Yoyo, l'application qui fusionne la carte bancaire et les programmes de fidélité

De nombreux commerces voient défiler des clients dont ils ne savent rien : malgré des contacts réguliers, ils ne connaissent pas leurs habitudes, ni les horaires où ils viennent faire leurs courses et encore moins leurs produits favoris… Un entrepreneur français a créé Yoyo : ce système de paiement mobile n’est qu’un prétexte pour enregistrer des données qui concernent les consommateurs et leur envoyer des offres promotionnelles ciblées.

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Yoyo, l'application qui fusionne la carte bancaire et les programmes de fidélité

Il est 13 heures dans l’un des restaurants universitaires de l’Imperial College au Royaume-Uni. Des centaines d’étudiants se dirigent vers les tables, pressés d’engloutir leur "lunch". A la caisse, ils sont de moins en moins nombreux à fouiller dans leur sac à la recherche de leur carte bleue. Plus de 20% des élèves utilisent désormais une solution de paiement sur mobile et de fidélisation baptisée Yoyo. L’Usine Digitale a rencontré son créateur, Alain Falys, à l’incubateur de Start-up Level 39 à Londres.

Comme le souligne l’entrepreneur : "Aujourd’hui, les systèmes de paiement fonctionnent parfaitement, il n’y a aucun problème à résoudre. C’est pour cela que les applications de paiement sur mobile ont du mal à décoller en Europe. Yoyo ne sert donc pas qu’à payer : il permet à chaque magasin, restaurant ou autre de collecter des informations sur ses clients pour leur envoyer des offres de fidélisation mieux ciblées. C'est ce service qu'ils nous achètent." Quant à la clientèle, Yoyo lui permet de regrouper dans un seul programme les dizaines de cartes de fidélités qu'elle collectionnait auparavant.

UNE FAIBLE COMMISSION

Créée en mai 2013, l’application est testée depuis début 2014 à l’Imperial College, avant d’être lancée à plus grande échelle au Royaume-Uni et en France. Le système est simple pour l’utilisateur : il installe l’application sur son terminal mobile et charge son portefeuille Yoyo avec son numéro de compte bancaire ou de carte bleue.

Ensuite, il suffit de dégainer son portable dans les magasins qui acceptent ce nouveau système de paiement. Le commerçant presse le "bouton Yoyo" de la caisse enregistreuse. Il figure à côté des traditionnels boutons cash, Visa ou encore American Express. Il flashe ensuite le QR code du téléphone avec son scanner et le tour est joué. Les commerçants payent une commission "moins importante que celle qu’ils doivent verser pour la carte Visa par exemple", explique Alain Falys.

Des promotions ciblées

Dans un fast-food par exemple, Yoyo permet de savoir combien de fois par semaine et à quelle heure vient Mr X, un habitué. Sur son mobile, il a son portefeuille Yoyo, et une page spéciale réservée à la communication avec le fast-food (chaque client qui se rend régulièrement dans un commerce peut ouvrir cette page qui le connecte au magasin ou à la chaine). Le gérant du restaurant peut lui envoyer directement des promotions qui vont l’intéresser, car il connait son hamburger et son dessert préféré.

Ce système a été adopté par 27 commerces de l’Impérial College. Alain Fallys a levé, en août 2013, 800 000 livres pendant un premier tour de table. En mars 2014, il s’apprête à boucler un second tour de table à plus de 3 millions d’euros.

Lélia de Matharel

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