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2015, l’année des fusions-acquisitions records dans les semi-conducteurs

Analyse L’année 2015 a été marquée par une vague sans précédent de fusions-acquisitions dans les semi-conducteurs tant en nombre qu’en montant. La course pour se positionner sur le marché des objets connectés pousse les prétendants à se livrer bataille pour emporter la mise.  
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2015, l’année des fusions-acquisitions records dans les semi-conducteurs
2015, l’année des fusions-acquisitions records dans les semi-conducteurs
L’année 2015 a été marquée par une vague record de consolidation dans les semi-conducteurs. Les acteurs du secteur se sont engagés dans une course folle à la taille critique avec l’objectif de se positionner sur le marché émergent de l’Internet des objets, perçu comme le prochain Eldorado des solutions électroniques complètes combinant capteurs, puces de traitement numérique, circuits de puissance, éléments de connectivité et logiciel.
 
 
120 milliards de dollars de fusions-acquistions en 2015 selon Nomura
Rien que sur le premier semestre, le cabinet IC Insights évalue les fusions-acquisitions annoncées à un montant de 72,6 milliards de dollars. C’est plus que toutes les opérations menées pendant cinq ans entre 2010 et 2014 (62,5 milliards de dollars). Sur l’ensemble de l’année, Nomura estime les transactions annoncées à 120 milliards de dollars.
 
Quatre grandes opérations portent le mouvement : la fusion entre NXP et Freescale de 11,8 milliards de dollars, le rachat d’Altera par Intel pour 16 milliards de dollars, l’acquisition de SanDisk par Western Digital pour 19 milliards de dollars et le rapprochement d’Avago Technologies et Broadcom pour 37 milliards de dollars. Seule la première transaction a été finalisée, le 7 décembre 2015, propulsant NXP au 7e rang mondial des fournisseurs de semi-conducteurs (il était 14e en 2014) et à la place de champion européen des puces électroniques devant l’allemand Infineon Technologies et le franco-italien STMicroelectronics.
 
Redistribution des cartes en Europe
Ce mouvement redistribue les cartes en Europe. STMicrolectronics perd ainsi le titre de champion européen des semi-conducteurs qu’il détenait depuis sa création en 1987 par fusion de l’italien SGS et du français Thomson Semiconducteurs. Englué dans des difficultés chroniques depuis 5 ans, il n’entend pas pour autant prendre part à la consolidation en cours. La priorité va à la résolution de son problème dans les circuits numériques avancés et au redressement de ses comptes financiers.
 
Si les acteurs américains et européens mènent la danse, les chinois se sont laissés entrainer par la vague en partant en chasse d’opportunités. C’est ainsi qu’ils ont mis la main sur Bidgelux (LED de puissance), OmniVision Technologies (capteurs d’image), Integrated Silicon Solutions (mémoires embarquées) ou encore Lumileds (LED de puissance). La Chine mobilise des moyens énormes pour réduire sa dépendance dans les semi-conducteurs. Tsinghua Unigroup, le bras armé du gouvernement dans ce domaine, prévoit d’investir la bagatelle de 47 milliards de dollars dans les 5 ans à venir avec l’objectif de devenir le N°3 des semi-conducteurs en 2020, place occupée en 2015 par le coréen SK Hynix, derrière Intel et Samsung. Il a eu l’audace d’aller jusqu’à lancer une offre non sollicitée de 23 milliards de dollars sur Micron Technology, le fleuron américain des mémoires Dram et Flash. Une opération tombée naturellement à l’eau tant elle avait peu de chance d’être autorisée par l’administration américaine.
 
Ouverture de Taïwan envers les chinois
Ce mouvement est en train de faire bouger les lignes entre Taïwan et la Chine. De peur de se trouver isolée, l’ile de Taipei envisage de lever les restrictions à l’encontre de la Chine en matière d’investissement et de transferts de technologies dans les semi-conducteurs. L’objectif est de s’appuyer sur le marché et les capitaux chinois pour développer les acteurs taïwanais, très présents dans les services de fonderie (fabrication en sous-traitance) comme TSMC ou UMC, et la conception de circuits intégrés comme MediaTek.
 
Signe de la tension sans précédent dans le secteur, les prétendants n’hésitent pas à surenchérir pour emporter la mise, comme l’illustre la bataille entre Skyworks et Microsemi pour le rachat de Sierra PMC, entre Cypress et les chinois pour le contrôle de Integrated Silicon Solutions, ou encore entre Dialog Semiconductor et Microchip Technology pour l‘absorption d‘Atmel. Ce genre de bataille risque de se multiplier en 2016 car les bons candidats au rachat vont se faire de plus en plus rares.

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