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Une ONG lance une campagne de lutte contre la reconnaissance faciale sur les campus américains

L'association américaine de défense des droits numériques Fight for the Future lance une campagne de lutte contre la reconnaissance faciale dans les universités. Rappelant que cette technologie est loin d'être infaillible, elle exhorte les étudiants à ne pas se laisser faire.  
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Une ONG lance une campagne de lutte contre la reconnaissance faciale sur les campus américains
Une ONG lance une campagne de lutte contre la reconnaissance faciale sur les campus américains © Unsplash/Srh Hrbch

Fight for the Future avait déjà combattu la reconnaissance faciale dans les festivals de musique. L'association américaine de défense des droits numériques veut désormais s'attaquer à l'utilisation de cette technologie sur les campus universitaires en lançant une nouvelle campagne, le 14 janvier 2020, baptisée "Ban facial recognition on campus".

 

Fight For The Future s'associe à Students for Sensible Drug Policy, une ONG spécialisée sur la politique en matière de drogue. Leur but est d'encourager les étudiants à lutter contre le déploiement de la reconnaissance faciale sur leur campus. Les deux associations les incitent à signer une pétition s'ils estiment que "leurs droits fondamentaux sont violés" par cette technologie. 

 

Mieux vaut prévenir que guérir

La reconnaissance faciale n'est pas encore massivement déployée dans les universités américaines. Mais pour l'association, mieux vaut prévenir que guérir. Vox accuse d'ailleurs l'Administration américaine de rester très floue sur ce sujet. Le média américain a interrogé le ministère de l'Education pour connaître sa position. Son porte-parole a déclaré qu'il ne disposait d'aucune directive à ce sujet mais n'a pas voulu être plus précis sur les futurs projets.

 

Mais ce qui inquiète véritablement Fight For The Future c'est la multiplication de campagnes publicitaires qui promettent de réduire la violence juvénile grâce à la reconnaissance faciale. Car en plus de porter atteinte à la vie privée des étudiants, l'association rappelle que cette technologie est très loin d'être infaillible.

 

Plusieurs études ont, par exemple, montré que les algorithmes ont un taux d'exactitude beaucoup plus faible pour les femmes à la peau noire. Ce sont ces biais qui ont motivé certaines associations de parents d'élèves à se soulever contre l'utilisation de la reconnaissance faciale. Début septembre 2019, un district scolaire de l'ouest de New-York a finalement abandonné le test d'un dispositif capable de signaler les élèves exclus.

 

Et en France ?

De l'autre côté de l'Atlantique, en France, l'utilisation de la reconnaissance faciale dans le milieu scolaire a également soulevé des problèmes. Deux lycées de Région Sud voulaient mettre en place des "portiques virtuels de sécurité" capables de lire le profil numérique d'un élève. Lancé en 2018, ce projet avait pour but de prévenir les intrusions et les usurpations d'identité.

 

Mais, saisie la Région, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a déclaré que cette expérimentation de la reconnaissance n'était "ni nécessaire, ni proportionnée". En effet, les objectifs poursuivis de sécurisation et de fluidification pouvaient être atteints par "des moyens biens moins intrusifs en termes de vie privée et de libertés individuelles, comme par exemple un contrôle par badge".

 

Pour certains, la réglementation est trop floue

En France, comme aux Etats-Unis, de plus en plus de voix s'alarment du manque de réglementation sur la question. Outre-Atlantique, le problème est plus compliqué à régler puisque chaque Etat peut décider d'autoriser ou non la reconnaissance faciale provoquant une superposition de législations parfois contradictoires. 

 

Récemment, en décembre 2019, la ville de San Francisco a assouplit ses règles sur la reconnaissance faciale après une interdiction générale adoptée en mai 2019. Les agents municipaux peuvent désormais utiliser des iPhones dotés de la fonction FaceID à condition de la désactiver. Une exception ouvre la voie à d'autres élargissements.

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