Airbnb business, ou quand l'économie du partage crée son économie de services

Inévitablement, Airbnb a mis l'économie du partage à l'honneur lors de son événement parisien regroupant ses meilleurs hôtes, l'Open Airbnb 2015.

Car son modèle économique, celui de la location courte durée dans des logements habités, génère des problématiques nouvelles.

Quels nouveaux acteurs économiques peuvent alors s'engouffrer dans l'appel d'air généré par ces nouveaux besoins ?

Panorama.

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Airbnb business, ou quand l'économie du partage crée son économie de services

Airbnb se veut accueillant, au domicile de ses hôtes comme sur son propre salon professionnel. A l'occasion de son Open Airbnb 2015, la firme californienne n'a pas invité que des particuliers, mais aussi d'autres sociétés. Ni vraiment concurrents, ni vraiment partenaires, ces acteurs gravitent aussi autour de l'économie du partage... Ils étaient conviés à s'exprimer sur scène, à l'instar de Paulin Dementhon (CEO de la plate-forme française Drivy), ou à tenir un stand présentant leurs produits (par exemple Nest).

Un écosystème foisonnant

Mais comment partager le marché du partage ? L'écosystème de l'économie collaborative, encore jeune, est encore en pleine effervescence. Avec l'idée de louer à des inconnus un logement dans lequel on vit aussi soi-même, émergent de nouveaux usages et de nouveaux besoins... qui n'échappent pas à de nouveaux acteurs, qui peuvent venir proposer des solutions à des problématiques nouvelles qui n'existaient pas avant la démocratisation du home sharing mis à l'honneur par la plate-forme. Quelles sont les innovations marquantes présentées lors de l'Open Airbnb 2015 ?

Flexibiliser l'hébergement

Une conférence à part entière est consacrée à l'économie du partage, animée par April Rinne, experte en share economy. Une façon pour Airbnb de "tendre le micro" aux autres start-up susceptibles de bénéficier des nouveaux marchés débloqués par son modèle économique. Premier mot d'ordre ? Celui de la flexibilité. A l'attention de la clientèle d'Airbnb voyageant pour des motifs professionnels, par exemple, "Liquidspace propose la location d'espaces professionnels à l'heure ou à la journée", avance ainsi la consultante.

DÉLIVRER LES CLÉS SUR UN PLATEAU

Un autre nouveau business est celui de l'hébergement... à distance. Tout utilisateur d'Airbnb en a un jour fait les frais : lorsque l'hôte ne vit pas dans les lieux, ou que ses contraintes professionnelles ou familiales le rendent peu disponible, récupérer les clés de son logement d'une nuit ou de quelques jours peut virer au cauchemar. Pour faciliter la vie de tous, des conciergeries dédiées se mettent en place, tels Bnbsitter, Welkeys... certaines proposent aussi des services de ménage et de lessive, entre deux invités. Mais la tendance ne s'arrête pas là : avec les objets connectés, ceux de Nest par exemple, il deviendra possible de poser une serrure spéciale munie d'un digicode programmable à distance. De quoi dématérialiser à 100% les clés du logement à louer !

Assurer ses biens Dans le cloud

Mais qui dit accueil d'étrangers chez soi, dit aussi nouveaux risques. April Rinne mentionne ainsi Trov, une plate-forme pour inventorier tous les objets présents chez soi et numériser leurs factures afin de simplifier les démarches avec l'assureur en cas de vol. Elle cite aussi, pêle-mêle, des initiatives incitant au partage de compétences entre voisins (Peerby), des sites de recherche d'emploi géolocalisés (Jobbatical, à mi-chemin entre l'agence de voyages et l'agence d'intérim), ou encore Drivy, le site de partage de voitures entre particuliers. "Ces véhicules sont inutilisés en moyenne 23 heures par jour", souligne-t-elle.

De la smart city à la share city ?

Des logements qui la composent à la ville elle-même, il n'y a qu'un pas. Chères villes... mettez-vous à l'économie du share. C'est en substance le message que passe Airbnb aux collectivités locales. Rien d'anormal à cela : rappelons par exemple qu'à Paris, la société collecte désormais la taxe touristique pour la ville. Et les bons exemples de villes passées maîtres en économie collaborative abondent : Amsterdam ambitionne par exemple de déployer 100 000 voitures partagées d'ici 2020. En Asie, c'est Séoul qui montre l'exemple à travers une initiative lancée en 2013, visant à favoriser l'échange de biens et de compétences via des partenariats publics-privés.

C'est d'ailleurs une dynamique semblable qui est à l'œuvre en France dans les démarches open data menées par l'Etat et les villes. Venue des start-up de la silicon valley, l'économie collaborative n'entraîne pas seulement dans son sillage de nouveaux marchés... mais aussi les territoires eux-mêmes, confrontés à leur transformation numérique.

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