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35 licornes européennes appellent à la création d'un fonds d'investissement de 100 milliards d'euros

Vu ailleurs 35 licornes européennes appellent à la création d'un fonds européens de 100 milliards d'euros pour investir dans les start-up prometteuses et affronter plus sereinement les entreprises américaines et asiatiques. BlaBlaCar, FacilityLive ou encore Cabify vont présenter ce plan à la Commission européenne.
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35 licornes européennes appellent à la création d'un fonds d'investissement de 100 milliards d'euros
35 licornes européennes appellent à la création d'un fonds d'investissement de 100 milliards d'euros © Thijs ter Haar-Unsplash

Des licornes européennes appellent de leurs vœux à la création d'un fonds souverain européen de 100 milliards d'euros. Le but : favoriser l'émergence de champions européens dans les technologies vertes, la science, les nouvelles technologies, et d'autres industries.

Au total ce sont 35 licornes européennes, dont BlaBlaCar, FacilityLive ou encore Cabify, qui vont demander la création de cet "European Sovereign Tech Fund" lors d'une réunion qui doit se tenir mardi 30 mars 2021 avec Mariya Gabriel, commissaire européenne à la recherche et à l'innovation, rapporte Bloomberg.

Crainte de la prédominance des Etats-Unis
Les plus grandes entreprises technologiques mondiales peuvent racheter sans difficulté de potentiels concurrents qui pourraient bousculer le secteur. Des acquisitions grâce auxquelles ils peuvent continuer à resserrer leur emprise sur les industries et dominer le secteur du numérique. "Cela représente un risque pour la croissance, l'emploi, et l'influence de l'Europe dans les secteurs stratégiques", affirment les licornes.

A l'inverse, les start-up européennes qui réussissent doivent souvent se tourner vers les Etats-Unis pour accélérer leur croissance et viser un marché plus grand, relate Bloomberg. Spotify a choisi New York pour réaliser son introduction en bourse en 2018 ; Booking.com qui a été fondée aux Pays-Bas a été revendue à une entreprise américaine ; l'entreprise de logiciels UiPath fondée en Roumanie a établi son siège social à New York et son introduction en bourse se fera aussi sur ce marché. Des décisions qui affaiblissent le leadership européen.

Santé, éducation, transition écologique
Cet European Sovereign Tech Fund fonds serait composé à la fois d'argent public et privé afin de réaliser des investissements en action sur le long terme. Certains fondateurs envisagent même d'investir leur propre argent. Mais les contours de cette proposition sont encore flous et devraient être précisés lors de la présentation devant les instances européennes.

Les fondateurs de ces licornes  souhaitent que le bloc européen adopte des mesures pour soutenir la transition vers une économie plus verte et prenne la tête de l'innovation numérique dans les domaines de la santé, de l'éducation et des technologies plus expérimentales. Ils veulent aussi aider à faire des start-up européennes des géants dans les nouvelles technologies.

La création d'un fonds vert souverain européen (European Sovereign Green Fund), avec une structure similaire à celle de l'European Sovereign Tech Fund, devrait aussi être évoquée. L'idée serait de se concentrer sur les technologies vertes et les activités à fort besoin de capitaux.

Le pivot stratégique de l'UE
La création d'un nouveau fonds européen souverain pour investir dans les industries stratégiques était dans les tuyaux avant que la pandémie de Covid-19 ne vienne bousculer l'ordre des priorités, rappelle Bloomberg. La Commission européenne a déjà déployé un premier fonds, l'EIC Fund, lui permettant de réaliser des investissements directs en capital dans des jeunes pousses prometteuses travaillant sur des technologies de ruptures ou l'ingénierie de pointe. Une première enveloppe de 178 millions d'euros a été débloquée en janvier dernier lui permettant d'investir dans 42 start-up et PME.

En parallèle, l'UE a opéré un changement de politique. Elle regarde au-delà de son rôle de réglementation de la concurrence et d’abaissement des barrières commerciales pour adopter une approche plus affirmée de la défense des intérêts économiques de la région. L'UE cherche désormais à réduire sa dépendance aux sociétés américaines et asiatiques en faisant fructifier des initiatives européennes et non plus uniquement par la réglementation et la menace de sanctions à l'encontre des géants technologiques.

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