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Wistiki rêve de Californie et emmène Philippe Starck dans ses bagages

Wistiki c'est d'abord une histoire de famille. Fondée par trois frères étourdis, elle propose des objets connectés pour retrouver facilement tout ce qui peut se perdre. Nouvelle étape de sa croissance : le designer Philippe Starck a dessiné quatre objets que l'entreprise va commercialiser, en restant fidèle à son modèle : financement collaboratif,  approche d'industriel et  produits haut de gamme.
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Wistiki rêve de Californie et emmène Philippe Starck dans ses bagages
Wistiki rêve de Californie et emmène Philippe Starck dans ses bagages
Joli coup pour Wistiki, une start-up française qui présente plusieurs singularités, comme, par exemple, d'être l'œuvre de trois frères. début 2014, Bruno, Hugo et Théo Lussato avaient lancé une sorte de gadget connecté qui peut se fixer à n'importe quel objet. Pourvu qu'on ait téléchargé l'appli correspondant sur son téléphone portable et il devient facile de retrouver les objets égarés munis du "gadget". De quoi changer la vie de tous les étourdis.
 
Nouvelle étape pour la fratrie : ils viennent d'annoncer la création d'une gamme d'objets signés par le designer star Philippe Starck. Un lancement opéré en grande pompe depuis la Californie, là d'où tout est censé venir.  
 
 
Trois frères et une idée 
Mais revenons du côté du 9e arrondissement, là où tout a commencé. C’est parce qu’ils sont tête en l’air que le trio a créé Wistiki. "On avait toujours l’idée de monter ensemble une entreprise. Pourquoi nous nous sommes plus accrochés à cette idée qu’à celles qu’on a eues avant, je ne saurais pas vous dire", témoigne Bruno, l’aîné. Par chance, si les deux premiers sont diplômés de l’Edhec, le plus jeune l’est de Centrale Lyon. De quoi développer, en s’appuyant sur la technologie Bluetooth 4.1, la solution idione. 
 

Pour amorcer leur activité, ils ont fait appel à mymajorcompany, la plateforme de crowdunfing, où ils ont levé 80 000 euros, un record pour ce site. De quoi financer l’amélioration du prototype, réaliser une étude de marché et même de trouver les premiers clients. Un modèle qu'ils entendent conserver pour l'avenir, puisque les nouveaux objets désignés par Starck et qui seront commercialisés à partir de mars 2016 peuvent être d'ores et déjà vus et précommandés sur le site Indiegogo. Les objets en questions sont un doudou pour enfant, un porte-clés, un médaillon pour animaux domestiques et une fausse carte à glisser dans son portefeuille. 
 
 
Une start up qui revendique son statut d'industriel 
Autre constante de leur approche : des choix de production très engagés, car les frères Lussato se considèrent comme des industriels. Pour leur premier objet, ils avaient fait le choix de produire en France. "Le made in France est compétitif", explique Bruno Lussato. Leur produit sort de lignes et d'outillages de sous-traitants situés à Bayonne, en Vendée et en région parisienne. Non pas qu’ils soient fans d’Arnaud Montebourg, "on cherchait les meilleurs, ils étaient en France", poursuit l'aîné. Pour réussir à offrir un produit commercialisable, ils ont travaillé avec la société BMS Circuits.
 
La société créée fin 2013 a sorti son premier produit en septembre 2014. Ce n’est qu’un début, car persuadé que l’étourderie n’est pas une spécificité française, les frères Lussato voudraient maintenant conquérir les marchés du Royaume-Uni, d’Allemagne, d’Espagne et du Benelux. Autre axe stratégique : déployer leur R et D pour conserver ce qu’ils considèrent comme une avance.
 
 
Le choix pour le haut de gamme, une décision réaffirmée 
Pour leur nouvelle gamme, ils ont choisi de faire appel au designer bien connu, mais aussi de travailler sur des produits haut de gamme, avec des matériaux de qualité. Bruno Lussato n'hésite pas à parler de ligne de bijoux connectés pour les décrire. C'est aussi un moyen de se différencier de ses concurrents qui font fabriquer en masse dans des pays à bas coût. Car, études de commerce de obligent, avant de se lancer, ils ont fait faire une étude de marché dont les résultats sont sans équivoque : il y a une demande pour des objets de qualité sur ce type d'objets qu'on pourrait croire destiné aux fabricants low cost de la lointaine Asie.  
 
Pour l'heure, ils ont réussi leur pari, puisque l'entreprise compte aujourd'hui 25 collaborateurs et continue de recruter. Après avoir été hébergé par un cabinet de conseil à Neuilly dans le cadre du programme Neuilly nouveaux médias. la société devrait prochainement déménager pour voler de ses propres ailes. Connectés, les fondateurs ne devraient pas perdre la tête, grisés par le succès. 

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