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36 Etats américains lancent une action antitrust visant le Google Play Store

Un nouveau front judiciaire s'ouvre à l'encontre de Google. 36 États américains ont lancé une action en justice visant les pratiques jugées monopolistiques du géant de Mountain View à travers son magasin d'applications Play Store. En ligne de mire : la commission imposée par le géant qui ferait augmenter les prix pour les consommateurs et l'obligation pour les développeurs de se tourner vers ses outils de paiement. Le développeur Epic Games, à l'origine du célèbre jeu Fortnite, a également lancé des poursuites judiciaires contre Google et Apple à propos de leurs politiques tarifaires sur leurs magasins d'applications.
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36 Etats américains lancent une action antitrust visant le Google Play Store
36 Etats américains lancent une action antitrust visant le Google Play Store © Unsplash / Daniel Romero

Aux Etats-Unis, les actions antitrust visant les géants technologiques semblent se multiplier. La dernière en date : une plainte déposée par 37 procureurs généraux d'Etats et de districts mercredi 7 juillet 2021 devant le tribunal fédéral de Californie. Ils contestent notamment la politique de Google qui oblige les développeurs d'applications présentes sur le Play Store à payer une commission de 30% sur les ventes réalisées via l'application, comme le rapporte Reuters. Une commission jugée "extravagante" qui amène les développeurs à augmenter leurs prix.

L'action en justice intervient dans un contexte de pression fédérale croissante sur Google. Le géant fait actuellement l'objet de trois procès antitrust, dont un procès du ministère de la Justice accusant la société de pratiques monopolistiques dans le domaine de la publicité. Dans le cadre de ce nouveau front judiciaire, il est reproché à Google d'avoir acheté des concurrents et utilisé des contrats restrictifs pour maintenir illégalement un monopole pour sa boutique d'applications.

"maintenir illégalement son monopole"
Les Etats, menés par l'Utah, New York, la Caroline du Nord et le Tennessee, affirment que Google a généré d'"énormes marges bénéficiaires" sur le Play Store en recourant à des tactiques illégales. "Google tire parti de son pouvoir avec Android pour maintenir illégalement son monopole sur le marché de la distribution des applications Android", indiquent les plaignants. Aux Etats-Unis, Google Play représente 90% des applications téléchargées sur Android.

Google aurait également payé des développeurs pour qu'ils ne proposent pas leurs applications sur des boutiques concurrentes, ajoutent les requérants. Il aurait également eu l'intention de payer Samsung, dont la boutique d'applications est son plus grand concurrent, par le biais de nombreux projets secrets pour qu'elle ne lui fasse plus concurrence. Interrogé par Reuters, Samsung s'est refusé à tout commentaire.

Commission et contrôle des transactions
En septembre dernier, Google a donné un an aux applications présentes sur le Play Store pour se tourner vers ses outils de paiement pour gérer les transactions réalisées sur leurs applications. Une façon pour la firme de Mountain View de contrôler ce qui s'y passe et d'empêcher les applications de contourner la commission de 30% qu'elle prélève sur l'ensemble des paiements réalisés. Commission qui a été réduite par Google à la suite du procès lancé par Epic Games, à l'origine du jeu Fortnite, à l'encontre d'Apple et Google.

Cette affaire aurait d'ailleurs renforcé les pressions de Google envers Samsung, indique les 37 Etats. Google "a immédiatement lancé de multiples initiatives coordonnées visant à bloquer l'émergence d'un Galaxy Store [Samsung] concurrent", expliquent les plaignants. "Google considérerait ces projets comme une approche intégrée visant à éliminer la menace d'autres développeurs qui suivraient l'exemple d'Epic", peut-on lire.

De son côté, Google se défend en affirmant que "ce procès n'a pas pour but d'aider les petites entreprises ni de protéger les consommateurs. Il s'agit de donner un coup de pouce à une poignée de grands développeurs d'applications qui veulent bénéficier des avantages de Google Play sans en payer le prix". La plainte des 37 états sera entendue par le juge James Donato qui va également trancher lors du procès entre Epic Games et Google prévu en avril 2022.

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