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[Viva Tech] "Il est important pour Vinci Energies d'émerger comme un leader de l'innovation", Lydia Babaci-Victor, directrice du développement et de l’innovation

Entretien Pour la quatrième année, Vinci Energies était sur le salon Viva Technology, du 16 au 18 mai 2019. La filiale du groupe Vinci exposait sur son stand des solutions développées par des start-up. L'occasion pour Lydia Babaci-Victor, directrice du développement et de l'innovation chez Vinci Energies, d'expliquer à L'Usine Digitale sa présence sur ce salon et les relations qu'entretient Vinci Energies avec les start-up.
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Il est important pour Vinci Energies d'émerger comme un leader de l'innovation, Lydia Babaci-Victor directrice du développement et de l’innovation
Lydia Babaci-Victor, directrice du développement et de l'innovation chez Vinci Energies. © Vinci Energies

L'Usine Digitale - Pour la quatrième année Vinci Energies a un stand sur Viva Technology. Pourquoi cette présence ?

Lydia Babaci-Victor - Il est important pour Vinci Energies d'émerger comme un leader de l'innovation. L'innovation s'est accélérée à un rythme que nous n'avons jamais connu. Aujourd'hui, il y a des dizaines et des dizaines de technologies qui arrivent à maturité, de l'IoT à l'IA en passant par la reconnaissance vocale. Comment faire pour que ces innovations soient décodées, digérées, intégrées dans nos business ? Pour qu'elles puissent nous aider à mieux faire notre travail et que nous ne nous fassions pas disrupter par des compétiteurs ou des start-up ? Ou, si c'est le cas, que nous soyons en capacité de réagir ? C'est vraiment ça l'enjeu.

 

Ça va tellement vite qu'il ne faut plus penser être en capacité d'innover tout seul. Vinci Energies  veut démontrer que l'innovation ne peut pas se concevoir autrement qu'en écosystème. C'est extrêmement important d'être présent à un événement comme Viva Technology où il y a une convergence mondiale de l'ensemble de l'écosystème de l'innovation et du digital. Que ce soient les start-up, les grands groupes, les accélérateurs/incubateurs, les pays, les collectivités, les ETI… Tout le monde est là dans cet esprit de collaboration autour de ce que les start-up peuvent nous proposer.

 

Quel type de relations Vinci Energies entretient-il avec les start-up ?

L.B-V - Les start-up sont des unités extrêmement agiles qui ne sont pas passées par toutes les phases de développement des grands groupes. Il est important de créer des ponts avec ces jeunes pousses pour lesquelles se développer dans un monde très structuré et établi, qu'est celui des grandes entités, est compliqué. Les start-up nous apportent une brique de solution et Vinci Energies apporte la capacité à tester de façon industrielle cette solution. Il faut donc qu'il y ait une certaine éthique de fonctionnement entre les grands groupes et les start-up. Les deux grands maux qui guettent les grands groupes sont de faire une usine à POC (Proof of concept, ndlr) et un zoo de start-up, c'est-à-dire de multiplier les POC sans faire d'offres et d'afficher le fait de travailler avec une start-up ou d'investir dedans sans qu'il ne se passe quelque chose derrière.

 

Tous les challenges que nous lançons à Viva Technology sont portés par un client. Nous travaillons en amont pendant six mois avec les collaborateurs internes et les clients pour déterminer quels seront les 9 challenges lancés aux start-up à travers le monde. Cela garantit à la start-up qu'il sera possible de travailler après Viva Technology sur sa proposition de valeur et de véritablement implémenter sa technologie chez le client ou de recevoir un investissement.

Ma crainte, ce n'est pas de ne pas pouvoir investir, mais plutôt de ne pas trouver de start-up dans lesquelles investir"

 

 

Vous parlez d'investissement, que pouvez-vous nous dire sur Inerbiz, le fonds d'investissement de Vinci Energies ?

L.B-V - Depuis la création du fonds Inerbiz en 2016, nous avons regardé 2 500 start-up, investit dans 10 et développé des partenariats privilégiés avec 200. Ma crainte, ce n'est pas de ne pas pouvoir investir mais plutôt de ne pas trouver de start-up dans lesquelles investir. La start-up doit avoir un mentor opérationnel, un directeur de Vinci Energies qui a décortiqué la solution et l'a essayée avec un client. La start-up doit aussi ajouter dans son business plan une ligne avec le chiffre d'affaires généré par Vinci Energies. Le mentor opérationnel s'engage à proposer cette solution à des clients et a déjà identifié des opportunités d'affaires.

 

Vous parlez d'une collaboration avec 200 start-up, qu'entendez-vous par là ?

L.B-V - Un partenariat commercial a été signé avec la start-up qui a soit un pilote soit une expérimentation avec Vinci Energies et un client. Si nous arrivons à faire évoluer la solution commerciale de la start-up, nous lui demandons de nous réserver l'exclusivité sur sa solution pendant quelques mois ou semaines car nous y avons mis de la valeur et nous l'avons aidée à grandir sur une thématique particulière. Par exemple, Sentryo, qui est une start-up spécialisée dans le domaine de la cybersécurité, a été présentée à une quarantaine de collaborateurs et clients et a signé une dizaine de projets.

 

Comment identifier les secteurs sur lesquels des solutions développées par des start-up pourraient vous aider ?

L.B-V - Il est extrêmement important de faire remonter du terrain, par les collaborateurs internes, les "irritants", ce sur quoi on but au quotidien afin d'améliorer nos processus de maintenance, nos processus de sécurité, la manière dont nos collaborateurs interviennent sur des sites industriels… Aujourd'hui, on va se concentrer sur des sujets que nous n'arrivions pas à traiter de façon efficace avec les technologies que nous avions à disposition jusqu'à présent.

 

Par exemple, l'inspection de pipelines ou de réseaux de refroidissement de central nucléaire, la détection de fuites d'eau sur des ouvrages, la détection de corrosion sur des pylônes électriques : cela nécessite de prendre des centaines de milliers de photos et ce sont des collaborateurs qui les traitent. Nous avons trouvé une start-up en capacité de créer des drones capables de faire le tour des pylônes de façon autonome sur des dizaines de kilomètres, de se recharger automatiquement et de repartir. Les drones envoient les photos et Vinci Energies a développé en interne, via son programme d'intrapreneuriat, une plate-forme d'intelligence artificielle permettant de traiter la détection de la corrosion.
 

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