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Voici les raisons pour lesquelles Google Stadia ne séduit pas les studios de jeux vidéo

Vu ailleurs Alors que Google Stadia peine à trouver son public depuis son lancement en novembre 2019, les éditeurs et développeurs de jeux vidéo se montrent toujours frileux à l’idée d’investir la plate-forme de cloud gaming. En cause, selon eux : la faible rémunération proposée par la firme de Mountain View, et de manière générale son incapacité à pérenniser ses projets.
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Voici les raisons pour lesquelles Google Stadia ne séduit pas les studios de jeux vidéo
Voici les raisons pour lesquelles Google Stadia ne séduit pas les studios de jeux vidéo © Google

Son lancement a beau faire suite à des années de développement, Google Stadia rencontre bien des difficultés depuis novembre dernier. Le service de cloud gaming promettait une révolution dans les usages : plus besoin de console ou d'ordinateur puissant. Les jeux achetés sur la plate-forme Stadia sont accessibles depuis une multitude d'appareils (smartphones, tablettes, Chromebooks), et sont streamés directement, sans avoir à être téléchargés.

 

Mais le service souffre de la pauvreté de son catalogue, et d'un business model peu avantageux pour les joueurs, qui leur demande d'acheter les jeux sur cette nouvelle plate-forme tout en payant un abonnement... en sachant qu'ils perdront l'accès aux jeux s'ils se désabonnent. Suite à une enquête approfondie, Business Insider met en exergue les raisons de ce nombre réduit de jeux, qui tient en partie aux doutes des studios quant à la pérennité du service.

 

GOOGLE EST PEU ENCLIN à PAYER les développeurs

Peu fourni, le catalogue de Stadia reste l'un de ses points faibles. Seuls 28 titres sont aujourd’hui disponibles sur le service. La firme de Mountain View se veut rassurante et indique que 120 jeux vidéo supplémentaires vont être progressivement ajoutés à sa plate-forme d’ici à la fin de l’année 2020, parmi lesquels figurent des blockbusters comme "Doom Eternal" et "Cyberpunk 2077".

 

Mais, comme le rappelle Business Insider, c’est aussi la richesse en titres produits par des studios indépendants qui alimente la croissance du marché. Un phénomène qui a contribué au succès de la dernière génération de consoles (PlayStation 4, Xbox One et Nintendo Switch). Or l'un des éléments mis en avant par les développeurs est l'avarice de Google. L'entreprise n'aurait que peu, voire pas, de budget à consacrer aux développeurs pour les inciter à adapter leurs jeux à sa plate-forme.

 

Or Stadia, un service qui débute tout juste et n'a pas de base utilisateurs établie, n'est pas assez attractif pour que la firme de Mountain View se passe d’incitations financières à l’égard des studios. "Certains services présentent un intérêt car ils réunissent une audience intéressante. Steam ou la Nintendo Switch, par exemple, sont utilisés par un très grand nombre de personnes. C’est la raison pour laquelle nous voulons en être", a expliqué un développeur. Comme le portage d'un jeu sur une nouvelle plate-forme prend du temps et coûte de l'argent, le faire pour ne vendre qu'un nombre insignifiant de jeux n'a aucun sens et peut même dans certains cas provoquer la mort d'un petit studio.

 

LES DéVELOPPEURS REDOUTENT L’INCONSISTANCE DE GOOGLE

Plus inquiétant encore pour Google : l’industrie du jeu vidéo est frileuse à l’idée de s’engager car elle redoute que sa plate-forme de cloud gaming ne soit qu’une lubie. "Impossible de savoir s’il travaillera encore sur Stadia dans un an. Cela ne serait pas étonnant [qu’il l’abandonne], au vu de son historique", soulèvent d’une seule voix les professionnels interrogés par Business Insider. Google est en effet connu pour sa propension à mettre un terme brutalement à des projets, même après avoir assuré clients et développeurs qu'il s'y tiendrait à long terme.

 

C’est donc à la fois le manque de moyens et l'incapacité de la firme américaine à mener des projets pérennes qui expliqueraient le démarrage difficile de Stadia. Du côté de Google, on ne se montre pas inquiet. "Les éditeurs avec qui nous échangeons régulièrement veulent que Stadia réussisse. Il convient, par ailleurs, de noter que tous les développeurs n’ont pas encore annoncé leurs jeux [pour la plate-forme]. Cela viendra en temps voulu", explique Patrick Seybold, chargé de relations presse chez Google, qui assure que la firme travaille avec les mastodontes du secteur que sont EA, Bethesda, Ubisoft, 2K Games et Rockstar Games.

 

Stadia avait été annoncé en grandes pompes à l’occasion du Game Developers Conference (GDC) de San Francisco début 2019. L’édition 2020, qui devait se tenir ce mois-ci, vient d’être reportée du fait des craintes quant à l’épidémie de coronavirus

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