pour son système de surveillance du conducteur peu robuste. En mai 2021, le constructeur s'est toutefois résigné à compléter son dispositif de surveillance avec une caméra intérieure fixée sur le rétroviseur pour s'assurer de l'attention des chauffeurs. Mais Tesla s'est toujours refusé à ajouter un suivi oculaire par infrarouge.

Les autorités américaines scrutent de très près le constructeur de véhicules électriques. Durant l'été 2021, la NHTSA a ouvert une enquête sur 11 accidents impliquant des véhicules Tesla alors que l'Autopilot était enclenché. A cette occasion, la NHTSA souhaite savoir comment Tesla garantit que les conducteurs gardent les yeux sur la route lorsque l'Autopilot est activé et s'il existe des limites à ce système.

Régulièrement, des vidéos de chauffeurs de Tesla utilisant à mauvais escient Autopilot font le tour du web. Certains ont été surpris en train de dormir sur le siège passager ou à l'arrière de leur véhicule roulant à une vitesse élevée sur une autoroute bondée. Un Canadien a été accusé de conduite imprudente après avoir été arrêté pour avoir dormi alors qu'il se déplaçait à une vitesse de 150 km/h.

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