Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Alcatel-Lucent : début de polémique sur le montant des indemnités de départ de Michel Combes

Le Journal du Dimanche a révélé que le PDG d'Alcatel-Lucent, qui doit prendre ce mardi la présidence de SFR-Numericable, devrait toucher au cours des trois prochaines années l'équivalent de 13,7 millions d'euros. Un montant qui fait réagir les syndicats. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a de son côté appelé "solennellement" le président du Medef, Pierre Gattaz, à "condamner publiquement" les rémunérations consenties au dirigeant.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Alcatel-Lucent : début de polémique sur le montant des indemnités de départ de Michel Combes
Alcatel-Lucent : début de polémique sur le montant des indemnités de départ de Michel Combes © Pascal Guittet

Présenté comme l'artisan du redressement d'Alcatel-Lucent et de sa fusion avec le finlandais Nokia, Michel Combes quitte Alcatel-Lucent sur une fausse note. D'après le Journal du Dimanche, le dirigeant de l'équipementier télécoms, qui doit prendre ce mardi 1er septembre la présidence de Numericable-SFR et la direction des opérations d'Altice au niveau mondial, devrait toucher un total de 13,7 millions d'euros au cours des trois prochaines années.

 

Dans le détail et toujours d'après le JDD, il devrait percevoir sur trois ans 4,5 millions d’euros de clause de non-concurrence, un million d’euros de stock-options. Il bénéficiera aussi de 8,2 millions d’euros d’actions qu’il pourra vendre entre 2016 et 2018. L’hebdomadaire ajoute que les règles instituées à l’origine par Alcatel ne l’autorisaient pas à les toucher mais qu’elles ont été modifiées cet été afin de permettre le versement de telles primes.

 

Appel à une condamnation par le Medef

 

Cette annonce a fait réagir les syndicats d'Alcatel-Lucent mais également plusieurs dirigeants socialistes. Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a notamment dénoncé le comportement "scandaleux" de Michel Combes. Il a lancé un appel au Medef, l'appelant à condamner cette attitude. "Je lance un appel à M. Gattaz. Je voudrais que le Medef prenne position publiquement et dise ce qu'il pense. Parce qu'on ne peut pas demander à l'Etat d'un côté, aux Français de l'autre, de faire des efforts, et ne rien dire quand on est confronté à de telles attitudes inadmissibles dans une France qui souffre", a déclaré le député de Paris sur BFM TV.

 

"Il faut avoir le sens de la mesure", a de son côté commenté le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, en marge de l’université d’été du Parti socialiste à La Rochelle. "Il est nécessaire de récompenser ceux qui s’engagent et ceux qui, en partie, font bouger les choses, mais ça ne peut pas se faire sans limites, sans principes."

 

Pas une "prime de départ", selon Alcatel-Lucent

 

Dans un communiqué, une porte-parole d'Alcatel-Lucent a contesté les éléments mis en avant par le JDD. Elle indique en particulier que Michel Combes ne reçoit aucune prime liée à son départ. "Comme directeur général d’Alcatel-Lucent, il bénéficie des dispositifs de rémunérations telles que votées par l’assemblée des actionnaires et décidées par le conseil d’administration et n’a pas de conditions de rémunération de long terme, liées aux performances, différentes de celles des autres collaborateurs du groupe". "Tout montant publié relève d’hypothèses non réalisées et non vérifiables sur le cours des actions attribuées d’ici 2018", a ajouté la porte-parole.

 

Le PDG par intérim d’Alcatel, Philippe Camus, a quand à lui estimé à l'antenne d'Europe 1 que ces rémunérations étaient appropriées au regard du travail accompli par Michel Combes à la tête de l'équipementier télécoms. "Ce ne sont pas du tout des primes de départ, c'est tout simplement l'application à Michel Combes des modalités de rémunération de la performance", a justifié Philippe Camus.

 

"En réalité, c'est l'Etat et les organismes de Sécurité sociale qui vont en récupérer l'essentiel, puisqu'environ les 2/3 vont être consacrés à des prélèvements obligatoires sans compter les prélèvements qui seront payés directement par la société", a poursuivi le dirigeant. Sur les 13,7 millions d'euros évoqués, "ce sera une somme beaucoup plus réduite qu'il finira par percevoir au bout des trois ans", a-t-il ajouté. 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media