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Veolia Environnement prépare la smart city

Le groupe français Veolia Environnement utilise la simulation depuis près de deux décennies pour l’eau et l’assainissement. Aujourd’hui, il s’attaque à la ville intelligente.
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Veolia Environnement prépare la smart city
Pour optimiser ses réseaux d’eau, Veolia utilise le logiciel open source Epanet.

Singapour, Mexico et Lyon, premières villes intelligentes ? Peut-être. En tout cas, depuis 2013, elles sont les premières à disposer de ForCity (4CT), le démonstrateur de modélisation urbaine de Veolia Environnement. Il s’agit d’une plate-forme ouverte et évolutive qui interconnecte les modèles des différentes composantes de l’écosystème urbain, c’est-à-dire la mobilité, les services à l’énergie, l’utilisation des sols, l’eau, les déchets, les bâtiments, les impacts environnementaux et les pénuries de ressources. De quoi permettre aux décideurs de comparer plusieurs options de planification urbaine en 3 D.

À Nice, la gestion énergétique gagne également en intelligence grâce au projet Réflexe (pour "réponse de flexibilité électrique"), lancé en 2011 pour une durée de trois ans et demi. Piloté par Dalkia, filiale de Veolia Environnement, avec un budget de 9 millions d’euros, il modélise sur une vingtaine de sites tertiaires et industriels la production et la consommation électrique. Ce projet doit évaluer les solutions de pilotage des systèmes afin d’expérimenter la gestion en temps réel de sites producteurs et consommateurs d’électricité. "L’idée est aussi de récupérer l’énergie pour en faire bénéficier des installations publiques comme une piscine municipale", précise-t-on chez Veolia Environnement.

Le vrai temps réel pour demain

Si le groupe est à la pointe sur ces programmes prospectifs, c’est parce que la simulation est depuis longtemps au cœur de ses processus d’innovation. "L’eau et l’assainissement ont rejoint depuis une vingtaine d’années l’ère de la modélisation. Aujourd’hui, on ne signe quasiment plus un contrat sans intégrer de la simulation", explique Vincent Parez, le responsable du pôle réseaux et systèmes chez Veolia Eau. Un savoir-faire reconnu à l’international. Veolia exploite, entre autres, les réseaux chinois de Shenzhen pour l’assainissement et de Dong pour l’eau potable, soit plus de 1 millier de kilomètres. "À Prague, nous avons participé à la gestion de crise et au système d’alerte en cas d’inondation. Nous prévenons les autorités en cas de besoin."

Pour les réseaux d’eau potable, Veolia travaille avec Synergie et surtout Epanet, un logiciel open source de plus en plus utilisé. Pour l’assainissement, la suite InfoWorks prend le relais. "Sur la plupart des contrats, nous avons déjà une base SIG (système d’information géographique). Des passerelles facilitent la récupération d’informations pour la modélisation du descriptif du réseau", ajoute Vincent Parez.

Au départ, la simulation était un outil pour mieux définir les besoins du réseau, les raccordements des nouvelles zones de collecte en eau potable. Aujourd’hui interconnectée avec d’autres outils, elle permet de piloter, de diminuer les coûts, de positionner une fuite, de moins saturer les réseaux, d’optimiser les ressources. Il est également possible d’acheter ou de vendre de l’eau à une commune voisine connectée. Pour l’assainissement, c’est un peu plus compliqué. Il faut capter les éléments pluvieux, éviter les débordements, interfacer le réseau et l’environnement, examiner les courants marins avant que la pollution puisse avoir un impact. "En vingt ans, la puissance de calcul a progressé. Elle est devenue beaucoup plus rapide. Elle permet de trouver le bon rapport entre les coûts et l’environnement." L’avenir ? "C’est d’avoir davantage de liens avec les SIG et de plus en plus d’informations en temps réel. Mais le vrai temps réel, nous n’y sommes pas encore."

Olivier Cognasse

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