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Un partenariat public-privé veut stimuler l'innovation dans le traitement du cancer grâce à l'IA

L'Institut National du cancer et le Health Data Hub s'allient à sept laboratoires, à l'Alliance pour la Recherche et l'Innovation des Industries de Santé et à France Biotech pour créer une structure spécialisée dans la prévention et le traitement du cancer grâce à l'IA. A travers des projets impliquant start-up et industriels, ce consortium souhaite stimuler l'innovation afin de faire de la France un leader en cancérologie. 
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Un partenariat public-privé veut stimuler l'innovation dans le traitement du cancer grâce à l'IA
Un partenariat public-privé veut stimuler l'innovation dans le traitement du cancer grâce à l'IA © Ministère de la Santé

Ce mardi 14 septembre signe la naissance d'une nouvelle association "Filière Intelligence Artificielle et Cancer" (FIAC). L'objectif de cette nouvelle structure est de stimuler l'innovation au bénéfice des patients atteints de cette maladie qui touche près de 5 millions de personnes en France.

Un partenariat public-privé
Elle est le fruit d'un partenariat public-privé entre l'Institut national du cancer, le Health Data Hub, les laboratoires Amgen, AstraZeneca, Jassen-Cilag, MSD France, Pfizer, Pierre Fabre, Novartis, l'Alliance pour la Recherche et l'Innovation des Industries de Santé (ARIIS). France Biotech, qui représente les start-up spécialisées dans la santé, est également membre de ce consortium.

La FIAC a pour objectif, d'après ses statuts, d'améliorer la qualité et la pertinence de l'écosystème d'innovation en cancérologie grâce à l'utilisation de l'intelligence artificielle. Un budget de 16 millions d'euros, réparti à moitié entre Bpifrance et les laboratoires, va servir à financer une cinquantaine de projets sur cinq ans.

Mieux appréhender le pronostic et personnaliser les soins
Ces projets dits de réutilisation de données en cancérologie doivent permettre d'améliorer les connaissances sur le suivi à court, à moyen et long termes des patients afin de mieux appréhender le pronostic de la maladie et de personnaliser les soins. Une meilleure connaissance de la maladie et des facteurs de risque doit aussi permettre de renforcer les actions de prévention.

Ces projets reposeront tous sur l'utilisation de systèmes d'apprentissage automatique qu'il faudra alimenter par des données. Celles-ci proviendront de la plateforme de données en cancérologie de l'Institut national du cancer. Créée il y a 7 ans, elle recueille et traite les données issues du Système national des données de santé (SNDS), des pratiques cliniques, notamment du dossier communicant de cancérologie, des structures de surveillance et d'observation, des centres régionaux de coordination des dépistages, des études et des essais cliniques.

Alimenter les bases de données existantes
A travers ce partenariat public-privé, des données issues de recherches menées par les industriels sur les molécules ou les médicaments qu'ils développent pourront être intégrées à cette plateforme. La bonne utilisation des données, principe inscrit dans une "charte des valeurs communes" signée par tous les acteurs, sera contrôlée par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil).

 

 

Les start-up spécialisées dans la santé sont pleinement impliquées dans ce projet à travers leur représentant, France Biotech. Comme l'explique Marco Fiorini, délégué général de l'Alliance pour la Recherche et l'Innovation des Industries de Santé, "les 50 projets seront confiés à des start-up". Le schéma est le suivant : "un industriel se pose une question qui nécessite d'exploiter des données. Un data set sera constitué dont la lecture et l'analyse seront confiés à une start-up", a-t-il détaillé lors de la conférence de presse de lancement. Une façon pour ces jeunes pousses d'éprouver leurs technologies face à des acteurs internationaux.

Trois projets en cours 
Trois projets ont d'ores et déjà été lancés. Le premier, chapeauté par AstraZeneca, porte sur la comparaison des résultats issus des données publiques et privées dans le cadre d'un suivi à long terme des patients atteints de cancer du poumon ayant bénéficié d'un traitement sous autorisation temporaire d'utilisation (ATU). Le laboratoire souhaite établir une preuve de concept pour évaluer les capacités à associer les données collectées dans le cadre de l'ATU à celles de la plateforme de données en cancérologie ainsi qu'identifier les apports relatifs à chaque source de données.

De son côté, le laboratoire Amgen souhaite travailler sur l'optimisation des séquences de traitement permettant de prolonger la survie des patients atteints d'un cancer du sang. Il souhaite notamment identifier les facteurs prédictifs de la réponse aux traitements, les profils "types" de patients répondant le mieux à certains traitements et détecter les séquences de traitement optimales permettant de prolonger la survie des patients.

Novartis souhaite se concentrer sur le cancer du poumon présentant une mutation cMET ou BRAF et le cancer du sein avec mutation Pi3KCA. Son projet permettra de décrire la prise en charge des patients et définir leur pronostic grâce au développement de thérapies ciblées.

Un conseil d'administration à quatre têtes
Côté organisation, la gouvernance de l'association s'organise autour d'un conseil d'administration composé du collège des Membres Fondateurs Publics, intégrant un représentant des patients, et du collège des Membres Fondateurs Industriels. Via un appel à manifestations, un Comité des parties prenantes et un Comité des Membres Partenaires seront prochainement constitués. Un premier conseil d'administration a eu lieu le 8 septembre dernier.

 

 

Ce partenariat s'inscrit dans la stratégie décennale de lutte contre le cancer. Présentée par le président de la République en février 2021, elle vise à améliorer l'offre de soin, réduire de 60 000 par an le nombre de cancers évitables, réaliser un million de dépistages en plus à horizon 2025 ainsi qu'à améliorer significativement le taux de survie des cancers de plus mauvais diagnostic.

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