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Women in Tech : recruter des développeuses est capital pour tendre à un équilibre et une mixité

La présence des femmes dans le milieu du développement et des nouvelles technologies est encore très faible à l’heure actuelle. Alors que la fondation Femmes@Numériques a été inaugurée mercredi 27 juin 2018 pour lutter contre la sous-représentation des femmes dans les secteurs numériques, l'Oracle Code organisait ce 2 juillet 2018 un débat sur la thématique "Women in Tech". Lonneke Dikmans, Annabelle Blangero, Salwa Toko, Francis Nappez et le Dr. Aurélie Jean, ont exposé leurs expériences et proposé des initiatives pour remédier à ce manque.  

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Women in Tech : recruter des développeuses est capital pour tendre à un équilibre et une mixité
Women in Tech : recruter des développeuses est capital pour tendre à un équilibre et une mixité © Twitter @Oracle_France

Ce n'est plus un scoop ! Les scientifiques et professionnels de la tech l'ont tous constaté : les femmes sont aujourd’hui sous-représentées dans le milieu de la Tech, avec seulement 16% des salariés. Ce chiffre est d’autant plus marquant puisque nous vivons à une époque où les hommes et les femmes peuvent effectuer les mêmes études, comme le souligne le Dr. Aurélie Jean, codeuse et fondatrice d'In Silico Veritas, lors de l atable ronde "Women in Tech" organisée le 2 juillet 2018 à l'occasion de l'événement Oracle Code. Tous s'accordent à dire que cette absence de diversité est qui plus est un vrai problème au regard de la nécessité d’une pluralité des visions pour bâtir la société de demain.

 

la "culture geek", l'une des causes au manque de femmes dans la Tech

Cette sous-représentation  s’explique par plusieurs facteurs et notamment celui de la "culture geek", comme l’expose Annabelle Blangero, senior consultante in Data Science chez Octo Technology. Ce phénomène a émergé dans les années 80 et a eu pour conséquence que les carrières d’ingénieurs ont été perçues comme étant des métiers d’hommes. Salwa Toko, fondatrice et présidente de BecomTech, mais aussi nouvelle présidente du CNNum (Conseil national du numérique) rejoint cet avis : "La culture geek est fun, marrante, mais elle est discriminante et quelque peu excluante", exprime-t-elle. Cette constatation est caractéristique des cultures occidentales, or les femmes ne parviennent et ne souhaitent pas être associées à cela.

 

"Le regard des hommes peut parfois être dérangeant et discriminant", Lonneke Dikmans

Lonneke Dikmans, Managing Partner chez eProssed Europse SA, a quant à elle témoigné de son expérience lors de ses études scientifiques. Depuis ses 12 ans, elle est passionnée de programmation et sa surprise a été immense lorsqu’elle s'est retrouvée seule femme entourée d’hommes pendant toutes ses études supérieures. Malgré les critiques de son entourage quant à son choix de filière - ses amies préférant des études sociales ou littéraires - elle est allée au bout de son envie et est parvenue à obtenir un poste de programmatrice informatique comme premier emploi. Elle reconnaît cependant que le faible pourcentage de femmes dans ce milieu l’a parfois mise mal à l’aise, le regard des hommes pouvant parfois être dérangeant et discriminant.

 

Un changement qui doit d’être appuyé par les managers

Le co-fondateur et directeur de la technologie chez Blablacar, Francis Nappez, encourage les femmes à s’orienter vers les métiers de la technologie et du développement Selon lui, une diversité des profils est indispensable dans la mesure où le produit élaboré par une société est le reflet des personnes qui l’ont construite et que ces dernières doivent, elles-mêmes, ressembler à celles qui vont l’utiliser. Mais, selon Francis Nappez, "ce changement se doit d’être appuyé par les managers, dont le rôle est de compenser ce manque de représentation féminine".

 

encourager les femmes à joindre leurs compétences à celles des hommes

Mais la situation est d’autant plus complexe que les femmes elles-mêmes n’aiment pas se mettre en avant sur ces sujets de développement et de technologie. Selon les intervenants, elles ne se sentiraient pas à leur place, d'où la nécessité de travailler différemment pour qu’elles acceptent de joindre leurs compétences à celles des hommes et ainsi co-créer le monde de demain. "A l’heure actuelle, même si on a la volonté d’employer des femmes, trop peu sont diplômées d’écoles d’ingénieur", souligne Annabelle Blangero. Il faut donc changer l’image de cette profession pour encourager les jeunes femmes françaises à entreprendre des études scientifiques et technologiques. Pour ce faire, Octo Technology a par exemple organisé des sessions de découverte dans les collèges afin d’attirer les adolescentes dans cette voie.

 

Avec BecomTech, les jeunes filles peuvent apprendre à coder dès 12 ans

Salwa Toko a quant à elle pris l’initiative de créer BecomTech, une association nationale qui œuvre pour la parité dans le numérique et l’informatique. Son objectif est de donner envie aux filles d’apprendre à coder dès leur plus jeune âge. Son projet a débuté en février 2014, alors qu’elle avait réussi à recruter 12 filles intéressées pour apprendre à coder pendant leurs temps libres. Cette expérience a été un franc succès et c’est suite à cela que Salwa Toko a décidé d’ouvrir son programme à l’échelle nationale. Elle souligne "l’importance capitale d’aider les femmes à pénétrer ce marché", afin d’apporter une mixité représentative du monde d’aujourd’hui.

 

adapter le discours scientifique aux femmes

Corrélativement, le Dr. Aurélie Jean met l’accent sur l’importance d’adapter le discours scientifique au public féminin. Ces dernières étant davantage sensibles et intéressés par la finalité que la manière d’y arriver, elles parviendront davantage à témoigner de l’intérêt pour ce secteur. C’est ce qui est déjà pratiqué aux Etats-Unis, où on a pu remarquer une augmentation du nombre de jeunes filles en études scientifiques.

 


 

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