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YouOrder, l'anti-Uber de la livraison urbaine

Fondée à Argenteuil (95), la start-up YouOrder se distingue de ses concurrents en embauchant tous ses livreurs en CDI, plutôt que de faire appel à des indépendants. Un choix social qui correspond aussi à un positionnement commercial.

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YouOrder, l'anti-Uber de la livraison urbaine
Joël Ndombasi et Augustin Doumbe, co-fondateurs de YouOrder. © YouOrder

"Non, tout n'est pas condamné à être ubérisé. Le salariat a encore de longues décennies devant lui". Augustin Doumbe proclame cette conviction comme une évidence… alors qu'elle ne coule pas de source. Avec son associé, Joël Ndombasi, il en ont fait le cœur de leur  projet entrepreneurial. Leur start-up YouOrder, spécialiste de la livraison urbaine né fin 2014 à Argenteuil (leur ville d'origine), n'emploie pas d'indépendants ou d'entrepreneurs, mais embauche tous ses livreurs en CDI. Une hérésie, dans un secteur où la flexibilité est la clé du succès ? Les deux associés sont persuadés du contraire. Et l'aspect social n'est pas leur seul argument.

 

Le pari du CDI... et de la qualité

Alors certes, au départ, leur business a été monté en réaction au modèle Uber dominant. "Pour nous, il était inconcevable de bâtir un projet entrepreneurial en 'utilisant' les gens", explique Augustin Doumbe. "Les jeunes qui se lancent ont besoin d'une fiche de paie pour parler à un bailleur ou à un banquier. C'est la base pour progresser et s'épanouir dans la vie". En embauchant ses salariés en CDI, la plupart à plein temps, YouOrder veut les fidéliser et leur permettre de progresser en même temps que l'entreprise. "Ailleurs, le turn-over est énorme, il y a une très grande volatilité. Mais attention, nous sommes les premiers à nous réjouir quand un de nos salariés bâtit son propre projet et souhaite voler de ses propres ailes".

 

YouOrder peut ainsi prendre le temps de former ses salariés pour leur faire acquérir  les process de nouveaux clients. Car le livreur se positionne en partenaire logistique de start-up (80% de la food tech, mais aussi du luxe et de l'e-commerce) en faisant des livreurs des ambassadeurs de la marque, garants de la continuité de l'expérience client. "C'est en proposant un mode de livraison le plus personnalisé possible, respectant les codes et les process de la marque, que nous pouvons convaincre des acteurs de nous sous-traiter la livraison, alors qu'avant ils préféraient la garder en interne pour maintenir la qualité de service".

 

 

 

 

succès fulgurant

Le service de YouOrder est visiblement apprécié par ses partenaires, puisque la start-up grandit rapidement et a du mal à répondre à la demande. De deux salariés au départ (les deux associés, qui livraient aux mêmes les colis au départ), l'entreprise est passée à une quinzaine, auxquels il faut ajouter une centaine de chauffeurs (85 à 90% équivalents temps plein). YouOrder possède une équipe dédiée au recrutement pour sans cesse intégrer de nouveaux venus. La société, qui a conservé son siège social à Argenteuil mais possède un centre logistique à Paris (tandis que le staff est installé au Village by CA), travaille avec les mairies, missions locales et structures sociales en région parisienne. Elle dispose aussi d'un partenariat avec l'agence Pôle Emploi d'Argenteuil. "On cherche avant tout des personnes solides qui veulent avancer et construire un vrai projet personnel", résume Joël Ndombasi.

 

Après avoir levé 300 000 euros en 2016, la start-up cherche à réunir 2 millions d'euros pour un deuxième tour de table. Elle compte parmi ses clients les start-up AlloResto, Frichti, Wing, FoodChéri. YouOrder, qui a réalisé 236 000 euros de chiffre d'affaires en 2015 et 1,1 million en 2016, veut poursuivre sur le même rythme. Il envisage de s'implanter dans d'autres villes françaises en 2018 et va diversifier sa flotte de véhicules (pour l'instant, des scooters électriques) avec des triporteurs 4 roues, pour accompagner le développement de la foodtech. La société se prépare aussi à mettre à disposition d'autres entreprises son cœur technologique (le logiciel SAAS de dispatching de commandes, de notifications intelligentes, de gestion du parc) contre rémunération. Un moyen de valoriser son expertise techno et de diversifier ses revenus, pour continuer à se développer. Et comme l'appétit vient en mangeant, les deux dirigeants débordent d'ambition pour eux… et pour leurs salariés.

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