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Un harnais connecté est accusé de recueillir les données biométriques des employés à leur insu

Vu ailleurs Walmart, Toyota et Heineken seraient actuellement en train de tester un harnais connecté qui recueillerait les données biométriques des employés travaillant dans des entrepôts aux Etats-Unis. La start-up StrongArm, à l'origine de ce dispositif, se défend en mettant en avant la sécurité et le bien-être au travail.
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Un harnais connecté est accusé de recueillir les données biométriques des employés à leur insu
Un harnais connecté est accusé de recueillir les données biométriques des employés à leur insu © StrongArm

La prévention des accidents du travail et des troubles musculo-squelettiques passe par un apprentissage des bons gestes. C'est sur ce constat que la start-up américaine StrongArm a créé un dispositif capable de recueillir les données relatives aux mouvements effectués par les employés.

 

Concrètement, il s'agit d'un petit boîtier noir connecté à un harnais que les travailleurs installent sur leur torse. Une vibration va leur indiquer qu'ils effectuent des gestes dangereux pour la santé et susceptibles de provoquer des lésions osseuses ou musculaires. Mais, d'après Bloomberg, ce boîtier servirait à bien d'autres choses. Dans un article publié le 5 novembre 2019, le média américain accuse ces dispositifs d'être à l'origine d'une surveillance des employés pour calculer leur productivité. Walmart, Toyota et Heineken seraient actuellement en train de tester cet outil dans leurs entrepôts et centres de distribution gérés par le logisticien Geodis.

 

Le recueil des données ergonomiques

L'enquête journalistique s'inquiète aussi d'un potentiel recueil des données biométriques, c'est-à-dire les informations concernant les caractéristiques physiques strictement propres à une personne. Elle mentionne une vidéo de présentation dans laquelle la jeune pousse américaine expose son produit. Le capteur serait ainsi capable de recueillir des données ergonomiques "12,5 fois par seconde", générant un "score de sécurité" sur un tableau de bord où sont, par exemple, répertoriées la flexion maximale ou encore la vitesse de torsion moyenne des "athlètes", comprendre des ouvriers.

 

 

Ce harnais connecté servirait également de repère à Geodis pour savoir quel travail pourrait être automatisé et comment. En effet, le capteur est capable d'enregistrer une grande majorité des mouvements effectués par un humain. Ainsi il serait possible de transposer cet enchaînement à une machine.

 

StrongArm se veut rassurant

Gizmodo a pu échanger avec la start-up, qui se veut rassurante. Elle a assuré ne pas collecter les données biométriques des utilisateurs et avance que son dispositif ne contenait aucun traqueur GPS. Au contraire, il recueillerait des données environnementales comme le taux d'humidité ou la qualité de l'air pour alerter les responsables en cas de valeurs anormalement hautes ou basses. Dans une déclaration faite à Business Insider, Mike Kim, le directeur technique et cofondateur de StrongArm, déclare que le harnais ne doit absolument pas être utilisé de façon punitive. "Nous n'essayons de travailler qu'avec des entreprises qui investissent dans le bien-être de leurs employés. Si ce n'est pas le cas, nous mettons alors fin à la relation", a-t-il expliqué. StrongArm se félicite, dans le même temps, que 15 000 travailleurs portent leur harnais connecté et espère atteindre la barre des 35 000 d'ici à la fin 2020.

 

Contrôler la pénibilité

Cette volonté de contrôler la pénibilité au travail n'existe pas qu'aux Etats-Unis. La Tribune mentionne une expérimentation menée par Geodis aux Pays-Bas où des exosquelettes sont utilisés pour réduire les tensions dorsales. En Allemagne, le groupe teste une solution de réalité augmentée appliquée à l'emballage. Ce système se compose d'une paire de lunettes connectées qui affiche dans le champ de vision de l'opérateur des instructions. Il peut ainsi localiser les pièces à collecter et les tiroirs où les ranger. Une fois la commande validée, les lunettes guident le porteur vers le lieu de stockage approprié.

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