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Withings : Le porte-drapeau des objets connectés Made in France n'est plus français

Edito Le groupe finlandais Nokia a racheté pour 170 millions Withings... triste destin pour une entreprise qui, par la voix de son fondateur Eric Carreel, s'était affirmée comme le capitaine de l'équipe de France des objets connectés et le défenseur du retour au Made in France.

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Withings : Le porte-drapeau des objets connectés Made in France n'est plus français
Withings : Le porte-drapeau des objets connectés Made in France n'est plus français © Zigazou - Flickr - C.C.

Montebourg doit bouillir. Déjà le mois dernier, le passage de Captain Train  sous pavillon anglais était regrettable. Le rachat par Nokia du champion français Withings l'est encore davantage. Car si le montant est moindre (170 millions d'euros pour Withings quand Captain Train a été racheté 200 millions), le symbole est tout autre.

 

La France n'a de cesse de se présenter comme un champion mondial des objets connectés. La French Tech a grandi sur cette ambition et quand des centaines de start-up tricolores arrivent tel un seul homme (un seul homme très bruyant) au CES de Las Vegas, c'est un peu dans les pas de Withings qu'elles marchent.

 

Monsieur objets connectés

Car avec sa balance connectée lancée en 2009 en France puis très vite en Europe et aux États-Unis, la petite entreprise d'Issy-Les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) s'est imposée comme pionnière sur le marché si prometteur des objets connectés. Et si elle n'a jamais accepté de communiquer sur ses chiffres de vente ou sa santé financière, la sortie récurrente de nouveaux produits au design léché associée à une communication très maitrisée en ont fait un modèle de success story à la française qu'aiment à raconter les médias américains.

 

En tant que président et fondateur de cette vitrine anti french bashing, Eric Carreel n'a cessé de jouer la carte du Made in France. A tel point que lorsqu'Arnaud Montebourg avait présenté ses 34 plans redonner de la compétitivité à la France en septembre 2013, c'est lui qu'il avait choisi pour prendre la tête de celui dédié Objets connectés. Quand Emmanuel Macron a réduit ces 34 plans à "10 solutions pour une Nouvelle France industrielle", les objets connectés (renommés objets intelligents) étaient toujours là.

 

La mission qui lui était ainsi mise entre ses mains officialisait son titre de capitaine de l'équipe de France des objets connectés et de porte-voix. Eric Carreel a d'ailleurs pris a bras le corps ce combat lors des trois dernières années. Dans une tribune publiée sur notre site en février 2014, le serial entrepreneur exprimait son désaccord avec Rafi Haladjian (autre serial entrepreneur, à la tête de Sen.se), en assurant que "la filière des objets connectés française ne pourra continuer à innover et à garder une bonne structure de marge qu'à la condition de savoir recréer localement un tissu d'entreprises innovantes". Il portait encore bien haut cet étendard à l'ouverture, en juin 2015, de la Cité de l'objet connecté à Angers, un lieu qu'il a grandement contribué à créer et qui doit faire émerger des produits made in France expliquait-il pour son inauguration.

 

Un mal français

Un patriotisme qui n'a pas tenu face au gros chèque agité par Nokia. Cette décision - qui n'a pas manqué d'étonner les équipes en interne nous a-t-on soufflé – est une preuve supplémentaire et ô combien symbolique que l'économie française ne sait pas faire de ses pépites des champions internationaux. Que pour devenir globaux dans une économie globale, il faut qu'ils se fassent avaler. Et ce sera sans doute encore le cas tant que notre pays n'aura pas un écosystème de financement adapté et tant que le marché unique numérique européen, permettant un scale-up rapide à ces pépites, ne sera pas devenu une réalité...

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Adrien
29/04/2016 13h15 - Adrien

Je ne suis pas sûr de comprendre l'objet de l'article. Au contraire c'est une excellente nouvelle pour l'image France d'avoir des pépites rachetées par des grands groupes étrangers tels que Nokia. Cela ne signifie pas que leurs équipes vont déménager où qu'elles ne paieront plus de taxes en France mais qu'elles vont rayonner encore plus dans le monde entier. Qui est plus est toutes les startups n'ont pas vocation à devenir des géantes seules, leur croissance passe par des rachats, alliances, fusions...

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