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Un scénario crédible pour les circuits numériques de STMicrolectronics circule

Selon Merrill Lynch, le scénario le plus crédible pour les circuits numériques avancés de STMicroelectronics résiderait dans l’arrêt "naturel" des puces pour décodeurs. Une option qui obligerait le fabricant franco-italien de semi-conducteurs à se séparer d’une partie du personnel concerné.

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Un scénario crédible pour les circuits numériques de STMicrolectronics circule
Un scénario crédible pour les circuits numériques de STMicrolectronics circule © Guittet Pascal

Une mauvaise nouvelle pour les 3000 personnes de la division DPG (Digital product group) de STMicroelectronics. La direction du fabricant franco-italien de semi-conducteurs pencherait pour la sortie progressive des puces pour décodeurs, principal foyer de pertes dans cette activité.

 

Mais pas de fermeture brutale. Le groupe privilégierait une extinction "naturelle" en arrêtant tout investissement et tout développement de nouveaux produits. C’est ce qui ressort des propos tenus récemment par son directeur financier Carlo Ferro lors de réunions avec les investisseurs chez Merrill Lynch à Londres et Zurich. C’est aussi ce scénario que la banque d’affaires américaine retient dans sa note d’analyse datée du 3 novembre 2015 et dont nous nous sommes procuré une copie.

 

Décision attendue début 2016

Il faut toutefois prendre cette conclusion avec beaucoup de prudence. La direction n’a encore pris aucune décision. Lors de la présentation des résultats trimestriels le 29 octobre 2015, le PDG Carlo Bozotti a assuré explorer encore quelques options. Il devrait annoncer son choix en janvier ou février 2016. Mais tous les indices, fournis par Carlo Ferro aux investisseurs, convergent en faveur du scénario décrit par Merrill Lynch.

 

Selon la banque américaine d’affaires, les circuits pour décodeurs représentent 40% du chiffre d’affaires de la division DPG (230 millions de dollars au troisième trimestre 2015) mais 84% des pertes de cette activité (74 millions de dollars au troisième trimestre 2015). En stoppant tout investissement et développement dans ce segment, STMicroelectronics dégagerait une économie annuelle de 350 millions de dollars, l’équivalent de la perte annuelle dans l’ensemble de ses circuits numériques avancés.

 

Ainsi, le groupe trouverait les moyens de sauver les Asic et les circuits d’imagerie qui représentent 30% des revenus de la division DPG. Les 30% restants viennent de l’activité résiduelle dans les circuits pour mobiles issue de ST-Ericsson et appelée à terme à disparaitre.

 

La vente est exclue

Carlo Ferro ne parle pas de sortie des décodeurs. Mais il précise que la solution est recherchée en interne, et non à travers une fusion-acquisition. Ce qui exclut la vente. Une option rendue compliquée par trois facteurs : les mauvaises perspectives du marché des décodeurs menacés de cannibalisation par les services cloud comme Netflix, la difficulté à détourer cette activité en raison de ses fortes imbrications avec les autres circuits numériques avancés, et le niveau élevé des pertes.

 

STMicroelectronics serait obligé de payer le repreneur à l’instar de ce qu’IBM a fait pour le transfert de ses semi-conducteurs à GlobalFoundries. Une condition incompatible avec l’état actuel des finances du groupe.

 

Le scénario de Merril Lynch s’inscrirait dans la continuité de la stratégie de Carlo Bozotti. C’est la solution adoptée pour résoudre le problème des circuits pour mobiles hérités du démantèlement à l’été 2013 de ST-Ericsson. Il offrirait l’avantage à STMicroelectronics de continuer à honorer ses contrats avec les clients et à vendre à moindre coûts ses produits jusqu’à leur mort commerciale.

 

Il lui donnerait aussi du temps pour régler l’impact social et sur la production dans son usine de Crolles, près de Grenoble, qui fabrique les circuits sur tranches de 300 mm de diamètre. Selon le scénario de Merrill Lynch, le chiffre d’affaires de la division DPG chuterait de 30% en 2016 et de 70% en 2017 par rapport à celui de 2015.

 

Un défi lancé aux syndicats et à l'Etat

Et qu’en serait-il de l’impact social ? L’activité des circuits pour décodeurs emploie 1880 personnes dans le monde, dont 1030 en France réparties à Grenoble, Crolles, Paris et Le Mans. Le choix du scénario en question illustrerait le souci de conserver un savoir-faire essentiel aux autres activités, comme celle des microcontrôleurs. Carlo Ferro le confirme mais exclut la possibilité de reclasser en interne l’ensemble du personnel concerné comme cela été fait pour les 1100 personnes récupérées de ST-Ericsson.

 

Si ce scénario se précise au début 2016, STMicroelectronics serait alors contraint de se séparer d’une partie. De quoi lancer un défi non seulement aux syndicats mais aussi à l’Etat français et aux collectivités territoriales de la région Rhône-Alpes qui contribuent ensemble à hauteur de 500 millions d’euros au programme de R&D Nano 2017 du groupe.

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