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Un think-tank pour mettre l'être humain au centre de la révolution du big data

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“Promouvoir une révolution du big data centrée sur l’être humain” : l’ambition de Data-Pop Alliance, qui se présente comme le premier think tank dédié au big data pour le développement, s’affiche en tête du site internet. Pour son fondateur Emmanuel Letouzé, les risques et les promesses de cette révolution devront être questionnés avec la même importance.

Un think-tank pour mettre l'être humain au centre de la révolution du big data
Lorsqu’Emmanuel Letouzé ne travaille pas au développement de Data-Pop Alliance, il croque avec humour - sous le pseudo de Manu - les soubresauts de l’actualité et l’émergence du big data. © Emmanuel Letouzé

Si le secteur privé, conscient de la valeur économique des données digitales personnelles, investit massivement dans le big data, les acteurs du développement s’intéressent également aux opportunités offertes par ce "déluge de données". Dans leur cas, il ne s’agit pas de monétiser ces informations mais de les placer au service du développement humain, par exemple, repérer plus vite le début d’une épidémie grâce à l’analyse des mots-clés tapés dans les moteurs de recherche.

L’intérêt des ONG et des institutions pour le big data a donné à un statisticien français basé à New York l’idée de créer Data-Pop Alliance. "J’avais envie de construire un café où l’on se rencontre, où des projets se montent, où l’on peut trouver des ressources et des idées", raconte Emmanuel Letouzé, le co-fondateur de ce think tank et auteur du premier rapport de l’ONU consacré au big data pour le développement. A ses côtés dans cette initiative, Harvard (via la Harvard Humanitarian Initiative), le MIT (via le Media-Lab) et ODI, un think-tank britannique spécialisé dans les questions humanitaires.

Le Big Data pour mieux connaître sa société ?

Officiellement lancé en novembre, Data-Pop Alliance est déjà au travail, avec des projets de recherche conceptuelle type "white papers" et des papiers plus empiriques, comme récemment sur la correction du biais statistique des échantillons dans l’analyse des données de téléphone portable en Côte d’Ivoire. Parmi les projets-phare figure en bonne place la création d’une bibliothèque numérique qui recensera tous les articles et rapports consacrés au big data et développement.

Pour répondre au défi de la formation dans ce secteur naissant, des modules de cours en ligne et un cours de master - qui devrait être dispensé aux étudiants de l’université Carnegie Mellon au Rwanda - sont à l’étude. Enfin, Data-Pop Alliance aspire à monter des partenariats avec les agences nationales de statistiques pour les accompagner dans cette révolution.

"Au delà des changements de méthodes qu’implique le big data pour ces agences, il s’agit de leur faire re-prendre conscience de leur rôle dans la société. Ce rôle, c’est d’offrir aux sociétés une meilleure connaissance d’elles-mêmes, ce que permet le big data", explique Emmanuel Letouzé, pour qui les efforts du think tank sont d’abord dirigés vers les pays en voie de développement.

Le Big Data, un outil statistique

Plus qu’aux applications du big data dans le secteur du développement, c’est sur ses implications politiques et éthiques que Data-Pop Alliance souhaite mettre l’accent. Les questions de protection de la vie privée, d’accès aux données, d’anonymisation sont évidemment au cœur de la réflexion. Mais pas seulement. "Les conclusions générées par le big data ne sont pas toujours valides car elles s’appuient sur des données produites par une certaine catégorie de personnes - par exemple celles qui ont accès à internet. Les modèles prédictifs construits à partir de ces données doivent impérativement tenir compte de ces biais statistiques.", met en garde Emmanuel Letouzé.

Enfin, pour le co-fondateur de Data-Pop : "l’absence de données n’est pas en soi une cause de pauvreté, elle ne peut pas servir d’excuses aux hommes politiques ou aux acteurs du développement. En revanche, les données peuvent permettre de s’attaquer aux causes profondes de la pauvreté ou de la criminalité dans un pays ou une région".  Il y a un risque important à laisser croire que le big data est la solution à tous les problèmes

Charlotte Alix

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