Wandercraft lève 15 millions d'euros pour réinventer le fauteuil roulant avec son exosquelette

La start-up parisienne s'est spécialisée dans la robotique dynamique pour permettre aux personnes en fauteuil roulant de remarcher à l'aide d'un exosquelette motorisé, sans avoir recours à des béquilles. Elle lève 15 millions d'euros pour financer la certification de son dispositif et souhaite le commercialiser auprès des centres de soin en Europe, aux Etats-Unis et en Asie.

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Wandercraft lève 15 millions d'euros pour réinventer le fauteuil roulant avec son exosquelette

En 2013, Wandercraft avait séduit en quelques heures Xavier Niel, puis Marc Simoncini à l'occasion d'une levée de fonds de 600 000 euros. Après quatre discrètes années de développement, malgré une autre levée de 4 millions d'euros, la start-up boucle un nouveau tour de table au montant bien plus significatif. Les cinq fonds XAnge, Idinvest, Cemag Invest, Bpifrance et LBO France injectent 15 millions d'euros dans la jeune pousse pour l'aider à commercialiser un exosquelette de jambe pour les patients en fauteuil roulant.

Fondée par Nicolas Simon, Alexandre Boulanger et Matthieu Masselin (tous issus de la même promotion de l'Ecole polytechnique) Wandercraft travaille depuis 2012 à l'élaboration d'un exosquelette de jambes motorisé bien spécifique puisqu'il ne nécessite pas l'utilisation complémentaire de béquilles. A première vue le défi peut apparaître relativement simple mais il relève en fait d'une discipline particulièrement complexe : la robotique dynamique. Celle que Google tentait d'apprivoiser avec l'entreprise Boston Dynamics et ses robots bipèdes et quadrupèdes, depuis rachetée par le géant japonais Softbank.

De la techno à la science

L'enjeu consiste à mettre en déséquilibre permanent l'exosquelette (et celui qui le porte) et à récupérer ce déséquilibre par la dynamique des mouvements. "C'est très complexe. Cela nécessite de mettre en œuvre des mathématiques de haut niveau", explique Jean-Louis Constanza, en charge du développement de la start-up. Le dispositif robotique embarque 12 moteurs pour offrir 12 degrés de liberté et, à chaque seconde, 30 000 informations sont traitées par les différents calculateurs dans lesquels tournent, entre autres, des algorithmes issus de l'aéronautique et du spatial. "On a dû pousser les frontières de la technologie et avoir un pied dans la science", commente Jean-Louis Constanza. Wandercraft a ainsi collaboré avec les équipes du centre de robotique des Mines ParisTech, du Laas-CNRS à Toulouse et de l'université du Michigan.

Une certification européenne d'ici un an

Ce tour de table doit permettre de financer les essais cliniques afin d'obtenir la certification européenne du dispositif d'ici un an. La start-up, qui compte une trentaine de collaborateurs, prévoit dans un premier temps de commercialiser l'exosquelette auprès des centres de soin en Europe, aux Etats-Unis et en Asie. Malgré le concentré de technologies, le prix de l'exosquelette, qui n'a pas été dévoilé, devrait s'aligner sur celui des équipements traditionnels avec lesquels travaillent les kinésithérapeutes en centre.

A plus long terme, l'idée est de développer une version personnelle de l'exosquelette. "Dans un centre de soin, c'est tout à fait acceptable de tenir l'exosquelette par le haut. Si vous tombez ce n'est pas grave. Dans la version personnelle, il faut une sécurité totale", explique-t-il. La version commercialisée auprès des particuliers devra donc embarquer des capteurs de vision, mais aussi permettre à son utilisateur de s'asseoir dans un siège de voiture par exemple.

Le numérique pour reinventer le fauteuil roulant

A qui exactement est destiné cet exosquelette ? Prudent, Jean-Louis Constanza explique : "Nous faisons l'hypothèse que l'on pourra aider au traitement d'un certain nombre de pathologies, comme les paraplégies basses, certaines hémiplégies, mais aussi les personnes atteintes d'un disfonctionnement des membres inférieurs plus ou moins avancé après un AVC, certaines pathologies d'origine génétique et d'autres maladies neurologiques".

Interrogé sur la volonté de viser d'autres marchés que celui de la santé, Jean-Louis Constanza est catégorique. "Nous ne l'envisageons pas du tout. Nous sommes tous animés par une cause : celle d'aider les gens qui sont en fauteuil roulant. Nous sommes venus là pour ça". En moyenne, en France, les personnes en fauteuil roulant seraient trois fois plus touchées par le chômage et auraient trois fois moins accès aux études supérieures.

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