Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Yardarm invente le pistolet connecté pour les forces de l'ordre américaines

La start-up Yardarm Technologies basée dans la Silicon Valley a développé un capteur, qui, installé sur une arme à feu, permet d'enregistrer ses mouvements en temps réel. Le but : moderniser les forces de l'ordre et enquêter sur d'éventuelles bavures.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Yardarm invente le pistolet connecté pour les forces de l'ordre américaines
Yardarm invente le pistolet connecté pour les forces de l'ordre américaines © Yardarm

Les violences policières qui ont secoué les Etats-Unis récemment ont soulevé la question d'outils plus adaptés à la réalité du terrain pour les forces de l'ordre. Yardarm Technologies, une start-up californienne fondée en 2013, a créé un capteur qui permet de suivre les actions des armes à feu en temps réel.

Dés à présent, des policiers du Texas et de Santa Cruz en Californie participent à un programme pour tester les appareils sur le terrain. Le capteur Yardarm est installé dans la poignée du pistolet, en respectant les standards existants dans les deux Etats, affirme la start-up. Les deux départements de police ont commencé l'essai en octobre 2014 et la période de test doit durer entre 90 et 120 jours.

Comment ça marche ?

Le capteur Yardarm connecte l'arme à feu au smartphone du policier via Bluetooth, qui envoie les données sur les serveurs de Yardarm. Les données sont ensuite partagées sous forme cryptée avec les postes de police. Le capteur détecte les mouvements de l'arme grâce à des accéléromètres. "C'est le même type de capteur qu'utilise l'iPhone pour passer d'un écran vertical à horizontal quand on bouge son téléphone," explique Jim Schaff, le vice-président du marketing de Yardarm. "Mais notre capteur est bien plus puissant". Actuellement, le capteur ne fonctionne donc que si le policier est équipé d'un smartphone.

Applications en temps réel

Parmi les données obtenues, la géolocalisation de l'arme à feu, permet d'envoyer des alertes en temps réel et de retracer l'historique des événements lors d'un crime. Par ailleurs, lorsqu'un policier dégaine son arme, le poste de police peut être alerté en temps réel et envoyer des renforts sur le terrain si nécessaire. Lorsqu'un coup de feu est tiré, une alerte est envoyée au poste de police également, et des alertes mobiles peuvent être envoyées directement à un supérieur. Enfin, le capteur enregistre la direction du tir, information cruciale lors des enquêtes sur les bavures policières.

Aider et surveiller, les policiers

La start-up souhaite ainsi donner à la police les capacités de "suivre et mesurer leurs armes en temps réel, en les connectant via ordinateurs portables, smartphones, et tablettes" aux différents services de "dispatch" qui sont chargés d'envoyer des équipes sur différents lieux de crime. "En connectant les armes au cloud, nous donnons aux organisations une technologie qui améliore la sécurité des officiers, leur efficacité opérationnelle, et construit la confiance de la communauté", selon Jim Schaff.

C'est aussi un moyen de surveillance longtemps attendu. Pourtant, les données relevées ne donnent pas d'informations sur l'échange qui prend place avant qu'un coup de feu soit tiré. Il n'est pas clair non plus si, et de quelle manière, ces données seront accessibles par la justice dans le cadre d'enquêtes. Malgré tout il s'agit d'un effort pour moderniser des forces de l'ordre régulièrement critiquées.

Cibler les professionnels

Yardarm ne cible pas que les policiers, mais aussi les militaires et les entreprises de sécurité privées. En plus de son appareil connecté, Yardarm espère commercialiser des abonnements pour les fabricants de logiciel de "dispatch" qui organisent et répartissent les forces de l'ordre sur le terrain. La start-up a déjà levé 1,5 million de dollars d'investissement, en passant d'un business modèle centré sur le marché grand public des armes à feu à un modèle ciblant les professionnels. Selon son profil sur le portail Angel List, la start-up prévoit de commercialiser son capteur 100 dollars, plus dix dollars par mois pour connecter l'arme au cloud.

Nora Poggi

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media