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A San Francisco, les protestations enflent contre l'industrie technologique

L'écart se creuse entre l'industrie technologique et le reste de la population de San Francisco, où les géants du web sont accusés de nombreux maux. Un groupe d'anarchistes a notamment pris Google pour cible privilégiée.

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A San Francisco, les protestations enflent contre l'industrie technologique
A San Francisco, les protestations enflent contre l'industrie technologique © j-dub1980 - Flickr CC

La tension est à son comble à San Francisco en Californie où les géants du web sont accusés de creuser l'écart entre les plus riches et les moins favorisés. Ils sont même soupçonnés par certains d'instaurer une surveillance globale.

L'industrie technologique, et les autres

L'explosion des prix des loyers et du niveau de vie, qui chassent petit à les petit habitants moins fortunés et les petits commerces hors de la ville, sont les principaux facteurs de mécontentement. S'en est suivi un mouvement "anti-tech" généralisé, qui semble consolider un gouffre entre les travailleurs de l'industrie technologique et les autres.

De premiers incidents ont impliqué les bus spéciaux qui transportent les ingénieurs de la Silicon Valley. Ils ont été bloqués à plusieurs reprises par des manifestants.

Google cible privilégiée d'un  groupe d'anarchistes

La colère d'une partie des protestataires semble s'être cristallisée autour de Google. Ses "Glass", qui font figure de symbole d'une élite, ont été particulièrement critiquées. En janvier, un groupe avait déployé une bannière "Le future de Google s'arrête ici" devant la maison d'un ingénieur star de Google, Anthony Levandowski, en charge du projet de voitures autonomes. Le groupe anarchiste qui s'est fait appelé "the Counterforce" selon The Verge, accuse : "les gens comme Levandowski embourgeoisent nos quartiers (...) et créent l'infrastructure pour un totalitarisme inimaginable".

Kevin Rose, star de la Silicon Valley, fondateur du site Digg et investisseur chez Google Ventures, et devenu également une cible des attaques. Des protestataires lui ont rendu visite, le 6 avril, chez lui et ont averti ses voisins qu'il était un "parasite", "qui dirige le capital de Google vers la bulle des start-up de la tech qui détruit San Francisco", sur une affiche partagée par Kevin Rose sur Instagram.

La "Counterforce" a enfin déclaré dans un communiqué réclamer 3 milliards de dollars à Google afin de créer des colonies anarchistes en Californie du Nord où les gens pourraient vivre gratuitement, pour répondre à la crise du logement.

Vers un mouvement global ?

Les géants du web n'ont pour l'instant pas vraiment affronté leurs accusateurs, bien que Google ait fait une donation de plus de 6 millions de dollars pour le transport des jeunes en difficulté de la ville. Kevin Rose a de son côté tenté de démontrer que les anarchistes qui l'acculaient utilisaient tout autant la technologie, dont des téléphones Android, dans une vidéo publiée sur The Verge qui a fait le tour de la toile.


Cela dit, si la "Counterforce' est un mouvement à la marge, elle pourrait tout de même préfigurer une vague de rebellion globale contre la "technocracie".

Nora Poggi

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