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Virtual Eyes veut lever 50 millions d'euros pour devenir le plus grand studio de réalité virtuelle européen

Levée de fonds Pour dynamiser la création de contenus dédiés à la réalité virtuelle, un vétéran français du cinéma a décidé de monter un studio de production européen. Baptisé Virtual Eyes, il a déjà levé 5 millions d'euros en capital-risque et cherche a en obtenir 50 millions au total pour pouvoir tenir tête aux studios américains et chinois.
mis à jour le 30 avril 2018 à 10H30
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Virtual Eyes veut lever 50 millions d'euros pour devenir le plus grand studio de réalité virtuelle européen
Bande annonce du film "Ready Player One" vu depuis la salle de cinéma virtuelle CinéVR. © CinéVR

Ce n'est pas un secret, le milieu du cinéma s'intéresse beaucoup au potentiel de la réalité virtuelle. Mais les géants hollywoodiens ne sont pas les seuls dans la course. Un vétéran français du cinéma indépendant, Yves Chevalier, a décidé de créer le plus grand studio de production européen dédié à la réalité virtuelle. Il a nommé sa société Virtual Eyes. Cette dernière, basée au Luxembourg, a annoncé le 26 avril une levée de fonds de 3,5 millions d'euros. Elle fait suite à une première levée d'un million et demi d'euros réalisée en août 2017 auprès d'un actionnaire luxembourgeois, expliquant son choix de s'installer dans ce pays.

 

Un studio européen pour faire face à l'appétit grandissant des Etats-Unis et de la Chine

"J'ai fait du cinéma pendant 30 ans, notamment chez MK2, UGC et TF1 en tant que directeur des ventes internationales et des acquisitions, puis en montant ma propre entreprise. Il y a deux ans j'ai découvert la réalité virtuelle à Cannes, et j'ai trouvé son potentiel extraordinaire, confie Yves Chevalier. J'ai eu envie de mettre mon expérience au service de ce nouvel art."

 

Le dirigeant explique être allé à la rencontre de beaucoup de studios au cours des deux dernières années afin de savoir où en est vraiment la technologie. "J'en ai retenu que c'est au niveau des contenus que le bât blesse. Les casques sont au niveau et vont n'aller qu'en s'améliorant, mais il faut du contenu. Alors je me suis dit qu'il fallait se donner les moyens de le faire." Il ne cache pas non plus son souhait que l'Europe puisse avoir un vrai impact face aux "grosses machines" qui se mettent en place aux Etats-Unis, mais aussi en Chine. "La Chine va se montrer très agressive sur ce secteur", prédit-il.

 

Un objectif de 50 millions d'euros

Son objectif est de lever 50 millions d'euros au total d'ici fin 2018 ou début 2019. "Les cinq premiers millions sont toujours les plus durs à trouver", commente-t-il. Virtual Eyes investira ensuite ces fonds dans divers acteurs jugés dignes d'intérêt dont il s'occupera de distribuer et commercialiser les oeuvres. "L’idée est de rentrer de manière minoritaire dans ces entreprises, de leur laisser libre arbitre, mais quelles soient complémentaires entre elles, explique Yves Chevalier. De notre côté, nous organiserons des représentations et nous voulons mettre en place une plate-forme de diffusion en ligne pour la réalité virtuelle".

 

Une dizaine d'entreprises européennes ont été identifiées pour le moment, dont trois dans lesquelles Virtual Eyes a déjà investi, toutes françaises. La première est Holy Places, qui réalise des documentaires sur les lieux sacrés à travers le monde. La seconde est Nexus Forward, qui fait de la production et de la distribution de contenus VR cinématographiques et est liée à UMédia, le plus gros leveur de fonds belge de type "tax shelter". Enfin il y a DVGroup, une PME qui a déjà produit plus de 150 films en réalité virtuelle et peut gérer toute la chaîne de production de contenus en VR.

 

Des contenus et expériences variées, d'Alice au pays des merveilles à "Cube"

En matière de types de contenus, Yves Chevalier ne ferme aucune porte. Il ne recherche pas un type de film spécifique, tout comme son studio n'investira pas uniquement dans des entreprises européennes. Sa première production mise en avant, réalisée par DVGroup, s'intitule "Alice: The Virtual Reality Play", et combine jeu d'acteurs et environnement 3D, dans lequel le spectateur incarne Alice et interagit avec le lapin blanc.

 

Le prochain projet, dont le nom de code est "Beyond", ambitionne de réunir une centaine de spectateurs-acteurs dans un même environnement virtuel, toujours dans l'univers d'Alice au pays des merveilles. L'expérience sera payante, durera plus d'une heure et se vivra comme un spectacle. Elle devrait être prête en novembre, et la première représentation aura lieu à Londres. "Nous sommes également en cours de négociation avec Vincenzo Natali pour réaliser une adaptation en réalité virtuelle de son film culte Cube", confie Yves Chevalier.

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