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#WeAreTwitter, et si les Twittos rachetaient Twitter ?

mis à jour le 27 octobre 2016 à 18H05
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Et si Twitter devenait une coopérative de Twittos ? C’est l’idée venue de plusieurs adeptes du Californien qui refusent de  voir le réseau social mourir ou finir entre les mains d’un géant qui en détournerait l’usage.

#WeAreTwitter, et si les Twittos rachetaient Twitter ?
#WeAreTwitter, et si les Twittos rachetaient Twitter ? © We Are Twitter

Pas assez rentable. Incapable de faire gonfler suffisamment sa base d’utilisateurs. Même pas assez bon pour intéresser Alphabet, Salesforce ou Disney, qui ont finalement renoncé à l’acheter. Telle est l’image désormais renvoyée par Twitter à la face du monde. Pourtant, le petit oiseau bleu n’est pas encore cuit. Il lui reste des forces qu’on ne peut lui dénier, dont sa notoriété et des utilisateurs pour qui le service est devenu indispensable. Et ce sont ses Twittos qui le défendent. Au point pour certains de vouloir le remplumer, tout simplement en le rachetant ! C’est ce qu’a par exemple proposé le chercheur et reporter Nathan Schneider dans un billet du 29 septembre 2016 publié dans le Guardian. Depuis, l’idée fait son chemin…  sur Twitter, bien sûr, sous une bannière en forme de hashtag, #WeAreTwitter.

 

Une courte vidéo décrit cette reprise éventuelle de Twitter en copropriété, par ceux de ses membres qui le souhaiteraient. Elle évoque un "marché équitable" ("fair deal", en anglais) qui permettrait à la fois de rémunérer les créateurs, de donner du pouvoir aux utilisateurs et de permettre à la plate-forme d’innover à travers la copropriété.

 


#WeAreTwitter from Tristan Copley Smith on Vimeo.

 

 

Coopérativisme de plate-forme

Un premier pas vers un business model que le Californien cherche désespérément depuis sa création. Mais aussi une possibilité de faire correspondre le service avec les besoins de ses utilisateurs, pour Nathan Schneider. Il évoque par exemple une "réelle modération des menaces et autres messages de haine". Invoquant le concept de "coopérativisme de plate-forme", Nathan Schneider imagine plusieurs modèles. Le crowdfunding, par exemple, mais aussi l’idée du blogger Tom McDonough. Celui-ci propose de demander à 1% des Twittos (plus de 3,5 millions de personnes…) d’investir pour 2300 dollars de parts dans l’entreprise et de faire ainsi basculer la société par leur vote vers une structure de coopérative.

 

Un accélérateur d’informations intéressantes

L’idée de Nathan Schneider a fait son chemin, rencontrant celles similaires d’autres aventuriers de la twittosphère. En France, dès le 23 septembre 2016, Jérôme Wallut, associé du cabinet de conseil en transformation numérique ICP partageait son inquiétude en 140 signes.

 

 


"Twitter est un accélérateur de l’information, pas un réseau social, précise-t-il. C’est un outil essentiel pour des gens qui ont des conversations intéressantes, qui passent leur temps à s’étonner de sujets qui les concernent et les partagent avec d’autres. En faisant l’effort de les enrichir, avec des hashtags. C’est ce que l’on voit de plus proche de ce que devrait être Internet !" La vidéo de #WeAreTwitter interpelait le Californien (avant les refus d’acquisitions) d’un "celui qui te rachète est un peu celui qui nous rachète". Autant de façons d’exprimer le fait que la valeur de Twitter est bel et bien dans ses abonnés et leur capacité à l’alimenter.

 

Malgré les trolls et les célébrités

Jérôme Wallut admet qu’il n’existe pas de chiffres pour estimer le poids de ces twittos d’un genre particulier. Twitter est aussi devenu la vitrine préférée de célébrités, réelles ou made in Twitter, dont l’intérêt se mesure à leur nombre d’abonnés. Sans oublier, le talon d’Achille du Californien : les trolls !

 

Raconter des choses qui méritent d’être partagées

Pour Jérôme Wallut, la mécanique de Twitter est celle de la communauté. Celle qui a particulièrement bien fonctionné avec les forums et a fait du petit oiseau bleu un media avec la massification des réseaux sociaux. Mais aujourd’hui, il s’épuiserait à courir après la loi qui veut que l’on valorise ce type de service par le carré du nombre de ses membres. "Il y a désormais un autre modèle possible, explique-t-il. Twitter est devenu indispensable comme l’air et l’eau. Et nous sommes prêts à payer pour en disposer. Twitter devrait devenir accélérateur de conversations intéressantes." Et d’évoquer la réponse à la question "Mais comment fait-on pour obtenir l’engagement de ses lecteurs" posée à l'écrivain et entrepreneur américain Seth Godin : "il faut leur raconter des choses qui méritent d’être partagées."

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