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227 employés d'Alphabet, la maison-mère de Google, se syndiquent

L'Alphabet Workers Union, qui rassemble 227 employés, a pour objectif de lutter contre les disparités salariales, les pressions internes et d'empêcher la signature de certains contrats gouvernementaux jugés contraires aux valeurs de l'entreprise. Pour devenir réellement influent et peser face à la direction, ce premier syndicat devra réussir à rassembler davantage de membres dans une industrie très éloignée de cette tradition.
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227 employés d'Alphabet, la maison-mère de Google, se syndiquent
227 employés d'Alphabet, la maison-mère de Google, se syndiquent © Google

Un groupe de 227 employés de Google et de sa maison-mère Alphabet vient d'annoncer la formation d'un syndicat. Celui-ci est affilié à la "Campagne pour organiser les employés du numérique" (CODE) du Communications Workers of America (CWA), premier et plus important syndicat des employés des télécommunications aux Etats-Unis et au Canada.

Pour l'instant, la majorité des membres du syndicat travaille dans les bureaux de la société situés à San Francisco et à Cambridge. L'organisation, qui a été préparée en secret depuis plus d'un an, vient d'élire ses dirigeants et a déjà son site web ainsi que ses profils sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram et Twitter).

Lutter contre les disparités salariales
L'Alphabet Workers Union s'adresse aux employés des différentes filiales d'Alphabet, avec pour objectif de s'attaquer aux disparités et pressions salariales ainsi qu'aux contrats signés entre l'entreprise technologique et certaines agences gouvernementales. En août 2019, plusieurs centaines d'employés avaient par exemple demander à ce que Google ne travaille pas avec les services américains de l'immigration afin de ne pas faciliter la violation des droits fondamentaux.

"Nous élirons des représentants, nous prendrons des décisions démocratiquement, nous paierons les cotisations et nous recruterons des organisateurs qualifiés pour nous assurer que tous les employés de Google savent qu'ils peuvent travailler avec nous s'ils veulent réellement voir leur entreprise refléter leurs valeurs", a détaillé Dylan Baker, software engineer au sein de Google, dans un communiqué.

Citée par le New York Times, Kara Silverstein, directrice des ressources humaines au sein de Google, a réagi à cette annonce en déclarant que la société avait toujours" travaillé dur pour créer un lieu de travail favorable et gratifiant pour notre personnel. Bien entendu, nos employés ont des droits du travail protégés que nous soutenons. Mais comme nous l'avons toujours fait, nous continuerons à dialoguer directement avec tous nos employés".

Une montée en puissance des syndicats dans la Silicon Valley
Les organisations syndicales au sein de la Silicon Valley sont rares, car les employés sont en général plutôt bien traités et autonomes. Or, les choses semblent être en train de changer. En effet, en février dernier, des employés de la plateforme de financement participatif Kickstarter ont décidé de rejoindre l’Office and Professional Employees International Union, un syndicat américain qui représente plus de 100 000 cadres. Même mouvement du côté de Glitch, une entreprise éditrice d'un outil de collaboration logicielle, dont 90 % des salariés avaient voté pour adhérer au CWA.

La naissance d'un syndicat au sein de Google, bien qu'étant une décision "historique" comme le note Dylan Baker, n'a rien de surprenant. En effet, depuis quelques années, les relations entre la firme de Mountain View et ses salariés sont assez tendues. Ces tensions sont notamment dues à des accusations d'harcèlement sexuel, à des mises à pied pour la divulgation de documents confidentiels... Des situations qui ont parfois entraîné des manifestations.

Google dans le viseur de l'autorité prud’homale
Le Conseil national des rapports de travail (NLRB), une agence indépendante du gouvernement fédéral américain chargée de conduire les élections syndicales et d'enquêter sur les pratiques illégales dans le monde du travail, a d'ailleurs déposé une plainte contre Google le mois dernier. Il allègue que la société a violé la loi de 1935 sur les relations du travail, qui organise les négociations entre employeurs et employés, en surveillant les employés et en les contraignant dans l'exercice de leurs droits dans le cadre de l'article 7 qui protège le droit d'adhérer à un syndicat et de négocier collectivement.

Mais pour que l'Alphabet Workers Union puisse avoir un réel impact, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Les quelques 227 employés devront convaincre leurs pairs de les rejoindre pour avoir une force de frappe de négociation suffisante. Au 30 septembre 2020, Alphabet employait 132 121 personnes, d'après Techcrunch.

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