Un consortium piloté par l'université Gustave Eiffel teste une navette autonome à la campagne

Une expérimentation inédite de navette autonome démarre le 18 juillet à Mézières-en-Brenne (Indre), l'un des endroits les moins denses de France. Ce programme à 8 millions d'euros teste déjà une navette à Sophia-Antipolis.

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Un consortium piloté par l'université Gustave Eiffel teste une navette autonome à la campagne
A partir d’un Renault Master électrique, la société Milla a assemblé une navette autonome qui va rouler sur la voie publique dans l’Indre jusqu’à la fin de l'année.

Une navette autonome assemblée par la société Milla, basée à Meudon (Hauts-de-Seine) et dont l'atelier est au Mans (Sarthe), est testée à partir de lundi sur la voie publique, en l'occurrence essentiellement des départementales entre Mézières-en-Brenne et Martizay (Indre). Ce secteur rural affiche une densité de population de 5 à 6 habitants par km/2, soit dix fois moins que l'ensemble du pays.

Le fourgon autonome n'a pas de conducteur stricto sensu, mais un superviseur de conduite monte à bord pour veiller au fonctionnement. Sa vitesse maximale est de 50 km/h. A tout moment, l'opérateur a la possibilité de reprendre la conduite manuelle. Ce service est opéré par le transporteur isérois Berthelet jusqu'à fin décembre, à raison de 5 trajets de 36 km par jour entre cinq communes de la communauté de communes Coeur de Brenne.


Des marques d’intérêt aux Etats-Unis

Sur la base d'un Renault Master électrique, le véhicule est muni de lidars (capteurs lasers) et de caméras pour son fonctionnement, mais aussi pour servir à une expérimentation menée par une dizaine de laboratoires, d'entreprises et de services de l'Etat sous l'égide de l'Université Gustave Eiffel de Lyon. "Ce test grandeur nature va nous servir à affiner notre méthode prédictive afin de faciliter des déploiements ultérieurs", dit Hélène Tattegrain, chercheure en informatique et directrice du laboratoire en ergonomie et sciences cognitives des transports.

Incidents de route, prise d'informations et comportements des passagers, interactions avec les autres usagers de la route, la liste est longue. "Une multitude de collectivités locales sont en veille active sur ce sujet de la mobilité en zone peu dense. Il y a un enjeu de maintien des populations sur leur territoire", explique Philippe Vezin, coordinateur national du projet ENA (Expérimentation de navettes autonomes).

"Nous avons même des marques d'intérêt aux Etats-Unis. Eux aussi sont confrontés à des enjeux de mobilité sur de vastes étendues", ajoute Frédéric Mathis, cofondateur de Milla Group, qui exploite déjà une navette à Vélizy (Yvelines) et vient de placer un droïde autonome pour le transport de marchandises à Nice.

Soutenu par l'Ademe et le PIA 3, ce programme ENA a reçu un financement de 8 millions d'euros. C'est dans ce cadre que sont aussi testées deux navettes de la société Navya de Villeurbanne (Rhône), en circulation sur la zone d'activités de Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes), jusqu'à la fin de l'été.

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