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Akademgorodok, l'autre Silicon Valley de la Russie

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Tribune Alors que la France vient de se qualifier en finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2018 qui se tient en Russie depuis le 14 juin, Pierre-Henri Seynave, expert digital avec une expérience en E-Commerce à Moscou et des reportages sur la Tech russe en Sibérie , fait le point sur Akademgorodok, l'une des Silicon Valley phares de la Sibérie, après Moscou et Saint-Pétersbourg.

Akademgorodok, l'autre Silicon Valley de la Russie
Akademgorodok, l'autre Silicon Valley de la Russie © stafichukanatoly/Pixabay

En 1958, sous l’impulsion de Khroutchev, 35.000 jeunes scientifiques venus des quatre coins de l'URSS s'installent en pleine forêt sibérienne. A Akademgorodok, littéralement "village scientifique", à 30 km de Novosibirsk en pleine taïga. La 1ère Silicon Valley russe est née.

Akademgorodok abrite encore aujourd’hui la troisième communauté de scientifiques en Russie, après Moscou et Saint-Pétersbourg. Dans les années 90 quand la Russie s’est ouverte brutalement à l’économie de marché, les chercheurs se retrouvent du jour au lendemain sans salaires et créent leurs sociétés informatiques off-shore, trouvant aussi leur place dans la High Tech mondiale : Sunmicrosystems, Microsoft et Intel qui a même installé une antenne sur place. La ligne de code de la ligne 14 du métro parisien sans chauffeur a d'ailleurs été développée par une de ces sociétés offshore, Unipro.

L'exemple de Valentin K

Valentin K. fait partie de cette communauté de scientifiques. Il a étudié et a démarré comme programmeur à Akademgorodok. Repéré à 15 ans alors qu’il vivait à Tachkent en Ouzbekistan, il a été sélectionné pour intégrer l’internat de FMH, lycée pour les futurs chercheurs. Comme ses camarades de classe venus des quatre coins de l’ex-URSS, il a connu un brillant parcours avec des rebondissements. Après avoir été programmeur à Novosibirsk dans une web agency russo-suisse pour des clients européens, il rejoint Londres et Mac Donald au département IT strategy, puis reprend les études à Polytechnique. Depuis 10 ans maintenant, il évolue à la Société Générale à New York.


La success story de 2GIS

S’ils sont nombreux à être partis dans les Universités prestigieuses à l’Ouest, nombreux sont ceux aussi qui restent. Car le marché russe de la High Tech – qui connaît depuis 20 ans une croissance stable – offre des débouchés aux développeurs de la Silicon Taïga.
C'est le cas de 2GIS, qui a développé une application mobile et des devices de géolocalisation permettant de promouvoir les emplacements et de nombreuses informations d’entreprises. La start-up compte aujourd’hui 1500 collaborateurs et est devenue l’un des leader du digital Russe. Un succès qui s'explique notamment par sa solution qui se veut plus fine que Google Map ou Yandex Map (le moteur local russe) car elle inclut  le sens de circulation, les obstacles, les voies de transport public, les stops et les directions associées et plus….  

En Russie, une telle success story n'étonne pas, puisque les scientifiques n'ont eu de cesse d'entretenir une tradition d'excellence, de Spoutnik au dernier prix Nobel de Physique en 2003. Ainsi, aux programmeurs des toutes jeunes Silicon Valley indiennes et chinoises, Bangalore et Zhongguan Cun, Novossibirsk oppose des générations de chercheurs. Le passage à l'économie de marché a certes réduit de moitié les rangs mais les jeunes sociétés qui sont nées de cette épreuve n'en sont aujourd'hui que plus efficaces.

Une "Silicon Taïga" ?

Le succès d'un écosystème de start-up serait-il lié à sa délocalisation en région, loin des grandes métropoles ? Fred Therman, le fondateur de la Silicon Valley de Californie déclarait : "Lorsque l'alternative de créer une communauté de haute technologie dans la vallée de Santa Clara nous a effleuré l'esprit, il y avait peu de choses ici et le reste du monde nous semblait bien immense. Maintenant le reste du monde est ici". Comme la Tech russe, la French Tech essaime aussi en régions. Si la France devait imaginer une Silicon Valley hors de la région parisienne, où serait-elle ?

 

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