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Valorisée plusieurs milliards d'euros, la fintech Klarna affiche des pertes record au premier semestre

Des pertes multipliées par sept au premier semestre, c’est ce que doit désormais affronter Klarna, une licorne suédoise spécialisée dans les solutions de paiement différé. Soutenue notamment par Visa, la start-up devra rassurer alors qu’elle prépare son entrée en bourse.
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Valorisée plusieurs milliards d'euros, la fintech Klarna affiche des pertes record au premier semestre
Valorisée plusieurs milliards d'euros, la fintech Klarna affiche des pertes record au premier semestre © Klarna

Si certains observateurs prévoyaient aux fintechs une réussite sans précédent, mais il semble que le Covid-19 contrarie durablement les projets de certaines de ces pépites. La licorne européenne Klarna voit notamment ses pertes multipliées par sept au premier semestre par rapport au premier semestre de l’année dernière. Plus précisément, la fintech suédoise a accumulé 59,8 millions de dollars de pertes entre janvier et juin dernier, selon ses résultats publiés à la fin du mois d'août.

Tous les indicateurs ne sont pas mauvais. Le résultat opérationnel net total s'établit à 44 millions d’euros, en augmentation de 37% à période comparable, et Klarna explique que les pertes globales ne représentent que 0,6% du volume total de ses ventes, qui est en hausse de 44% sur un an.

Une interface de gestion de paiement
La société est en difficulté depuis son arrivée aux Etats-Unis. Malgré un nombre de clients multiplié par six en six mois, son implantation sur le marché américain, en 2019, a marqué la fin de sa rentabilité. Si les transactions en ligne augmentent, grâce en partie au contexte du Covid-19, les Etats-Unis plombent la santé de la jeune pousse, qui peine à expliquer ce phénomène

Fondée en 2005 à Stockholm, Klarna a mis au point une brique logicielle permettant à un e-commerçant de propose à ses clients le paiement en plusieurs fois. La plateforme verse le paiement en une seule fois au commerçant, puis se rembourse auprès du consommateur, se positionnant comme une interface de gestion de paiement entre les deux parties, à l’instar de PayPal.

Elle a obtenu en 2018 une licence bancaire et opère sous le nom de Klarna Bank. Son modèle économique repose sur les frais qu’elle facture aux professionnels et les frais que doivent rembourser les clients en cas de retard de paiement. L’augmentation, ces derniers mois, de défauts de paiement de la part de consommateurs frappés de plein fouet par la crise économique pourrait expliquer en partie cette hausse spectaculaire des pertes de l'entreprise.

PayPal offensif
Soutenue par des investisseurs aux profils éclectiques – le spécialiste des solutions de paiement Visa, Sequoia Capital mais aussi Jack Ma, l’ancien dirigeant d’Alibaba, ou encore le chanteur américain Snoop Dogg – Klarna a atteint une capitalisation de 5,5 milliards de dollars en août dernier. Elle devra rassurer les marchés, alors qu’une IPO est en cours de préparation, selon les déclarations de Sebastian Siemiatkowski, son dirigeant, au Financial Times. Il précise qu'elle pourrait avoir lieu d'ici un à deux ans.

Klarna compte Ikea, Nike, Asos et H&M parmi ses clients. Concurrente de la solution américaine Affirm, elle va également devoir garder un œil sur PayPal, qui vient d’annoncer le déploiement de sa solution de paiement fractionné, disponible aux Etats-Unis et dans quelques pays européens, dont la France. De son côté, l’Australien Afterpay vient de racheter l’Espagnol Pagantis afin de s’implanter en Europe.

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