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A Station F, Emmanuel Macron édicte ses 4 grandes convictions pour faire de la France une start-up nation

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Emmanuel Macron avait rappelé ses ambitions aux entrepreneurs français pour faire de la France une start-up nation le 2 juillet 2017 à l’occasion de l’inauguration de Station F. Un peu plus d’un an après le président de la République, chahuté par les sondages, est revenu ce 9 octobre 2018, au même endroit, à la rencontre des start-up de la French Tech. Voici les quatre défis qu'ils souhaitent relever pour atteindre son objectif.

A Station F, Emmanuel Macron édicte ses 4 grandes convictions pour faire de la France une start-up nation
A Station F, Emmanuel Macron édicte ses 4 grandes convictions pour faire de la France une start-up nation © S. Mundubeltz-Gendron

Emmanuel Macron avait marqué l’esprit des start-up lors de l’inauguration de Station F le 2 juillet 2017. Un peu plus d’un an après, le président de la République est revenu ce 9 octobre 2018 sur le campus parisien des start-up pour rencontrer les jeunes pousses de la French Tech. "Je suis très heureux de vous retrouver. Vous m’avez manqué. (…) Je suis très heureux de voir que ça continue à prospérer, de voir certains et certaines qui ont grandi, changé, se sont transformés avec toujours la même volonté de faire".

 

Un "écosystème français dynamique"

Avant de partager ses convictions pour continuer à faire de la France une start-up nation, axe majeur de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron a tenu à mettre en avant la vitalité de l’écosystème : "Pour ceux qui en doutaient, il y a un écosystème français qui continue à être présent et de plus en plus dynamique". Et de rappeler les chiffres du premier semestre 2018 : "Qu’il s’agisse de créations de start-up, ou de levées de fonds, en montant comme en nombre, on est à des chiffres qui sont entre 40 et 60 % en augmentation. Donc un an, il y a des progrès formidables qui ont été faits. Il y a une dynamique, c’est la vôtre."

"On est en train de lever des tickets de plus en plus gros en France. L’écosystème grandit et ne migre pas". Le bilan dressé, et en préambule à la séance de questions-réponses face aux acteurs de l’écosystème de la French Tech, Emmanuel Macron a tenu à rappeler les quatre défis qu'il reste encore à relever.

 

1er défi : le passage à l’échelle

"Le premier défi, c’est de passer à l’échelle et d’accélérer le décollage, de 'scale-up' comme on dit en bon français", déclare Emmanuel Macron. Pour cela, "le cœur du sujet, c’est d’avoir l’écosystème qui permet d’avoir cette croissance. Et en particulier l’écosystème de financement. Et on va devoir se concentrer énormément sur ce point." Avant de préciser : "Il  y a déjà beaucoup de choses qui ont été faites, mais il y a encore beaucoup de choses à faire, au niveau français comme au niveau européen. Parce que pour passer à l’échelle, il faut lever des financements, mais il faut aussi un marché".
 

Et s’il s’est dit confiant par apport à Royaume-Uni, le président s’est en revanche dit pessimiste face à aux Etats-Unis et à la Chine…  Si "sur les tickets du débuts, avec la BPI (Bpifrance, ndlr), les financements privés et la structuration des financements français", Emmanuel Macron indique être au niveau, reste la question du Venture Capital : "Il nous faut vraiment structurer dans les mois qui viennent le vrai VC français ou d’Europe continentale qui vont pouvoir eux-mêmes monter leurs tickets et s’installer sur des tickets au-dessus de 100 millions d’euros, même s’il y a des tours de table qui proposent d’aller chercher des fonds américains, des fonds chinois ou autres". 

