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Un permis spécial pour chauffeur de voiture autonome

Une voiture autonome n'a normalement pas besoin de chauffeur. Mais la législation impose encore un conducteur aux prototypes. Constructeurs et équipementiers leur demandent alors des compétences particulières, en particulier pour les tests sur route ouverte lors du salon ITS à Bordeaux début octobre. 

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Un permis spécial pour chauffeur de voiture autonome
Un permis spécial pour chauffeur de voiture autonome © Pauline Ducamp

Sur la rocade de Bordeaux (Gironde) début septembre, le véhicule prototype de l'équipementier Valeo franchit sans l'aide d'un conducteur le pont d'Aquitaine. La Golf change ensuite de file, sans que l'ingénieur de l'équipementier ne touche un instant au volant. Il est pourtant obligé de rester attentif et surtout, à la place du conducteur. Même affublé d'une plaque W dédiée au véhicule autonome qui roule sur route ouverte, la convention de Vienne, dont la France est signataire depuis 1968, oblige à "rester maître de son véhicule". Donc à conserver un chauffeur derrière le volant. Et n'est pas chauffeur qui veut. 

 

Formation sur circuit

Costume et cravate sombres, chaussures de ville, Julien Martiniak n'a pas le look du pilote en combi et chaussures Sparko. L'ingénieur, qui travaille sur le développement des technologies du véhicule autonome, est pourtant capable de récupérer une voiture en perte sévère d'adhérence. "J'ai suivi une formation ardue sur la conduite à risques, plus de huit heures sur un circuit, se souvient-il. Les pilotes mettent la voiture dans une situation inconfortable, nous expliquent comment la récupérer, mais aussi pourquoi elle perd de l'adhérence".

 

Le freinage d'urgence fait également partie du programme, que découvrira lors de sa formation certifiante Pédro Moreno Lahore, lui aussi ingénieur chez Valeo. "Cette formation, comme l'obligation d'avoir deux ingénieurs capables de piloter le véhicule, est une exigence interne", souligne Guillaume Devauchelle, directeur de la R&D de Valeo. Les deux ingénieurs assureront à tour de rôle les démonstrations au public, pendant les cinq jours du salon ITS (du 05 au 09 octobre) à Bordeaux. "Au total, nous ferons 55 à 60 fois la boucle d'une vingtaine de kilomètres", précise Pédro Moreno Lahore. 

 

Carlos tavares, pilote chez PSA

L'exigence est la même chez PSA. Les ingénieurs qui conduisent des véhicules autonomes (sic !) doivent passer un AESP, une formation de trois jours à la conduite réalisée par un centre de formation agréé et indépendant. Les titulaires de ce sésame se comptent sur les doigts d'une main et l'un d'eux se nomme ... Carlos Tavares ! Pilote émérite en compétition, le PDG de PSA a lui aussi dû suivre la formation.

 

"Les ingénieurs titulaires de l'AESP travaillent sur le véhicule autonome, c'est une autre exigence du groupe, ajoute Delphine Duperray, chef de projet innovations aides à la conduite. Plus ils connaissent le véhicule, plus ils sont efficacement capables de réagir en cas de problème". La qualification des chauffeurs de voitures autonomes s'est aussi montrée déterminante pour obtenir la plaque W, qui les autorise à rouler sur route ouverte, octroyée par le ministère des Transports. Début octobre, plus d'une trentaine de véhicules autonomes seront en tests sur route ouverte, avec à leurs bords des participants du salon ITS.

Pauline Ducamp, à Bordeaux

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