Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Accusé de pratiques anticoncurrentielles, Valve compte bien tenir tête à Bruxelles

Valve, via sa plateforme Steam, utiliserait des clés d'activation géobloquantes pour empêcher les consommateurs d'un pays de l'Union européenne d'acheter des versions moins chères d'un jeu dans un autre Etat membre. Face aux accusations de la Commission européenne, l'entreprise de Gabe Newell compte bien se défendre.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Accusé de pratiques anticoncurrentielles, Valve compte bien tenir tête à Bruxelles
Valve Corporation distribue sous forme numérique des jeux vidéo sur PC de chacun des cinq éditeurs et fournit des "clés d'activation". © Steam

Valve n'a pas l'intention de se laisser faire. Depuis 2013, la Commission européenne menait une enquête sur les relations entre la plateforme Steam, propriété de Valve Corporation, et cinq éditeurs de jeux vidéo sur PC (Bandai Namco, Capcom, Focus Home, Koch Media et ZeniMax). Au cœur des soupçons : des pratiques anticoncurrentielles strictement interdites dans le marché unique européen.

 

D'après la Commission européenne, qui s'explique dans un communiqué du 5 avril 2019, Valve, propriétaire de la plus grande plateforme de distribution de jeux vidéo au monde, et ces cinq éditeurs empêcheraient d'acheter des jeux vidéo dans d'autres Etats membres, enfreignant ainsi les règles européennes en matière de concurrence (article 101 du Traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne). Selon Reuters, Valve a bien l'intention de se battre contre ces accusations.

 

Les six acteurs sont accusés d'avoir passé des "accords bilatéraux"

Concrètement, Valve Corporation distribue sous forme numérique des jeux vidéo sur PC de chacun des cinq éditeurs et fournit des "clés d'activation". Ces dernières s'avèrent nécessaires quand un jeu a été acheté auprès d'un tiers, en permettant que les consommateurs puissent tout de même le lire. C'est en fait une manière de contrôler son authenticité. 

 

Or, les six acteurs sont accusés d'avoir passé des "accords bilatéraux afin d'empêcher les consommateurs d'acheter et d'utiliser des jeux vidéo acquis ailleurs que dans leur pays de résidence", selon la Commission européenne. Ces acteurs se seraient donc mis d'accord pour que les logiciels achetés dans un endroit où le prix est plus bas ne puissent pas être activés dans les autres Etats membres. Par exemple, si un internaute allemand décide d'acheter un jeu vidéo sur un site hongrois car il coûte moins cher, Steam l'empêche tout simplement de jouer en bloquant la clé d'activation.

 

Le géoblocage ne concernerait que 3% du catalogue

Suite à ces accusations, Valve avait rédigé un court communiqué du 5 avril 2019 dans lequel il répondait que le géoblocage ne concernait qu'environ 3% du catalogue de la plateforme vidéo. La firme américaine ajoutait que ces pratiques avaient finalement pris fin à partir de 2015 "en raison des préoccupations de l'Espace économique européen". Ces arguments n'ont pas eu l'air de convaincre la Commission européenne qui maintient ses accusations. 

 

Une pratique interdite depuis un règlement européen du 3 décembre 2018

Cette pratique dite de "géoblocage" peut prendre de multiples formes en fonction des secteurs. Par exemple, des professionnels peuvent empêcher les internautes d'accéder à certaines versions de leurs sites Internet. Or, dans un marché unique, ces pratiques violent le droit de la concurrence car les prix et les conditions d'achats diffèrent entre les Etats membres.

 

Le règlement 2018/302, entré en vigueur le 3 décembre 2018, a pour but de totalement mettre fin à ces pratiques. Au sein de l'Union Européenne, il est désormais possible d'acheter des biens et services à un professionnel basé dans un autre pays membre dans les mêmes conditions que des clients domiciliés dans ce pays. Des restrictions persistent néanmoins. Le professionnel n'a pas l'obligation de livrer en dehors de son marché. De plus, il pourra toujours d'empêcher l'accès aux sites qui contreviendraient à la législation locale et ne pourra toujours pas vendre des produits soumis au droit d'auteur (livre, musique…).

 

Si cette procédure va jusqu'au bout, la firme s'expose à une sanction pouvant atteindre jusqu'à 10% de son chiffre d'affaire global.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale