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Une Autorité du numérique aiderait-elle la France à exister dans l’Internet de 2030 ?

L’étude "La dynamique d’internet, prospective 2030", publié par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective, peine à se projeter dans le futur. Mais les 14 auteurs en ont surtout profité pour lancer un cri d’alarme sur l’urgence pour l’État de se saisir du sujet. Ils préconisent une Autorité du numérique pour l’y aider.
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Une Autorité du numérique aiderait-elle la France à exister dans l’Internet de 2030 ?
Une Autorité du numérique aiderait-elle la France à exister dans l’Internet de 2030 ? © CNNum

Si vous voulez savoir si Internet en 2030 ressemblera à celui que nous connaissons en 2013, ce n’est pas l’étude "La dynamique d’internet, prospective 2030", du Commissariat général à la stratégie et à la prospective (GCSP), qu’il faut lire. Compilation d’avis rédigés par 14 auteurs, scientifiques, issus de Télécom Paris-Tech et de la FING (fondation internet nouvelle génération), le rapport promet à la fois que "l’internet en 2030 ne sera pas très différent de l’Internet actuel" et quelques pages plus loin que "l’Internet de 2030 n’aura vraisemblablement rien à voir avec l’internet que nous connaissons en 2013". Allez donc savoir. Certes, tout dépend si l’on se place du point de vue du technicien ou du régulateur. Qu’importe, l’intérêt de l’étude n’est pas là.

Très inégales, dans leurs contenus, et surtout dans leur capacité à se projeter, les contributions qui composent ce rapport n’en sont pas moins riches d’enseignements. Notamment en matière de "road map" technologique avec la description d’un web 3.0 intelligent et d’un internet des objets et des robots. Il pointe surtout l’importance de la notion de plate-forme ouverte et de standardisation. Si l’Europe veut reprendre pied sur le Réseau, c’est là, principalement qu’elle doit/peut agir.

Mise sur l’internet des objets pas suffisant

Mais pas seulement. Et si la démonstration n’est pas toujours très bien étayée, le rapport et ces dix-neuf recommandations, tentent d’expliquer qu‘aborder internet sous l’angle de l’économie numérique ne suffit pas. Et que les plans et autres feuilles de routes successifs, proposé depuis 15 ans, ne prennent pas toute la mesure des bouleversements en cours et de l’urgence qu’il y a pour les gouvernements européens, et Français en particulier à s’emparer du sujet. D’ailleurs, l’absence de tout membre du Gouvernement lors de la présentation du rapport, le 27 juin 2013, en dit long.

Or les auteurs préviennent que, si l’on ne peut décrire internet en 2030 - hormis qu’il sera probablement encore plus intelligent - on sait qu’il bouleverse et va continuer de bouleverser à peu près tous les ordres établis, et pas seulement la distribution de musique ou le commerce, mais tous les pans de l’industrie, de l’économie, de l’emploi, de la culture et des frontières… et même la légitimité des États dans certaines de leurs domaines régaliens actuels.

Et que si les États sont bien mal placés pour l’anticiper, ils doivent quand même l’inscrire comme une priorité politique. Certes, il manque au rapport une partie, importance, voire cruciale, sur la sécurité et la cybercriminalité, qui n’est abordée que d’un point de vue technique et pas du point de vue défense et sécurité nationale (ce n’était pas dans les sujets retenus au départ !). Mais pour le reste, les politiques, ne pourront pas dirent qu’ils n’étaient pas prévenus.

Une 20e recommandation cachée

Que nos gouvernants et élus lisent au moins la ligne "Risques", qui explique ce qui se passera si telle ou telle recommandation n’est pas appliquée : "perte radicale de souveraineté", "se trouver dans des situations d’impuissance totale de l’appareil étatique", "disparition totale d’une industrie européenne significative de l’internet", "perte radicale de compétitivité…", "une recherche technologique déconnectée de la société et de l’économie", "évasion fiscale de plus en plus massive", "montée des incompréhensions réciproques ", "régressions dans le droit du travail", "absence de vision et de projet pour la société", "exclusion croissante d’une partie des individus", "affaiblissement de l’échange démocratiques", "montée des disparités sociales", etc.

Pour aider le gouvernent à passer à l’acte, l’étude comporte une dernière recommandation, non numérotée : la création d’une Autorité du numérique (AN). Il s’agirait d’une "structure permanente, avec une certaine autonomie, capable de susciter, accompagner, analyser les transformations numériques évoquées, qui agirait au côté du Conseil national du numérique ou de structure étatique comme la DGCIS". Une sorte de CSA du numérique ? Est-ce bien raisonnable, alors que justement, la question numérique doit être prise en compte à tous les niveaux de l’État ? Un monsieur numérique à l’Élysée dans chaque ministère, associé au CNN, serait peut-être plus efficace. Quoi qu’il en soit, même aidé du CNN, une ministre délégué à l’économie numérique, ne peut à elle seule faire monter le sujet au plus niveau de l’État.

Aurélie Barbaux

 

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