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[Viva Tech] "Nous chercherons à être disrupteurs, sans sortir du cadre de l’éthique", Isabelle Vitali, directrice Innovation et Business Excellence (Sanofi)

Entretien Près de deux ans après l'ouverture à Gentilly (94) de son laboratoire d'innovation en e-santé, le 39 BIS, Sanofi a dévoilé de premières solutions imaginées, à la fois en interne et en partenariat. À l'occasion du salon Viva Technology, qui s'est tenu du 16 au 18 mai 2019, L'Usine Digitale revient longuement sur la stratégie numérique du groupe pharmaceutique avec sa directrice Innovation et Business Excellence en France, Isabelle Vitali.

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Nous chercherons à être disrupteurs, sans sortir du cadre de l’éthique, Isabelle Vitali, directrice Innovation et Business Excellence (Sanofi)
Sanofi a lancé un laboratoire d'innovation en e-santé à Gentilly, le 39 BIS, fin 2017. © Sanofi

L’Usine Digitale : Vous avez ouvert votre laboratoire d’innovation en e-santé, le 39 BIS, en décembre 2017 à Gentilly. Quel premier bilan tirez-vous de cette expérience avec vos partenaires ?

Isabelle Vitali : Ce nom n’a pas été choisi au hasard. Il s’agit de proposer chaque semaine un rendez-vous de 39 minutes pour sensibiliser nos équipes aux solutions de demain. Aujourd’hui, je pense que le dispositif remplit son double-rôle au sein du groupe. Inspirer, tout d’abord, donner à voir à nos collaborateurs des expérimentations dans le domaine du numérique ; et explorer de nouvelles façons de travailler et de s’organiser également, au travers de workshops en lien avec les professionnels de santé et les associations de patients.

Deux axes donc, qui permettent de déboucher sur des solutions innovantes dans un cadre éthique. Les Cahiers du 39 BIS, une publication que nous avons lancée, recensent ce que l’on a pu imaginer jusqu’à présent. Cela représente déjà une centaine de projets.

 

À ce sujet, quelles sont les solutions que vous avez développées ?

I. V. : Une vingtaine de pharmacies françaises testent actuellement notre plateforme Arbre Conseil. Cette dernière doit faciliter la vie des professionnels de santé, en permettant d’adapter les recommandations en fonction du parcours de chaque patient. Arbre Conseil a été élaborée grâce à des items spécifiquement choisis par les pharmaciens et les étudiants. Aujourd’hui, la plateforme est seulement utilisée pour le diabète. Mais son champ d’action pourrait rapidement s’étendre, notamment en ce qui concerne la gestion de la douleur.

 

Grâce à un algorithme, la plateforme Arbre Conseil permet aux professionnels de santé

d'obtenir des conseils sur mesure pour chaque patient diabétique.

 

Nous avons par ailleurs lancé un chatbot en partenariat avec Orange Healthcare. Alimenté par les médecins, il permet à des professionnels de santé non-spécialistes de retrouver diverses informations essentielles dans le cadre d’un traitement comme les posologies ou les interactions médicamenteuses. Son principal avantage : offrir une information fiable et validée par la communauté scientifique.

 

Notre programme UNIR repose aussi sur une approche collaborative. Avec l’aide de data scientists, nous cherchons à exploiter au mieux la base de données Orphanet consacrée aux maladies rares. Jusqu’à présent, nous avons fait émerger quatorze solutions. Pour en citer quelques-une : "Red Flag" permet de recenser les données de prescription de chaque patient pour avoir une meilleure vision de son parcours de soins. "Data rare" consiste en un travail rétrospectif sur la base de données médico-économiques, qui permettent d’aiguiller automatiquement un patient vers le bon professionnel. Enfin, "Semiotic" permet à un médecin généraliste de reconnaître les patterns d’une maladie rare.

 

Quels chantiers avez-vous engagés pour accélérer davantage cette transformation numérique ?

I. V. : Nous voulons surtout mettre l’accent sur la continuité de l’action menée aujourd’hui. Nous avons lancé les "Challenges Viva Tech" pour nouer de nouveaux liens avec l’écosystème de start-up, qui regorge d’idées innovantes. Cette année, celles que nous avons hébergées au cours du salon sont pour 60 % internationales et 40 % françaises, signe de l’attractivité de nos programmes, mais également de la vitalité du milieu de la e-santé dans le pays. Nous veillerons également à mettre l’éthique au centre de nos projets à l’avenir. Nous ne prenons pas à la légère la gestion de données aussi sensibles. C’est la raison pour laquelle nous monterons un conseil spécialisé, dédié à la e-santé.

 

Je suis par ailleurs ravie de pouvoir mettre en avant les expérimentations que nous menons en matière d’impression 3D des médicaments. Toujours au stade du R&D, cette technologie devrait permettre de calibrer au mieux les doses de principes actifs en fonction des besoins d’un patient. Elle pourrait également rendre envisageable l’hybridation de deux molécules, pour donner la possibilité aux individus poly-médiqués de ne prendre qu’un comprimé au lieu de plusieurs. De quoi ouvrir la voie à la personnalisation des traitements. Nous espérons pouvoir commencer à déployer ces imprimantes d’un nouveau genre d’ici à cinq ans, en complément des solutions qui existent déjà et qui nous donnent toujours satisfaction. Enfin, plus globalement, la transformation numérique ne vaudra rien si elle ne s’accompagne pas d’un changement de business model. C’est là sa finalité : nous chercherons donc à être disrupteurs, sans sortir du cadre de l’éthique et en restant centrés sur nos clients.

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