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Wish en passe de lever 1,1 milliard de dollars lors de son entrée en bourse

Vu ailleurs Pas encore rentable mais bénéficiant clairement de l’effet Covid-19 qui a dopé les ventes en lignes dans le monde entier, la société californienne Wish est en passe de réaliser son IPO à Wall Street.
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Wish en passe de lever 1,1 milliard de dollars lors de son entrée en bourse
Wish en passe de lever 1,1 milliard de dollars lors de son entrée en bourse © Wish

Le site e-commerce Wish est en passe de réussir son introduction en bourse, selon une dépêche Reuters datée du 15 décembre. La société californienne, qui avait déposé en novembre son dossier auprès de l'autorité américaine des marchés financiers (SEC), vise une levée de fonds jusqu'à 1,1 milliard de dollars, ce qui lui donnerait une valorisation de 17 milliards de dollars, ajoute Bloomberg. Son arrivée à Wall Street lui fait atteindre une capitalisation boursière de 14,1 milliards de dollars pour le moment. 

Avant ce tour de financement, la société était valorisée à 11,2 milliards de dollars grâce à un dernier tour de table mené par General Atlantic en 2019, d’un montant de 300 millions de dollars. La société a levé un total de 2,1 milliards de dollars de fonds privés depuis sa fondation en 2010, selon Crunchbase.

Un flux de produits personnalisé
Fondée en 2010 par Piotr Szulczewski (ex-Google), James Prendergast et Danny Zhang Wish, Wish est basée à San Francisco. Officiellement enregistrée sous le nom de ContextLogic, l’entreprise s’est spécialisée sur la vente en ligne de produits bon marché, dont la grande majorité est produite en Chine.

La plateforme a été créée pour faciliter les transactions entre vendeurs et acheteurs. Selon la demande officielle d’introduction en bourse, Peter Szulczewski, qui conserve la majorité des titres et droits de vote, a expliqué avoir eu l’idée de créer une plateforme pour "aider les personnes défavorisées, négligées par les offres de commerce électronique existantes". L’application repose sur un algorithme d'apprentissage automatique développé par cet ingénieur de formation, qui cible les consommateurs à faibles revenus en leur adressant un flux de produits personnalisé. Autrement dit, Wish a un fonctionnement à contre-courant des sites e-commerce traditionnels qui proposent leurs produits via des moteurs de recherche.

Pour la DGCCRF, des pratiques commerciales trompeuses
Le succès de Wish est indéniable. L’application revendique 100 millions d'utilisateurs et plus de 500 000 vendeurs. Toujours selon l’entreprise, elle aurait vendu 640 millions d'objets entre septembre 2019 et septembre 2020, dans plus de 100 pays, soit environ 2 millions de produits par jour.

Côté business, la société a révélé avoir dégagé un chiffre d'affaires de 1,75 milliard de dollars sur les neuf premiers mois de l'année 2020 (+32% à période comparable), ce qui semble souligner qu’elle a profité pleinement d’un effet Covid-19. De façon assez paradoxale, la hausse des revenus, de 57% en 2018, a été seulement de 10% en 2019. Ses pertes sont aussi très conséquentes : 176 millions de dollars sur les neuf premiers mois de l'année, contre 5 millions sur la même période en 2019.

Autre point noir pour la plateforme e-commerce : elle est régulièrement dénoncée pour le manque de qualité de ses produits. En France, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a récemment publié un rapport mettant en évidence "des agissements s’apparentant à des pratiques commerciales trompeuses". Les services de Bercy accusent Wish d’afficher des réductions de prix "dénuées de toute réalité économique" sur des produits s’apparentant à des références et marques connues des consommateurs mais qui seraient en réalité des contrefaçons.

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