"Les choses vont dans la bonne direction, il faut les accélérer", a insisté Emmanuel Macron. Et de rappeler plus tard que "quiconque investit dans l’économie française et plus particulièrement dans les start-up n’a plus d’ISF (…)". "Ceux qui ne font pas ça, c’est qu’ils ne veulent pas investir", a-t-il martelé, citant également la mise en place d'une flat tax à 40 %


2e  défi :  les talents

Le deuxième défi à relever aux yeux d’Emmanuel Macron est celui des talents. "Il n’y a jamais eu une start-up qui a marché, qui est devenue un grand groupe, une licorne ou qui a échoué pour rebondir, sans talents", a-t-il indiqué. Avant d’ajouter : "la question, c’est :  comment nous les formons, comment nous les gardons, comment nous les attirons ?"

Le président de la République a assuré avoir des questions à ces réponses avec plusieurs étapes importantes. Parmi elles : le 1er mars prochain, date à laquelle le gouvernement va lancer un nouveau Visa Tech "très simplifié qui permettra d’attirer les talents du monde entier de manière beaucoup plus simple, beaucoup plus puissante, beaucoup plus rapide. Ça c’est absolument indispensable." Et d’ajouter également sa volonté de mettre en place des formations "tout au long de sa vie".

Et à ceux qui voit l’Urssaf comme un frein au recrutement, le président de la République a été très clair : "Votre ami, c’est l’Urssaf, parce que c’est ce qui fait qu’en France, le jour où vous êtes malade au chômage ou vieux, c’est grâce à l’Urssaf que vous pouvez être payés (…) Je n’ai aucune envie que le France devienne un pays où pour réussir il n’y ait plus de droits sociaux". Emmanuel Macron a indiqué privilégier, entre autres, la baisse des cotisations sociales et salariale, la baisse de l’impôt sur les sociétés…
 

3e défi : des règles plus simples

"Le troisième défi pour moi, c’est qu’on invente un écosystème dont les valeurs et les modes de fonctionnement sont un peu différents", a déclaré Emmanuel Macron. "Vous n’allez pas créer des start-up qu’on pouvait créer il y a 15 ou 20 ans. Et vous êtes tous et toutes porteurs de valeurs qui doivent aider à changer le deal". Pour lui, "cet écosystème est aussi porteur d’une forme de responsabilité sociale, d’une conscience environnementale, d’une volonté d’inventer des modèles économiques qui sont en même temps des modèles éducatifs et de transformation de la société".


"Il faut pour ça qu’on simplifie certaines règles. On a commencé à le faire et ceux qui pensent qu’on va s’arrêter se trompent", a poursuivi le Président de la République. Pour lui, le défi environnemental et celui de la Tech for good passeront "aussi par l’écosystème que vous représentez, les règles qu’on se donne collectivement et la capacité à réussir entre nous".
 

4e défi : l’Europe

"Ma dernière conviction, c’est que tout ça on y arrivera aussi avec, dans et par l’Europe", ajoute le président de la République. Pour lui, "réussir contre la concurrence déloyale de certains grands acteurs du numérique", "réussir à avoir un vrai marché européen qui permet d’aller beaucoup plus vite, plus fort" et "réussir à avoir des règles de protection de notre vie privée", c’est grâce à l’Europe. "La réussite économique,  technologique, entrepreneuriale, démocratique de ce qu’on est en train de construire, de ce que vous représentez ici dans le cœur de Paris mais qui vaut pour la France entière ; et l’Europe passe par cette ambition", insiste-t-il.
 

Et d’ajouter que Paris n’est pas le centre de l’écosystème. Citant Angers et Toulouse pour l’IoT, la Bretagne pour la cybersécurité et la cybertech, et Sophia-Antipolis pour les composants, Emmanuel Macron a rappelé : "On oublie souvent qu’il y a une large majorité de la French Tech qui est hors de Paris. (…) La France entière est dans cette dynamique."

Sur ce sujet des territoires, en réponse à une représentante de l’écosystème réunionnais, le président de la République a d’ailleurs précisé que "le centre, c’est partout où il y a des gens et qui décident". D’où la volonté du gouvernement de développer le plan très haut débit, la fibre et la connectivité. "Vous n’êtes pas une périphérie, vous êtes un centre, mais il faut avoir une culture de prise de décision. Votre marché, ce n’est pas seulement la France : il faut avoir une stratégie indo-pacifique".

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