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Xbox One est-elle la dernière console signée Microsoft ?

Avec le lancement de sa console Xbox One, Microsoft joue son avenir dans les jeux vidéo. Le pari est loin d’être gagné. En cas d’échec commercial, le groupe pourrait être contraint à se retirer du marché.

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Xbox One est-elle la dernière console signée Microsoft ?
Xbox One est-elle la dernière console signée Microsoft ? © Microsoft

Un grand lancement, des gros enjeux. Une semaine après la commercialisation de la PS4 par Sony aux Etats-Unis, Microsoft introduit, au niveau mondial, sa console XBox One sur le marché. Ses ventes pèseront lourdement dans les décisions stratégiques que prendra celui qui succèdera à Steve Ballmer au poste de directeur général du groupe d’ici fin 2014.

Les enjeux pour Microsoft sont énormes. Le groupe de Redmond affronte un marché du jeux vidéo en plein bouleversement. Certes, la division "Entertainment & devices", qui inclue les jeux vidéo, Windows Phone et Skype, se porte bien, avec un chiffre d’affaires en hausse de 6% à 10,2 milliards de dollars sur l’exercice 2012-2013. Mais les résultats liés aux jeux vidéo subissent une érosion continue depuis 4 ans. Après avoir culminé à 13,7 millions d’unités sur l’exercice 2009-2010, les ventes de la console Xbox 360 ont chuté à 9,9 millions d’exemplaires sur l’exercice 2012-2013. Ce retournement s’explique par l’arrivée en fin de cycle de la console Xbox 360, vieille de sept ans. Mais pas seulement. La cause tient également dans la dématérialisation des jeux et le déplacement des usages vers Internet et les mobiles. Une évolution profonde qui ne fera que s’accentuer dans l’avenir, à l’instar de ce qui s’est produit dans la musique.

Le pari risqué de la box tout en un

Microsoft a fait le pari d’une console tout en un (d’où le nom Xbox One) offrant l’ensemble des fonctions de loisirs domestiques, des jeux à la communication audio-vidéo via Skype, en passant par la télévision, la musique ou la radio. Le géant de Redmond veut mettre sa console au centre du divertissement domestique. Non content de concurrencer Sony et Nintendo sur le terrain des jeux, il espère aussi contrer les ambitions de Google et Apple dans la télévision, déjà présents dans ce secteur à travers leurs offres respectives Google TV et Apple TV. Mais cette stratégie risque de rebuter les "hard gamers", qui recherchent d’abord et avant tout une console de jeu. Pas sûr, non plus, que la promesse de tout faire fasse tomber la peur des consommateurs d’être confrontés à la complexité d’un produit combinant deux systèmes d’exploitation et de deux univers d’applications différents.

L’erreur du tout connecté

Le pari de Microsoft est d’autant plus risqué que la Xbox One coûte 100 euros de plus que la PS4 de Sony (en réalité 50 euros de plus si l’on compte le périphérique de contrôle gestuel), alors qu’elle utilise la même architecture et presque les mêmes composants. Le plus dur sera de restaurer son image après le désastre produit par son intention de restreindre l’utilisation des jeux en obligeant le joueur à se connecter chaque jour. Microsoft a eu beau faire marche arrière. Cette annonce a eu pour effet de détourner de nombreux utilisateurs de la XBox vers la PS4 de Sony.

Une chose est sûre : avec la Xbox One, Microsoft joue son avenir dans les jeux vidéo. Le succès est loin d’être garanti. En cas d’échec, le géant de Redmond pourrait être contraint de se retirer du marché. D’ailleurs, Stephen Elop, l’un des candidats à la succession de Steve Ballmer, a prévenu. S’il est choisi, il arrêtera tout bonnement cette activité. Comme quoi il ne croit pas du tout au succès de la Xbox One.

Ridha Loukil

 
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