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Une station produit son hydrogène sur place et alimente une flotte de dix véhicules hybrides

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Inédit en France et soutenu par l'Europe, le projet de station autonome de rechargement en hydrogène a été bâti par l'agglo de Sarreguemines confluence (Moselle et Bas-Rhin), propriétaire et exploitante.

Une station produit son hydrogène sur place et alimente une flotte de dix véhicules hybrides
Une station produit son hydrogène sur place et alimente une flotte de dix véhicules hybrides

En matière de mobilité "hydrogène", la communauté d'agglomération de Sarreguemines confluences (Moselle et Bas-Rhin) innove. Dans le cadre de son plan climat, elle a mis en service à proximité de ses ateliers techniques une station de rechargement capable de produire ce gaz sur place. Le projet, inédit en France, a été bâti par l'interco, propriétaire et exploitant de la station, en partenariat avec EDF, l'industriel français McPhy et un laboratoire de l'institut de technologie de Karlsruhe ( Allemagne). Il a été baptisé "FaHyence" en référence à l'hydrogène et au savoir-faire historique de ce territoire dans la faïencerie. Alors que les stations de rechargement traditionnelles sont livrées en hydrogène par poids lourds, le procédé d'électrolyse de l'eau adopté à Sarreguemines permet d'obtenir ce gaz à partir d'eau, de l'oxygène de l'air et d'électricité achetée via un contrat d'énergie renouvelable.

 

Recharge en cinq minutes

Le démonstrateur, opérationnel depuis avril 2017 et pour trois ans, alimente une flotte de dix véhicules hybrides électricité-hydrogène, des Kangoo ZE Maxi offrant 300 kilomètres d'autonomie. Equipés en pile à combustible, ils ont été acquis par des partenaires publics et privés du territoire. La recharge se fait en trois à cinq minutes. "Le procédé convient bien aux usages nécessitant de fréquentes haltes, car la batterie lithium-ion se recharge à l'arrêt via la pile à combustible", détaille Arnaud Schmitt, chargé de mission "mobilité" à la communauté d'agglomération.

 

Un bémol : la technologie prise dans son ensemble (électrolyseur, compresseur et pile à combustible), demeure très gourmande en énergie électrique. "Faire rouler un véhicule à l'hydrogène consomme, certes, deux fois plus d'électrons que faire rouler un véhicule électrique", concède Joseph Beretta, président de l'association pour le véhicule électrique routier européen (Avere). Mais le spécialiste invite "à considérer le système dans son ensemble". En effet, la solution hydrogène apparaîtrait plus économique que l'électrique au-delà de 400 kilomètres, car il suffirait d'augmenter la capacité du réservoir. A ce titre, la station de Sarreguemines prévue pour un rechargement à 350 bars (réservoir de 1,6 kg) pourrait évoluer à terme vers 700 bars pour alimenter des véhicules de plus importante capacité (réservoir de 5 kg).

 

L'un des points intéressants serait de ne pas faire appel au réseau électrique et de produire cet hydrogène à partir d'énergies renouvelables, voire de retransformer le gaz en électricité pour couvrir des besoins exceptionnels. L'investissement de 1,59 million d'euros pour la station et la flotte de véhicules est soutenu dans le cadre du projet européen H2ME. "La communauté d'agglomération a pu expérimenter une solution innovante en matière d'aménagement du territoire tout en limitant son investissement à 160 000 euros pendant la durée de l'expérimentation", livre Jean-Bernard Barthel, vice-président de l'interco chargé de la transition énergétique. A noter que l'Ademe a financé le poste d'un chargé de mission "mobilité" pour trois ans concernant ce projet.

 
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