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[Viva Tech] Comment les algorithmes de la start-up eOdyn mesurent les courants marins avec une précision inédite

Vidéo Les algorithmes de machine learning de la start-up brestoise eOdyn permettent de mesurer les courants marins de surface en temps réel, grâce aux données des boîtes noires des navires. Un principe simple, présenté à l’occasion du salon Viva Technology entre le 16 et le 18 mai 2019, qu’elle est pourtant la première dans le monde à avoir mis en pratique.

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Comment les algorithmes de la start-up eOdyn mesurent les courants marins avec une précision inédite
[Viva Tech] Comment les algorithmes de la start-up eOdyn mesurent les courants marins avec une précision inédite © eOdyn

"C’est une technologie de rupture dans l’analyse des courants marins." Grâce au Big Data, le président-fondateur d’eOdyn, Yann Guichoux, a réussi à mesurer les courants marins de surface en temps réel et de façon bien plus précise que ses concurrents… pourtant contrôlés par des organismes étatiques tels que la Nasa ! A l’occasion du salon Viva Technology, qui s’est tenu à Paris du 16 au 18 mai 2019, la start-up brestoise a présenté ses cartes ainsi que ses derniers développements.

 

Des cartes 50 fois plus précises

C’est grâce à son parcours professionnel dans le domaine de l’océanographie opérationnelle puis au ministère de l’Ecologie que Yann Guichoux a eu l’idée de "combiner ses expériences pour lever les verrous" en matière de cartographie des courants marins. "J’ai pensé que les données AIS [les boîtes noires présentes sur les navires de transport de marchandises ou de personnes, N.D.L.R.] pourraient concentrer toutes les informations nécessaire à cette mesure", explique-t-il à L’Usine Digitale.

 

A la suite de la création d’eOdyn en décembre 2015, l’entrepreneur a mis au point un algorithme de machine learning capable d’analyser le trafic maritime... et d’en déduire l’intensité des courants. "Les données AIS enregistrent le niveau de force avec laquelle l’eau s’abat contre la coque d’un navire. Traduit au niveau mondial, cela représente une source de données ahurissante", détaille Yann Guichoux. Concrètement, le logiciel élaboré par la jeune pousse recense quelque 100 000 points de mesure… quand la Nasa ne dispose par exemple que de sept satellites et autant de références altimétriques. "Cela constitue donc une certaine révolution dans le domaine, avec des cartes jusqu’à 50 fois plus précises qu’auparavant", se réjouit le fondateur d’eOdyn.

 

Des cas d'usage variés

Aujourd’hui, le service SeaWaze d’eOdyn – par analogie à l’application de navigation GPS – guide majoritairement des navires de commerce. "Une compagnie telle que la CMA CGM, qui fait partie de nos clients, consomme pour plus de six milliards d’euros de carburant à l’année. Notre solution permet aux navires d’optimiser leurs itinéraires… et de réaliser environ 5 % d’économies sur ce poste de dépenses", souligne Yann Guichoux.

 

 

L’offshore pétrolier représente un marché naissant. Contraints d’investir dans une grande quantité de capteurs pour sécuriser leurs plateformes en mer, les grands groupes se montrent intéressés par la cartographie en temps réel d’eOdyn pour limiter les risques. La compagnie pétrolière Total travaillerait à son implémentation pour la surveillance d’infrastructures au large de l’Afrique du Sud. A plus long-terme, la solution pourrait aussi trouver des applications militaires. "Elle permet de déterminer la densité d’eau. Or c’est ce critère qui influe sur les sonar des sous-marins", précise Yann Guichoux.

 

La jeune pousse bretonne a récemment intégré l’AI Factory de Microsoft. Dotée d’une antenne à Seattle, près du campus mondial du géant du numérique, eOdyn pourra régulièrement pitcher sa solution à d’autres grands acteurs du secteur. Avant de lancer la deuxième vague de son développement, "complémentaire" par rapport à son service SeaWaze : la mesure de l’intensité des vents. Un projet qui a été retenu dans le cadre d'un appel à projets du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, pour un lancement d’ici à deux ans.

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