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Airbus, Intel, PSA, Renault... quand les industriels s’approprient aussi l’open source

Troisème épisode de notre série consacrée à l'open source. Le logiciel libre est désormais largement utilisé par les industriels. Si ce sont surtout les opérateurs de télécommunication qui ont commencé à utiliser l’open source, les entreprises de tous les secteurs ont désormais compris l’intérêt à se les approprier.

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Airbus, Intel, PSA, Renault... quand les industriels s’approprient aussi l’open source
Airbus, Intel, PSA, Renault... quand les industriels s’approprient aussi l’open source © Open Wide

Piloter un avion dans un simulateur pour Airbus, concevoir des peintures pour des concessionnaires automobiles au gramme de pigment près pour une PMI française, réaliser des études de big data chez Intel… Toutes ces activités industrielles ont été possibles grâce à l’open source.

Le fabricant mondial de semi-conducteurs Intel utilise par exemple Hadoop, un système "libre" qui permet de traiter un large volume d’information. Au lieu de recourir à un énorme serveur industriel, Hadoop coordonne plusieurs serveurs locaux qui se connectent entre eux. Chacun des ordinateurs traite alors une tâche d’analyse de données, assignée par ce logiciel libre.

L’open source entre dans la cour des grands

"Mais si le logiciel libre a avant tout été utilisé dans des entreprises high tech ou des télécoms, cet usage se répand dans les industries plus classiques", témoigne Olivier Viné, en charge du développement des activités dédiées à l'industrie pour l’entreprise Open Wide, société de conseil dédiée à l’open source.

Ainsi chez Airbus, ce sont les simulateurs de vols qui ont nécessité le recours aux logiciels libres. Ils fonctionnent tous sous le système d’exploitation libre Linux. "Ce choix répond au besoin de réactivité, nécessaire pour calculer des scénarios en fonction de choix du pilote en quelques millisecondes seulement", ajoute-t-il.

Même les constructeurs automobiles français, historiquement peu présents dans l’open source, se lancent actuellement dans le projet Freenivi. "Nous travaillons avec PSA Peugeot Citroën, Renault-Nissan et ESG France pour favoriser l’émergence d’une plate-forme entièrement libre sur la création de logiciels embarqués pour l’automobile", explique-t-il. Et ce projet collaboratif n’est pas qu’utopie. Il est doté d’un budget de 5 millions d’euros et bénéficie d’un financement de l’État et de la région Île-de-France.

Le logiciel libre pour accéder à de nouveaux marchés

Enfin, l’open source offre également la possibilité de se diversifier. Ce fut notamment le cas de ESII Media Accueil, une PMI qui propose des solutions d’accueil du public, comme des bornes interactives. "J’ai développé une solution pour des salles de conférences ou de cinéma pour malvoyants et malentendants appelée Twavox, explique Joseph Zirah, PDG de l’entreprise, souffrant lui-même d’un trouble auditif. J’ai pu utiliser l’open source, notamment pour synchroniser le son ou la description audio directement sur le smartphone des utilisateurs."

Avec son outil opérationnel, l’entreprise équipe désormais les multiplexes de Gaumont à Montpellier, Toulouse et Marseille. Elle a également vendu sa solution à l’université Montpellier 2 ainsi qu’à Polytech Montpellier.

Morgane Remy

Quatrième épisode de notre série à retrouver ce samedi 14 février : "Avec sa carte électronique open source, le français Robotseed part à la conquête des industriels"

Le partage n’est pas encore entré dans les mœurs

Un des présupposés de l’open source est le partage. Un informaticien peut prendre un code open source mais doit, dans l’idéal, partager les améliorations qu’il est susceptible d’y apporter.

Dans les faits, quand une entreprise s’approprie un code, elle tente surtout de protéger son développement. "Je n’ai pas partagé mes améliorations de code, reconnaît Joseph Zirah, président d’ESII. J’ai trop investi pour cela. Par contre, la solution est achetée par les cinémas, les salles de conférences et les institutions publiques, afin que les personnes malentendantes et malvoyantes puissent accéder à ce service gratuitement, en téléchargeant une application sur leur smartphone."

Malgré cette volonté – naturelle – de protéger son investissement en recherche et développement, un compromis peut être trouvé. "Le plus souvent, les informaticiens partagent quand ils améliorent le code, à condition que cela ne touche pas le cœur de métier de leur société", explique Olivier Viné. Ainsi il joue le jeu de la communauté tout en se protégeant.

 

 

 
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