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Vinci Autoroutes teste de premières applications métiers nourries à l’IA sur son réseau

Lors d’une soirée #OpenLeonard organisée par le think tank innovation du groupe Vinci, la filiale Autoroutes a dévoilé de premières applications concrètes de l’IA sur son réseau, principalement liées à la reconnaissance d’images.
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Vinci Autoroutes teste de premières applications métiers nourries à l’IA sur son réseau
Vinci Autoroutes teste de premières applications métiers nourries à l’IA sur son réseau © Vinci autoroute - Stéphane Lavoué / PASCO

Il n’y a pas que le véhicule autonome qui va transformer l’infrastructure routière… l’intelligence artificielle aussi. Le groupe français Vinci en est bien conscient. Sa plate-forme d'innovation et de prospective Leonard explore déjà des premiers cas d’usage de l’IA pour tous les métiers du groupe.

 

L'IA pour "accélérer la transformation digitale de l'entreprise"

Lors d’une conférence sur ce thème, Vinci Autoroutes a dévoilé ses premières expérimentations – prometteuses – sur l’intelligence artificielle. Paul Maarek, président d’Escota (l’un des réseaux gérés par Vinci Autoroutes) juge que l’IA a le pouvoir d’ "accélérer la transformation digitale de l’entreprise". "Quand on regarde nos process, dans nos quatre grands métiers (financement, maitrise d’ouvrage, collecte de péage, gestion du trafic), on peut injecter de l’IA à tous les niveaux. Ce sont parfois sur des micro-sujets, mais mis bout à bout, ils peuvent transformer en profondeur la façon de travailler", estime-t-il.

 

La société ambitionne même de devenir un acteur de l’IA appliquée à la gestion des infrastructures grâce à l’apprentissage issu de la masse de données brutes qu’elle collecte. Car Vinci Autoroutes dispose déjà d’un nombre important de données liées aux transactions (730 millions par an), mais aussi aux images de caméras de surveillance qui maillent le réseau, que l’on ne pensait exploitables que par des humains jusque-là. Elle les utilise pour bâtir de nouveaux outils technologiques qui pourraient à l’avenir être commercialisées en dehors du groupe, pour d’autres industriels.

 

De l'analyse d'image aux péages...

 

 

Pour Vinci, le premier sujet est la classification automatique des véhicules au péage. "Il existe cinq classes de péages et on s’y perd nous-mêmes, c’est très compliqué. La hauteur et le nombre de roues entrent en compte, il y a les voitures, les motos, les voitures avec caravanes, petits et grands vans, petits et grands camions. On a toujours eu des problèmes de classification avec nos capteurs traditionnels : cela représente 30% des appels par interphone. Sur nos 730 millions de transactions on doit en reprendre à la main 35 millions. Or, l’intelligence artificielle fonctionne bien pour classifier et détecter des objets", explique Paul Maarek. "On a fait tourner des premiers modèles qui donnaient de bons résultats, puis on a utilisé le deep learning pour régler les cas limites (girophares, portes-bagages…) On a donné à manger à notre IA les cas les plus compliqués, les plus tordus. Maintenant, cela fonctionne très bien, la performance est au rendez-vous, aussi bien sur les cas simples que sur les cas compliqués, avec des taux de correspondance entre l’humain et l’IA qui dépasse les 99%. L’IA a même plus souvent raison que les humains sur les cas les plus tangents".

 

Vinci espère que ces nouveaux outils permettront d’éviter la reprise manuelle de transactions et souhaite aussi créer des voies de péage intelligentes qui détecteront automatiquement le type de véhicule. Un test sur 120 voies sur le réseau Escota en Côte d’Azur est en cours pour détecter les motos en temps réel.

 

... et sur les voies

Vinci Autoroutes souhaite aussi tirer profit de ses caméras qui quadrille le réseau. "Nous travaillons que la détection des véhicules arrêtés (dans les tunnels par exemple) ou sur congestion". La tâche s’avère plus complexe car les données disponibles sur ce type d’évenement sont peu nombreuses. "Nos data scientists mènent un travail sur le calcul de trajectoires des véhicules, pour tenter de prédire leur mouvement", explique Paul Maarek. C’est finalement assez proche des travaux sur le véhicule autonome, qui visent à calculer la trajectoire des véhicules présents dans l’environnement de la voiture sans conducteur.

 

Ces travaux sont pleins de promesse, pour l'entreprise. "On peut imaginer mettre des IA derrière toutes nos caméras pour construire un modèle dynamique 3D en temps réel de tout ce qui se passe sur l’autoroute. C’est une offre qui pourrait intéresser l’industrie du véhicule autonome, en complément de l’information des capteurs issus des véhicules", avance le président d’Escota.


D’autres pistes sont explorées sur l’analyse des flux de véhicule sur les aires de repos, la protection des travailleurs, l’aide à la conception d’ouvrage, la maintenance prévisionnelle des ouvrages d’art... L’IAutoroute n’est plus très loin.

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1 commentaire

AntIA
24/02/2018 23h09 - AntIA

M.Maarek, priez que vous aussi ne soyez pas bientôt remplacé par l'I.A! Signé : Un humain de souche résistante.

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