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Vente de SFR : Stéphane Richard favorable à la consolidation

Favorable, mais attentif et même très vigilant. C’est ainsi que le PDG d’Orange accueille le potentiel rachat de SFR. Mais il veillera au maintien de l’équité concurrentielle.
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Vente de SFR : Stéphane Richard favorable à la consolidation
Vente de SFR : Stéphane Richard favorable à la consolidation © Guillaume Paumier - Flickr - C.C

À l’occasion de l’annonce des résultats d’Orange, le 6 mars 2014, Stéphane Richard, le directeur général s’est exprimé sur les conséquences que pourraient avoir chacune des deux offres de rachat de SFR faites par Numericable et Bouygues. Une acquisition de SFR par Bouygues serait plus "disruptive", selon les propres mots de Stéphane Richard. Elle ramènerait le nombre d’opérateurs à 3 grands (Orange, Bouygues Telecom et Free). Une situation à laquelle il est plutôt favorable. Pour autant, il surveillera de près la réalisation de l’opération et le respect de l’équité dans la concurrence. Normal pour Orange qui ne peut justement pas participer au jeu pour des raisons de respect de la concurrence.

Vigilant sur le très haut débit et la concentration des fréquences

Mais le patron d’Orange à d’abord tenu à préciser qu’il voyait plutôt d’un bon œil cette possible concentration des acteurs. "On ne peut pas avoir dit que l’on était favorable à une consolidation en Europe et essayer de la stopper," a-t-il précisé, évoquant les nombreuses fois où il a rappelé la difficulté pour les opérateurs d’avoir des revenus décents tout en continuant à investir dans un marché à 4 acteurs. "Nous serons néanmoins très vigilants quant aux conditions et au traitement de cette opération pour que l’équité concurrentielle soit préservée."

Traduction ? "Par exemple, un cadre a été tracé pour le déploiement du très haut débit, et nous serons très attentifs avec les autorités à la contribution du nouvel ensemble (Bouygues SFR ou Numericable SFR, NDLR)." L’ensemble des opérateurs s’est engagé à un niveau de couverture fixe et mobile de la population. L’opérateur surveillera aussi de près la question des fréquences. Un rapprochement de Bouygues et SFR, en particulier, conduirait à une concentration importante de ce patrimoine entre les mains d’un seul acteur. Dans le cas où Numericable l’emporte, Stéphane Richard rappelle aussi que "le câble échappe aujourd’hui à la régulation. Partout dans le monde. Ce serait peut-être le moment de mettre ce sujet sur la table." Il évoque aussi la question des réseaux, de la distribution physique, etc.

Les mêmes conséquences sociales ?

Enfin, le patron d'Orange explique que les deux options n’auraient pas du tout les mêmes conséquences sociales. Sous entendu, moins de casse dans le cas Numericable, les activités de SFR et Bouygues Telecom étant beaucoup plus proches.

Un rachat de SFR par Numericable, "c’est un cas classique de convergence fixe-mobile comme on en voit partout en Europe, résume le patron d’Orange. Et cela vient conforter la tendance du marché à la convergence entre fixe et mobile." C’est pour lui, l’option qui a le moins de conséquences sur le marché, puisque celui-ci reste, dans ce cas, avec 4 opérateurs en présence. Même s’il admet du bout des lèvres qu'un tel rapprochement menacerait ses parts de marché dans le mobile : "En nombre de cartes SIM et sans doute pas en valeur. Et on sait bien que dans ce type d’opérations, il y a des déperditions de parts de marché. On ne peut pas simplement les additionner."

Orange, point fixe dans la tourmente ?

Le patron du numéro un français a aussi noté qu’aucun acteur étranger ne s’était manifesté. Une nouvelle occasion pour lui de marteler que les conditions pour les opérateurs dans l’Hexagone sont beaucoup trop contraignantes pour les attirer. Et pour conclure, il a tout simplement estimé que dans la période d’instabilité actuelle du secteur en France, il n’y avait plus qu’un point fixe… Orange, bien sûr. Stéphane Richard a donc tout simplement conseillé à ceux qui voulaient "un fournisseur stable, fixe, avec une stratégie affirmée, une capacité à offrir une relation de confiance" de se tourner vers Orange. Nul doute que la bataille pour les clients SFR a déjà commencé.

Emmanuelle Delsol

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