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Une usine d'Amazon en Angleterre épinglée pour ses conditions de travail

Amazon, le leader de la distribution en ligne, est à nouveau sous le feu des accusations pour ses conditions de travail en usine. Prenant l'exemple d'un entrepôt du groupe en Grande-Bretagne, une enquête de la BBC rapporte qu'elles "favorisent les risques de troubles mentaux et physiques".
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Une usine d'Amazon en Angleterre épinglée pour ses conditions de travail
Une usine d'Amazon en Angleterre épinglée pour ses conditions de travail © Scottish Government - Flickr - c.c.

Tout n'est pas rose dans le monde de Jeff Bezos. Une enquête de la BBC sur une usine anglaise du géant de la distribution en ligne Amazon, montre que les conditions de travail favorisent les risques de troubles mentaux chez les employés. Ce n'est pas la première fois qu'Amazon fait la une à propos d'un environnement de travail néfaste : en février dernier, un reportage du Financial Times dénonçait des conditions de travail similaires dans une usine de la petite ville anglaise de Rugeley.

Cet été, le journal américain Business Insider mettait en garde Amazon contre un risque de devenir le "Walmart du web" (du nom de la multinationale américaine de la grande distribution), suite à de nombreux autres incidents de la sorte, comme le cas d'employés aux Etats-Unis qui s'étaient évanouis à cause de la chaleur dans les usines.

En Allemagne, des employés ont lancé une nouvelle grève en septembre, toujours d'actualité, pour réclamer une hausse des salaires. 

Des "employés robots"

Amazon compte près de 100 000 employés à travers le monde, et 89 entrepôts logistiques. Pour les fêtes de Noël, la BBC rapporte que l'entreprise compte embaucher 15 000 travailleurs - temporaires - supplémentaires. Un journaliste de la BBC s'est donc fait passer pour un employé pendant plus d'un mois, travaillant comme "cueilleur" dans un entrepôt d'Amazon près de la ville de Swansea, en Angleterre. 

Les "cueilleurs" sont chargés d'aller chercher un produit dans l'entrepôt de 74 000 mètres carré toutes les 33 secondes, selon le reportage. Si l'employé ne respecte pas le temps imparti, son scanner émet un "bip" lui indiquant qu'il a fait une erreur. Le scanner de l'employé qui mesure son rythme de travail envoie sa performance à ses managers, et si cette dernière est trop faible, "des mesures disciplinaires" peuvent être prises, raconte le journaliste.

Filmant en cachette ses services de nuit, Adam Littler raconte son expérience : "nous sommes des machines, des robots (...), on ne pense pas par nous-mêmes"

D'autre part, Littler raconte avoir dû marcher près de 17 kilomètres durant ses services de nuit, qui duraient dix heures et demie avec une heure de pause. Certains postes chez Amazon avaient déjà été épinglés pour leur rythme effréné et stressant. La BBC a donc demandé son avis au professeur Marmot, expert sur le stress au travail, et sa condamnation est sans appel : "les caractéristiques de ce type de travail, les faits indiquent un risque accru de troubles mentaux et physiques. Il y aura toujours des postes subalternes, mais on peut les rendre meilleurs ou pires"

La réponse d'Amazon

Amazon commence donc à avoir l'habitude de répondre à ce genre d'attaques. Un communiqué indique que l'entreprise a demandé à un autre expert de visiter ses entrepôts et rencontrer ses employés, et affirme qu'"un poste de cueilleur est similaire à d'autres emplois dans de nombreuses autres industries et n'augmente pas le risque de maladie mentale ou physique".

Le géant de la distribution rappelle aussi qu'il a investi un milliard de livres en Grande-Bretagne, et créé 5 000 postes permanents. En comptabilisant les travailleurs temporaires pour les fêtes, l'usine d'Amazon de South Wales à Jersey Marine emploie actuellement plus de 2 000 personnes. Comme le soulignait le reportage du Financial Times en février, le nombre conséquent d'employés temporaires empêche souvent de mesurer le véritable impact d'Amazon sur l'économie d'une ville. 

L'entreprise a tenu à rappeler que la sécurité de ses employés était sa priorité numéro un, et le fait que l'aspect très "physique" de certains postes était clairement signalé durant le processus d'embauche. "Comme la plupart des entreprises, nous avons des attentes en termes de performance. Les objectifs de productivité sont déterminés de façon objective, selon les niveaux de performance précédemment atteints par nos employés", martèle le communiqué.

Nora Poggi

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