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Voyages-SNCF.com, premier e-commerçant français, devient OUI.sncf : les coulisses de la bascule

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Après les offres Ouigo et inOUI, c'est au tour de Voyages-sncf.com de changer de nom. Le site de réservation de voyages en ligne, qui compte 14 millions de visiteurs uniques par mois, s'appelle désormais OUI.sncf. Au total, les équipes de la filiale de la SNCF ont dû migrer 500 000 pages. Les détails de cette délicate opération.

Voyages-SNCF.com, premier e-commerçant français, devient OUI.sncf : les coulisses de la bascule
Voyages-SNCF.com, premier e-commerçant français, devient OUI.sncf : les coulisses de la bascule © Benoit Florencon

Depuis ce mercredi 6 décembre , le site Voyages-SNCF.com s'appelle OUI.sncf. Et, alors que la SNCF a essuyé un nouveau couac dimanche dernier, avec l'immobilisation pendant plusieurs heures de la gare Montparnasse, le changement de nom de son agence de voyage, 17 ans après sa création, s'est fait sans encombre. Un exploit technique salué à plusieurs reprises par Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, lors d'une conférence de presse. "Le basculement s'est fait sans interruption de service. Le taux de disponibilité du site est de 99,97%. Cela veut dire qu'il y a moins de 30 secondes d'indisponibilité par jour", s'est-il félicité.

 

500 000 pages migrées

 

Séduire 15 millions de voyageurs supplémentaires avec de nouveaux services

"OUI.sncf est le troisième acte de notre OUI stratégie", a exposé Rachel Picard, directrice générale de Voyages SNCF. Le premier acte a été lancé en 2016 avec l'offensive Ouigo (objectif 25% du trafic). Le second a été donné en 2017 avec le repositionnement de l'offre TGV avec InOUI. "Et OUI.sncf c'est la porte d'entrée à tous ces nouveaux services", explique Rachel Picard.
"Avec OUI.sncf, on ouvre un programmation d'innovation", a ajouté Julien Nicolas. Ce programme consiste à simplifier le parcours du client, lui proposer des offres plus pertinentes grâce à de la personnalisation et lui donner plus "envie". Cela se traduit par le lancement de nouveaux produits, avec notamment une alerte petits prix, un chatbot, mais aussi une application sur Google Home et Google Assistant. (Lire notre article : Voyages-sncf.com veut se faire une place dans l'ère du commerce conversationnel). Au menu également un portail pour découvrir des centres intérêt en régions et un service client disponible 7j/7 et 24h/24. Grâce à ces nouvelles offres, la SNCF veut séduire 15 millions de voyageurs supplémentaires pour atteindre les 115 millions à l'horizon 2020.

 

Le site de réservation de voyages est le premier site marchand français (mais pas le premier site marchand de France, il s'agit d'Amazon). 14 millions de visiteurs uniques s'y connectent chaque mois. Lors des pics d'activité, 40 billets sont vendus chaque seconde. En 2016, l'e-commerçant a enregistré un volume d'affaires de plus 4 milliards d'euros et il prévoit une croissance à deux chiffres sur l'exercice 2017.

 

La bascule s'est faite dans la nuit du 5 au 6 décembre 2017 entre 3 et 4 heures du matin. "Au total, c'est plus de 500 000 pages qui ont été migrées, dont 20 000 qui changent en profondeur", a précisé Rachel Picard, directrice générale de Voyages SNCF. Depuis huit mois, 1200 collaborateurs de la filiale du groupe ferroviaire travaillent sur ce projet. Combien cette bascule a coûté à la SNCF ? Nous n'obtiendrons pas de réponses chiffrées. Guillaume Pepy précise, en revanche, qu'aucune ressource ou moyen supplémentaire n'a été affecté. "Nous avons réalloué les moyens et décidé d'arrêter certains développements pour pouvoir faire cette bascule. Nous avons aussi cessé une campagne publicitaire programmée pour pouvoir lancer OUI", précise-t-il.

 

Deux productions en parallèle

Cette nuit, plus d'une centaine de personnes étaient mobilisées pour effectuer la bascule du site. "Nous nous sommes organisés techniquement pour avoir des sites de back-up et des localisations différentes en France", explique Julien Nicolas, directeur France de OUI.sncf. Dans les détails, les équipes ont monté deux productions en parallèle. Habituellement, Voyages-SNCF.com s'appuie sur deux data centers. L'un est situé à Lille, l'autre à Saint-Denis. En temps normal, le trafic du site Voyages-sncf.com est tout le temps partagé sur ces deux data centers et en cas de problème sur l'un des deux centres de données, la totalité du trafic est rebasculée sur le second.

 

Dans la nuit du 5 au 6 décembre, pendant que la migration se faisait sur une première version de Voyages.sncf.com, l'autre est restée intacte. Dans un second temps seulement la migration a été effectuée sur l'autre version. "Nous avons eu en permanence deux productions qui tournaient de manière à être totalement sécurisés", résume Benoît Bouffart, directeur innovation de Voyages-sncf.com.

 

Le casse Tête du référencement

Outre le risque d'indisponibilité, l'autre grand enjeu de cette migration concernait le référencement. "Nous avons réalisé un travail titanesque sur le SEO. Nous avons mis en œuvre toute notre expertise sur ce domaine pour remonter de façon très vite sur tous les moteurs de recherche. D'ici quelques jours, nous aurons retrouvé la position que nous avons classiquement", a assuré Julien Nicolas. "Le risque, c'était que nos pages ne soient pas bien maillées entre elles. Si un lien ne fonctionne pas, on est pénalisé et on perd en puissance d'indexation", explique Benoît Bouffart.

 

En dehors des logiques de référencement, les internautes qui souhaitent accéder à OUI.sncf en tapant directement la nouvelle URL devront bien prendre garde à ne pas indiquer OUI.com. "C'est un site d'habillement allemand que nous avons décidé de ne pas racheter car cela nous aurait coûté trop cher", a reconnu Rachel Picard.

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