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Une lettre dénonce l’implication de l’IA de Google dans "les affaires de guerre" du Pentagone

Des milliers d'employés de Google, tous postes confondus, ont adressé une lettre au PDG d’Alphabet, Sundai Pichar, pour protester contre l'implication de l'entreprise dans un programme du Pentagone. Ils refusent que les outils d’intelligence artificielle développés par le géant de la Tech servent à des fins militaires.

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Une lettre dénonce l’implication de l’IA de Google dans les affaires de guerre du Pentagone
Une lettre dénonce l’implication de l’IA de Google dans "les affaires de guerre" du Pentagone © C.C. - Flickr - Carlos Luna

“Nous estimons que Google ne doit pas être impliqué dans le business de la guerre”. C’est par cette phrase que débute la lettre d’injonction des employés de Google vient d’adresser à leur PDG, Sundai Pichar. Dans ce courrier, ils demandent à l’entreprise d’interrompre sa collaboration avec le programme Maven du Pentagone, quartier général du département de la Défense américaine.

 

Ce courrier, qui a recueilli plus de 3100 signatures en interne, dénonce l’utilisation à des fins militaires, des technologies de deep learning développées par Google. Comme identifier des éléments sur des vidéos filmées par des drones. En plus de réclamer le retrait du programme, les employés exigent que la firme de Mountain View “mette en place une politique claire certifiant que ni Google, ni ses sous-traitants ne développeront de technologie de guerre”.

 

La technologie de TensorFlow

Lancé en avril 2017, le projet Maven a pour objectif de “rendre rapidement intelligible l’énorme volume de données accessibles au ministère de la défense” grâce à l’intelligence artificielle. À partir des APIs partagés par Google, le Pentagone utilise l’outil open source d’IA de Google baptisé TensorFlow. Ce système de machine learning permet à un ordinateur d’intégrer des modèles de reconnaissance d’images. Comme un cerveau humain, la machine apprend à analyser des milliers d’images pour ensuite pouvoir les interpréter automatiquement.

Les employés craignent notamment que leur entreprise aide l’armée américaine à améliorer le ciblage des tirs de drones en terrain de guerre. "Construire cette technologie pour aider le gouvernement américain dans la surveillance militaire - et des applications potentiellement mortels - n'est pas acceptable", écrivent-ils.

En mars 2018, Google avait tenu à préciser que l’objectif de ce partenariat était “non-offensif” et Diane Greene, à la tête de Google Cloud, avait tenté de rassurer les salariés en assurant que l’IA de Google ne servirait pas à piloter des drones” ou “à lancer des bombes”. Mais pour un grand nombre de Googlers, "ce contrat met en péril la réputation de Google et s'oppose directement à ses valeurs fondamentales".

 

Des partenariats avec d’autres géants de la tech

L’existence de ce partenariat entre Google et le Pentagone a été révélée début mars par le site Guizmodo. Le géant du Net avait alors expliqué qu’il fournissait “depuis longtemps des solutions technologiques aux agences gouvernementales”. Mardi 3 avril 2018, Google a de nouveau souligné que sa technologie est utilisée “pour signaler des images destinées à être ensuite examinées par des opérateurs humains dans le but de sauver des vies ainsi que de rendre moins fastidieux le travail des opérateurs"Selon le colonel Drew Cukor, chef du programme Maven, il est impératif que le secteur de la défense “collabore avec des partenaires commerciaux” dans le but d’utiliser “plus activement les technologies d’intelligence artificielle et d'apprentissage automatique” pour mener à bien ses missions.


Dans le résumé de la National Defense Strategy 2018, le ministère de la Défense américain ne cache pas ses ambitions en matière d’IA: “Les nouvelles technologies - comprenant l’analyse des données, l’intelligence artificielle, la robotique et les biotechnologies - nous permettrons de gagner les guerres du futur”. Dans un autre document datant d’octobre 2016, le National Science and Technology Council (NSTC) - en lien direct avec le pouvoir exécutif - expose sa stratégie pour les années à venir, revendiquant que “la recherche dans le domaine de l’IA fait partie des priorités nationales”.

Collaborer avec le gouvernement américain ? La licorne californienne Planet le fait, en lui fournissant des images satellites servant à surveiller des zones de conflit. Tout comme le font également Microsoft ou encore Amazon, indiquent les employés de Google. Pour eux, l’existence de ces autres partenariats ne rend pas pour autant “la participation de Google moins périlleuse”. Dans la lettre, les Googlers frondeurs demandent que la devise de Google prévaut sur les intérêts commerciaux : “Ne soyez pas malveillants”.

 

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